Arts, théâtre, spectacles et musique pour célébrer la Fête nationale en Arabie saoudite

La célébration de la 92e Fête nationale de l'Arabie saoudite intervient à un moment capital de l'histoire de la nation en raison de son remarquable parcours de transformation et de développement. (Photo fournie).
La célébration de la 92e Fête nationale de l'Arabie saoudite intervient à un moment capital de l'histoire de la nation en raison de son remarquable parcours de transformation et de développement. (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Arts, théâtre, spectacles et musique pour célébrer la Fête nationale en Arabie saoudite

  • Tenue traditionnelle encouragée pour les spectacles de musique et de folklore
  • Des chanteurs populaires locaux et arabes se produisent en direct

RIYAD: La célébration de la 92e Fête nationale de l'Arabie saoudite intervient à un moment capital de l'histoire de la nation en raison de son remarquable parcours de transformation et de développement.

Les citoyens et les résidents fêtent cette journée tout au long de la semaine, avec des événements rendant hommage au patrimoine, à l'art et à la culture du Royaume.

 

Riyad

Riyad célèbre la Fête nationale saoudienne avec toute une série d'événements et d'activités, notamment de la musique, du théâtre et un spectacle spécialement conçu par le Cirque du Soleil.

riyad
Vue nocturne de la capitale nationale, Riyad. (SPA).

En préparation, les principales routes de la capitale ont été parées de centaines de drapeaux nationaux verts.

Le ciel s'illuminera de feux d'artifice devant la Plaza Al-Thaghr le 23 septembre à partir de 21h.

L'Armée de l'air royale saoudienne présente un spectacle aérien avec des jets et des avions civils, qui peut être observé depuis le parc Um Ajlan les 22 et 23 septembre de 16h00 à 17h30.

La Garde royale défilera au Front de Riyad au son de l'Hymne national joué par une fanfare militaire, avant un cortège de voitures de collection, le 23 septembre de 21h à 22h.

L'entrée est gratuite pour le feu d'artifice, le spectacle aérien et le défilé de la Garde royale.

hawk
Les Hawks saoudiens répètent pour les célébrations de la 92e fête nationale saoudienne à Riyad. (SPA).

En outre, Jump Saudi organise une compétition de saut d'obstacles de deux jours. Les billets coûtent 57,50 riyals saoudiens (SAR) (1 SAR = 0,27 euro) et peuvent être obtenus en ligne sur Riyadh Platinum ou sur Enjoy Saudi via le site Web de la General Entertainment Authority. L'événement a lieu les 22 et 23 septembre de 16h à 1h du matin.

Cette année, le Cirque national présente un spectacle du Cirque du Soleil, conçu pour l'occasion, intitulé «The Wealth of a Nation», au théâtre Princess Nourah bint Abdulrahman University, du 21 au 24 septembre de 20h à minuit.

Les musiciens arabes Ahlam et Abady al-Johar se produiront le 23 septembre sur la scène Abo Baker Salim de 21h à minuit.

Le ministère de l'Intérieur organise ses propres festivités sous le slogan «La fierté de la nation» au Riyadh Front du 21 au 24 septembre. L'événement prévoit également un orchestre en direct et 12 pavillons interactifs.

cirque
Cette année, le cirque national présente un spectacle du Cirque du Soleil spécialement conçu pour l'occasion. (Photo fournie).

Un festival se tient au Grassy Park du quartier diplomatique du 21 au 24 septembre. Il propose des spectacles sur le patrimoine, des expositions d'artisanat, une fontaine musicale, des jeux d'action pour les enfants et des stands pour se restaurer.

L'auditorium du cinéma AMC-2 a présenté un spectacle de comédie de 90 minutes en direct le 22 septembre de 20 h à 21h30, avec trois artistes internationaux et un artiste saoudien.

Djeddah

La General Entertainment Authority a organisé plusieurs événements pour les citoyens et les résidents de Djeddah à l'occasion de la 92e Fête nationale du pays, notamment des feux d'artifice, des spectacles militaires aériens et maritimes, des concerts de musique et des festivals interactifs.

Le littoral de la ville sera illuminé par un gigantesque feu d'artifice de sept minutes le 23 septembre sur le parking du Jeddah Season, qui devrait être visible de n'importe quel endroit de la ville. Ce spectacle sera l’un des 17 autres spectacles semblables présentés dans le pays.

Pendant trois jours, du 18 au 20 septembre, les habitants de Djeddah ont pu assister à un spectacle aérien près de l'hôtel Hilton, sur la corniche, dès 16h30.

