«Seuls les Libanais peuvent résoudre leurs blocages politiques», affirme Rima Abdul-Malak

La ministre française de la Culture, Rima Abdul-Malak, visite le chantier de restauration des peintures de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en périphérie de Paris, le 6 septembre 2022. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
La ministre française de la Culture, Rima Abdul-Malak, visite le chantier de restauration des peintures de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en périphérie de Paris, le 6 septembre 2022. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

«Seuls les Libanais peuvent résoudre leurs blocages politiques», affirme Rima Abdul-Malak

  • «Il y a des blocages politiques que seuls les Libanais peuvent un jour ou l'autre résoudre»
  • «Ce n'est pas la France qui peut arriver et, d'un coup de baguette magique, trouver des solutions à un système politique qui est d’une très grande complexité»

PARIS: La presse dit d’elle qu’elle murmure à l’oreille d’Emmanuel Macron. Arab News en français a pu demander à Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture depuis mai 2022, ce qu’il en était de l’engagement du président français envers le Liban, plus de deux ans après ses promesses fortes faites au peuple libanais deux jours seulement après l’explosion du port.
«Le président a toujours été particulièrement attentif à la situation du Liban», explique ce jeudi soir la ministre franco-libanaise qui a accompagné Emmanuel Macron lors de ses deux voyages à Beyrouth en août et septembre 2020, après l’explosion provoquée par le nitrate d’ammonium qui a ravagé des quartiers entiers de la capitale le 4 août 2020. «Je l'ai vu mobiliser toute la communauté internationale pour débloquer des aides pour le Liban.»
Celle qui était alors conseillère Culture auprès d’Emmanuel Macron explique également avoir travaillé avec Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture de l'époque, pour mettre en œuvre des dispositifs d'aide pour le cinéma, pour le patrimoine, pour la reconstruction des maisons endommagées et pour la restauration des œuvres du musée Sursock et du Musée national.
«On a fait énormément pour venir en aide aux Libanais, les aider à se reconstruire et se relever après cette explosion», estime-t-elle, avant de poursuivre, réaliste: «Il y a cependant des blocages politiques que seuls les Libanais peuvent un jour ou l'autre résoudre. Ce n'est pas la France qui peut arriver et, d'un coup de baguette magique, trouver des solutions à un système politique d’une très grande complexité.»
Le pays du Cèdre s’enfonce depuis la fin de l’année 2019 dans l’une des crises mondiales les plus graves, sur fond d’inaction délibérée. «La crise économique et financière que connaît le pays pourrait être classée parmi les dix, voire les trois crises mondiales les plus sévères depuis le milieu du XIXe siècle», estimait ainsi la Banque mondiale dans un communiqué de presse publié le 1er juin 2021.
Quarante-huit heures après l’explosion du port, qui avait, après la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19, fini de ravager le pays, le président français s’était rendu sur les lieux, promettant des réformes: «Je suis là pour vous aider en tant que peuple, pour proposer un nouveau pacte politique.»
Force est de constater que l’inertie des dirigeants politiques aura eu raison de la volonté d’Emmanuel Macron et il semble peu probable que l’élection présidentielle libanaise prévue à l’automne prochain y change quelque chose.


Le gouvernement veut accélérer sur le nucléaire, les ONG réclament le débat

La France, qui dépend du nucléaire pour un peu moins de 70% de son électricité, avait décidé en 2015 de diversifier ses sources en fermant progressivement 14 de ses 58 réacteurs (deux ont déjà fermé). (Photo, AFP)
La France, qui dépend du nucléaire pour un peu moins de 70% de son électricité, avait décidé en 2015 de diversifier ses sources en fermant progressivement 14 de ses 58 réacteurs (deux ont déjà fermé). (Photo, AFP)
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  • Alors que les besoins en électricité vont exploser pour que la France puisse se passer d'énergies fossiles, le président veut construire six réacteurs de nouvelle génération, avec une option pour huit autres
  • Le gouvernement souhaite présenter le texte en Conseil des ministres «dans le milieu du mois d'octobre»

PARIS: Le gouvernement "accélère", au grand dam des partisans de la concertation: le projet de loi visant à lancer au plus vite de nouveaux réacteurs nucléaires a été dévoilé, avec la volonté de poser une première pierre avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. 

Alors que les besoins en électricité vont exploser pour que la France puisse se passer d'énergies fossiles, le président veut construire six réacteurs de nouvelle génération, avec une option pour huit autres, tout en accélérant le déploiement des énergies renouvelables avec priorité au solaire et aux éoliennes en mer. 

Le Conseil national de la transition écologique(CNTE), qui regroupe syndicats, patronat, ONG... a reçu le texte lundi soir, avec une semaine pour voter. Les associations environnementales ont exprimé leur colère. 

"Le passage en force sous de faux prétextes d’urgence à court terme n’est pas acceptable", a dit Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui déplore "une parodie de consultation" et l'absence d'étude d'impact du nucléaire. 

"Les mortalités massives d’oiseaux dues aux tours de refroidissement, l’aspiration de la faune aquatique par les systèmes de refroidissement ainsi que les incidences des rejets thermiques sur les écosystèmes ne sont presque jamais documentés en France", souligne la LPO. 

Pour le Réseau Action Climat (RAC), Anne Bringault a dénoncé "un dialogue environnemental complètement court-circuité sur ce sujet du nucléaire". 

"Le gouvernement propose de lancer d’abord la construction de réacteurs et de s'interroger ensuite sur la stratégie qui doit nous mener à la neutralité carbone en 2050. Le monde à l’envers", s'emporte France Nature Environnement, qui rappelle que plusieurs scénarios sur les grands choix énergétiques possibles pour la France ont été dressés, par Rte et l'Ademe notamment. 

"Collectivement, étudions les différents scénarios possibles. Collectivement, décidons de notre avenir énergétique. Et ensuite, accélérons sa mise en œuvre", souligne le président de FNE, Arnaud Schwartz. 

Concertation début octobre 

Le ministère de la Transition énergétique s'est défendu de toute "parodie de consultation". 

"On souhaite une vraie consultation, on ne souhaite pas ne faire qu'entendre les parties prenantes, mais les écouter", a-t-on assuré, ajoutant qu'il y aurait "plusieurs semaines de débat avec les associations". 

Le gouvernement souhaite présenter le texte en Conseil des ministres "dans le milieu du mois d'octobre". En parallèle il s'engage à lancer, "début octobre", une concertation nationale sur le futur bouquet énergétique de la France. 

D'ores et déjà, un débat public aura lieu du 27 octobre au 27 février sur la construction des six futurs réacteurs. 

Pour la ministre Agnès Pannier-Runacher, le nouveau projet de loi sur le nucléaire "permettra d'accélérer l'installation de nouveaux réacteurs, dans des sites déjà existants, accueillant déjà des réacteurs". 

"C'est une mesure de bon sens pour gagner du temps", a-t-elle dit sur Europe 1, confirmant une information du Figaro selon laquelle l'objectif est de déposer la première pierre du futur EPR2 avant la fin du quinquennat en 2027, même si la mise en service ne pourra se faire avant 2035 voire 2037. 

Dans l'exposé des motifs du texte, le gouvernement invoque la nécessité de produire 60% d'électricité en plus en 2050 par rapport à aujourd'hui. 

La loi simplifierait les procédures administratives, en dispensant par exemple les projets d’autorisation d’urbanisme car le contrôle de conformité serait assuré par les services de l’Etat. 

Les projets répondront à "une raison impérative d’intérêt public majeur, leur permettant de bénéficier d’une des conditions d’octroi des dérogations relatives aux espèces protégées", stipule aussi le texte. 

Et les travaux sur les bâtiments non destinés à recevoir des substances radioactives, mais aussi les fondations, pourront être réalisés avant clôture de l’enquête publique. 

Les sites visés concerneraient d'abord Penly (Seine-Maritime) puis Gravelines (Nord). La troisième paire de réacteurs n'est pas tranchée, mais "la logique, en termes d'équilibre du réseau, serait qu'elle soit dans la vallée du Rhône", a indiqué le ministère. 

La France, qui dépend du nucléaire pour un peu moins de 70% de son électricité, avait décidé en 2015 de diversifier ses sources en fermant progressivement 14 de ses 58 réacteurs (deux ont déjà fermé). 

Après le changement de politique annoncé par Emmanuel Macron, un débat doit avoir lieu au Parlement pour définir l'an prochain le destin énergétique du pays à horizon 2033. 


Campagne présidentielle de Valérie Pécresse: enquête ouverte après un signalement de Bayou

Sur cette photo d'archive prise le 19 septembre 2021, le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, sourit lors de la présentation des résultats du premier tour de l'élection primaire des Verts pour l'élection présidentielle française de 2022 à Paris (Photo, AFP).
Sur cette photo d'archive prise le 19 septembre 2021, le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, sourit lors de la présentation des résultats du premier tour de l'élection primaire des Verts pour l'élection présidentielle française de 2022 à Paris (Photo, AFP).
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  • La candidate LR Valérie Pécresse a consacré 14,3 millions d'euros pour un seul tour de scrutin
  • Après sa défaite, elle avait d'ailleurs lancé un appel aux dons pour combler un trou de cinq millions d'euros

PARIS: Une enquête préliminaire a été ouverte lundi pour détournement de fonds publics dans le cadre de la campagne présidentielle de la candidate LR Valérie Pécresse après un signalement de Julien Bayou (EELV), a indiqué mardi le parquet de Paris, confirmant une information de BFMTV.

Le signalement du secrétaire national démissionnaire d'EELV, adressé le 19 avril au parquet et dont l'AFP a eu connaissance, visait également les infractions de financement illégal de campagne électorale, financement illégal de parti politique, abus de biens sociaux et/ou prises illégales d'intérêts.

Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a précisé le parquet.

"Nous ne sommes pas au courant de cette procédure", a déclaré à l'AFP l'entourage de Valérie Pécresse, qui a assuré que "toutes les règles (avaient) été scrupuleusement respectées".