Les résidents de Djeddah pourront également assister à un défilé militaire à 17h le jour de la Fête nationale, organisé par le ministère de l'Intérieur sur la Jeddah Art Promenade. Des feux d'artifice illumineront le lieu à partir de 21h les 22, 23 et 24 septembre.

De plus, la Jeddah Art Promenade présente un spectacle sons et lumières le 23 septembre. Il y aura également un spectacle de folklore saoudien de 18h à minuit les 22, 23 et 24 septembre. Par ailleurs, des événements et des activités «Layali Watan» seront organisés au cours de la même période.

La Jeddah Art Promenade sera ornée d’un mur de mosaïque avec diverses pièces d'art les 22, 23 et 24 septembre, mettant en valeur l'histoire du Royaume.

La Promenade aura également un coin Fête nationale, avec un kiosque de photographie et un spectacle exclusif pour les enfants.

Le lieu accueillera plusieurs concerts de musique, avec Saud Sanan le 23 septembre, la chanteuse Dukhuon le même jour, et Ahmed Ashour le 24.

La chanteuse égyptienne Angham et son compatriote Ahmed Saad se produiront au Benchmark Theatre sur King's Road à 21h30 le 24 septembre. Selon le site Internet de la billetterie, tous les billets VVIP ont été vendus.

Des festivals sont également organisés de 17h à minuit au Prince Majed Park de la ville, du 21 au 24.

Province de l'Est

La province de l'Est propose une série d'événements divertissants pour tous les âges afin de célébrer la 92e Fête nationale du Royaume, notamment des spectacles vivants, des feux d'artifice et des shows maritimes et aériens.

Un florilège de festivités dont des danses folkloriques et des spectacles de fontaines musicales se déroulent au parc du Roi Abdullah à Dammam sur quatre jours du 21 au 24 septembre de 17h à minuit.

Des artistes déambuleront dans le parc, vêtus de tenues traditionnelles. Plusieurs jeux d'action et des cadeaux sont prévus pour les familles. L'événement est gratuit et ouvert aux enfants de tout âge.

Les familles sont encouragées à arborer des tenues traditionnelles pour les événements organisés tout au long de la semaine.

Dammam accueillera le spectacle annuel de feux d'artifice qui sera visible depuis la corniche le 23 septembre à partir de 21 h. L'entrée est gratuite et ouverte à tous.

Dix-huit villes du Royaume présenteront des feux d'artifice en même temps que Dammam, notamment Riyad, Djeddah, Abha, Tabuk et Al-Ahsa.

La ville voisine d'Alkhobar accueillera également un spectacle maritime dirigé par les Forces navales royales, le 23 septembre de 16h30 à 17h30 sur la corniche.

Après le show maritime, le front de mer de la corniche accueillera un spectacle aérien les 25 et 26 septembre de 16h à 17h30.

En outre, le King Abdullah Cultural Center de Jubail organise des concerts en direct avec certains des artistes régionaux les plus populaires, notamment Moudi Alshamrani, Sultan Khalifa, Shamma Hamdan et Khadijah Moath, du 21 au 24 septembre.

Les enfants ne sont pas autorisés à assister aux concerts. Les billets sont disponibles sur le site Web d'Enjoy Saudi.

Régions du sud et du nord

Les régions du sud et du nord du Royaume se préparent à célébrer la 92e Fête nationale le 23 septembre avec divers spectacles et concerts, dont A Homeland Salute par l'Armée de l'air royale saoudienne.

Le 23 septembre à partir de 21h, un gigantesque feu d'artifice de cinq minutes sera organisé dans plusieurs villes.

À Jouf, au nord du Royaume, les habitants de Sakaka pourront se rassembler au centre culturel King Abdullah pour assister au spectacle.

Dans la région des frontières du Nord, les spectateurs d'Arar pourront le voir au Water Tower Park de la ville.

Dans le sud-ouest, il pourra être vu dans le quartier d'Al-Nahdah à Najran, et à Abha dans l'Asir, ils au parc Sama Abha.

Les activités comprennent des spectacles aériens et maritimes.

L'Armée de l'air royale saoudienne se produira pendant dix jours avec des avions de chasse Typhoon, F-15, Tornado et F-15C dans 14 villes. Le spectacle est intitulé «A Homeland Salute», pour célébrer ses réalisations.

À Abha, le spectacle aérien se tient au parc de l'aéroport d'Abha les 22 et 23 septembre à 17h30.

Divers festivals avec des danses folkloriques, des jeux et de l'artisanat sont organisés dans plusieurs parcs publics du 21 au 24 septembre de 17h à minuit.

Les habitants du nord pourront célébrer la journée au parc Al-Nakheel à Sakaka, et dans le district d'Al-Refa à Arar.

Ceux qui commémorent la journée dans le sud trouveront leur bonheur au parc Sama Abha à Abha, et au parc Aba Al-Rashash à Najran.

Des artistes importants se produisent à cette occasion. À Abha, un concert de Mohammed Abdo, dirigé par le maestro Walid Fayed, aura lieu au théâtre Talal Maddah le 24 septembre.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

Short Url
  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

--
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.


«American Doctor», ou la brutalité de la guerre à Gaza vue par des médecins

Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer. (AFP)
Short Url
  • Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza
  • Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes.

PARK CITY: Aux premières images d'"American Doctor", documentaire sur des médecins américains dans des hôpitaux de Gaza, en pleine guerre entre Israël et le Hamas, la réalisatrice Poh Si Teng refuse de filmer des enfants palestiniens morts qu'un praticien veut lui montrer.

Teng craint de devoir flouter la scène pour protéger la dignité des enfants. Mais sa décision fait débat.

"On ne leur rend pas justice à moins de laisser leur mémoire, leurs corps, raconter l'histoire de ce traumatisme, de ce génocide. On ne leur rend pas service en ne les montrant pas ", estime le médecin juif américain Mark Perlmutter au Festival du film de Sundance, où le film a été présenté en avant-première vendredi.

"Voilà ce que mes impôts ont fait. Voilà ce que vos impôts ont fait. Voilà ce que les impôts de mon voisin ont fait. Les gens ont le droit de connaître la vérité", souligne-t-il.

"Vous avez la responsabilité, comme moi, de dire la vérité. Si vous floutez cela, c'est une faute professionnelle journalistique".

Malgré un cessez-le-feu fragile, les violences se poursuivent entre les forces israéliennes et le Hamas, faisant des victimes parmi les non combattants dont des dizaines d'enfants, selon l'Unicef.

Des enquêteurs de l'ONU ont accusé Israël de commettre un génocide à Gaza, accusation qu'Israël a qualifiée de "déformée et fausse", tout en taxant ses auteurs d'antisémitisme.

Contrebande d'antibiotiques 

Le film de Teng suit Mark Perlmutter et deux autres médecins américains, l'un américano-palestinien et l'autre zoroastrien non pratiquant, face à l'indicible brutalité infligée à une population majoritairement civile à Gaza depuis qu'Israël a répondu à l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Le film montre les médecins travaillant avec leurs collègues palestiniens, portant secours à des blessés aux membres sectionnés et souffrant de plaies ouvertes. On les voit également en d'autres occasions dans les couloirs du pouvoir à Washington et dans les médias israéliens et américains.

Le documentaire montre aussi les difficultés pratiques auxquelles ils sont confrontés, les blouses chirurgicales et les antibiotiques qu'ils doivent faire passer en contrebande à travers la frontière pour contourner le blocus israélien. Et les refus de dernière minute des autorités israéliennes de les laisser entrer.

Le film décrit le courage d'hommes qui vont volontairement travailler dans des hôpitaux frappés à plusieurs reprises par l'armée israélienne. Comme l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, cible d'une double frappe en août 2025.

Israël affirme viser des "terroristes" dans ces établissements et soutient que des combattants du Hamas sont retranchés dans des tunnels sous les hôpitaux.

"Complices du meurtre d'enfants" 

Feroze Sidwha, peut-être le plus loquace des trois médecins, répète n'avoir jamais vu de tunnels. Et de toute façon, insiste-t-il, même la présence de combattants blessés dans un hôpital n'en fait pas une cible légitime.

"Les Américains méritent de savoir ce qui se passe, à quoi sert leur argent, et tout simplement de pouvoir décider", dit-il. "Voulez-vous vraiment qu'on fasse cela?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je suis à peu près sûr que la réponse est +non+. Je veux juste continuer à m'exprimer et à faire savoir aux gens qu'ils n'ont pas à être complices du meurtre d'enfants. Nous le sommes tous, à l'heure actuelle".

Le film est dédié aux quelque 1.700 soignants tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Selon Reporters sans frontières (RSF), près de 220 journalistes ont également été tués, faisant d'Israël le plus grand tueur de journalistes dans le monde pour la troisième année consécutive.

Le Festival de Sundance se tient jusqu'au 1er février.