"Les Verts utilisent toujours la même méthode de dénonciation calomnieuse", a-t-on ajouté de même source. "Nous sommes sereins et faisons confiance à la justice".

Dans ce signalement, Julien Bayou s'appuie notamment sur la démission de la conseillère régionale Babette de Rozières de l'équipe de campagne et de toutes les commissions en raison de "désaccords qu'elle a manifestés à l'égard de la campagne présidentielle de Valérie Pécresse, par ailleurs présidente de la région Ile-de-France".

Dans cette lettre de démission datée du 8 mars, Mme de Rozières "explique agir dans l'intérêt de Valérie Pécresse, mais le mélange des genres entre la présidente de Région et la candidate à la présidentielle semble complet". Elle avance également "le manque d'intérêt allégué de la candidate pour l'Outre-Mer ainsi que le niveau de la campagne", selon ce signalement.

Julien Bayou mentionne également une interview de Mme de Rozières accordée à Outre-Mer news dans laquelle elle dénonce "des arrangements à la région Ile-de-France" avec l'élu régional Patrick Karam accusé de "pratiques clientélistes", des accusations qui mériteraient, selon lui, "d'être précisées ou infirmées".

Il est également question dans ce signalement de "la contribution sur son temps de travail d'une agente, la directrice de cabinet de la présidente de Région, à l'élaboration du programme de la campagne présidentielle de la droite".

Relevant des "règlements de compte (qui) sont à analyser sur fond de campagne présidentielle et de désignation aux législatives", M. Bayou, ancien secrétaire national d'EELV, qui a démissionné de son poste lundi en raison d'accusations de harcèlement moral sur une ancienne compagne, estime néanmoins que les "accusations sont extrêmement graves".

La candidate LR Valérie Pécresse a consacré 14,3 millions d'euros pour un seul tour de scrutin, mais sans atteindre la barre des 5% de voix qui lui aurait permis d'obtenir le remboursement de ses frais de campagne.

Après sa défaite, elle avait d'ailleurs lancé un appel aux dons pour combler un trou de cinq millions d'euros.


Elections en Italie: Le Maire «pas inquiet» pour la zone euro

Le ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, à l'Elysée à Paris, le 26 septembre 2022. (Photo, AFP)
Le ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, à l'Elysée à Paris, le 26 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «Ne faisons pas de procès d’intention avant que les décisions aient été prises», a déclaré le numéro deux du gouvernement français
  • Depuis dimanche soir, l'arrivée au pouvoir en Italie de l'extrême droite nationaliste, eurosceptique et souverainiste, fait craindre aux investisseurs une nouvelle ère d'instabilité

PARIS: Deux jours après la victoire électorale de la dirigeante post-fasciste Giorgia Meloni en Italie, le ministre français de l'économie Bruno Le Maire s'est montré mardi confiant sur la stabilité de la zone euro. 

"Ne faisons pas de procès d’intention avant que les décisions aient été prises", a déclaré le numéro deux du gouvernement français sur France Inter, alors que l'écart entre les taux d'intérêt allemand et italien a atteint mardi son plus haut niveau depuis le printemps 2020. 

"Nous jugerons aux actes (...), notamment dans le domaine économique où je souhaite que la réforme en profondeur de l’économie italienne soit poursuivie. J'espère que Giorgia Meloni aura à cœur de poursuivre cette transformation économique indispensable pour l'Europe, la zone euro et l'Italie", a poursuivi Bruno Le Maire. 

En tout état de cause, "je n'ai pas d'inquiétude pour la zone euro. Nous avons des dispositifs de protection très solides, nous avons mis en place un nouveau mécanisme européen de stabilité doté de plusieurs dizaines de milliards d’euros", a souligné le ministre. 

Sur le plan politique, la victoire de Giorgia Meloni "est la décision souveraine du peuple italien", a-t-il estimé. "Je pense que le peuple italien apprécierait assez peu qu’un ministre du gouvernement français aille faire des commentaires sur leurs choix souverains." 

Lundi, la présidence française avait indiqué respecter le "choix démocratique" des Italiens après la victoire de la coalition emmenée par Mme Meloni, appelant le futur exécutif à "continuer à oeuvrer ensemble", en "Européens". 

L'Allemagne avait de son côté dit attendre de l'Italie qu'elle reste "très favorable à l'Europe". 

Depuis dimanche soir, l'arrivée au pouvoir en Italie de l'extrême droite nationaliste, eurosceptique et souverainiste, fait craindre aux investisseurs une nouvelle ère d'instabilité. 

Signe de cette nervosité, l'écart entre le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne, pays européen jugé le plus sûr par les investisseurs, et celui de l'Italie a grimpé jusqu'à 255 points de base mardi matin. 

En début d'après-midi, il naviguait toutefois en dessous de la barre symbolique des 250 points, qu'il n'avait pas dépassée depuis le printemps 2020. 

Le taux d'emprunt à dix ans de la France a quant à lui retrouvé lundi des niveaux inédits depuis plus de dix ans, dans un contexte où le durcissement de la politique monétaire des banques centrales pour lutter contre l'inflation alimente aussi la remontée des taux d'intérêt de manière globale.