La coalition de la gauche française menacée de déconstruction

En faisant élire près de 150 députés sous les couleurs d'une Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) dominée par son parti, la France insoumise (LFI, gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon a privé de majorité absolue le camp du président centriste libéral Emmanuel Macron. (Photo, AFP)
En faisant élire près de 150 députés sous les couleurs d'une Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) dominée par son parti, la France insoumise (LFI, gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon a privé de majorité absolue le camp du président centriste libéral Emmanuel Macron. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

La coalition de la gauche française menacée de déconstruction

  • Selon un récent sondage, 63 % des sympathisants de gauche considèrent la Nupes comme « une coalition électorale amenée dans le futur à se désunir et même à disparaître»
  • Et à deux semaines de la rentrée parlementaire, un des dauphins de M. Mélenchon est emporté par une affaire de violences conjugales et son mentor accusé de ne pas être à la hauteur

PARIS : Trois mois après sa percée surprise aux élections législatives en France, la gauche emmenée par son tribun Jean-Luc Mélenchon n'en finit plus de se déchirer, y compris désormais sur la question des violences envers les femmes.

En faisant élire près de 150 députés sous les couleurs d'une Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) dominée par son parti, la France insoumise (LFI, gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon a privé de majorité absolue le camp du président centriste libéral Emmanuel Macron.

Il a promis une guérilla parlementaire et de mobiliser sur le front social à la rentrée, mais l'attelage de la Nupes, qui va des communistes aux socialistes en passant par les écologistes, patine.

Cet été, le dirigeant des communistes Fabien Roussel et la députée écologiste Sandrine Rousseau ont croisé publiquement le fer sur des questions aussi variées que la consommation de viande ou la valeur émancipatrice du travail.

Selon un récent sondage, 63 % des sympathisants de gauche considèrent la Nupes comme "une coalition électorale amenée dans le futur à se désunir et même à disparaître".

Et à deux semaines de la rentrée parlementaire, un des dauphins de M. Mélenchon est emporté par une affaire de violences conjugales et son mentor accusé de ne pas être à la hauteur.

Lors du retrait du député Adrien Quatennens, 32 ans, de la direction de LFI, après son aveu de violences conjugales, suivi de l'ouverture d'une enquête judiciaire, Jean-Luc Mélenchon a d'abord dénoncé sur Twitter la semaine dernière "la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux".

Il a ensuite reformulé son soutien dans un deuxième tweet: "Une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l'assume. C'est bien".

Mais le ton de ce premier message, sans égard pour la victime présumée, a provoqué le trouble à gauche et au-delà.

"C'est un grand malaise, mais c'est surtout la gestion de cette crise qui pose problème", affirme à l'AFP Virginie Martin, politologue et enseignante à la Kedge business school. "Si Jean-Luc Mélenchon avait bien géré, tout aurait découlé de lui...".

"Je pense qu'il a intégré Meetoo en théorie mais pas tellement en pratique", ajoute-t-elle, soulignant la différence de sensibilité sur ces questions entre la génération de M. Mélenchon, 71 ans, et sa jeune garde.

«Capital politique dilapidé»

Dans une tribune publiée par le quotidien Libération, 550 militantes féministes, encartées pour certaines dans des partis de gauche, s'insurgent contre "un système de protection des agresseurs en politique" et appellent à "une relève féministe".

"Nous refusons de militer avec des hommes auteurs de violences, ou leurs amis complices", écrivent-elles, condamnant "avec la plus grande fermeté la réaction de Jean-Luc Mélenchon et de ses pairs".

"Normalement, après le buzz médiatique, on laisse passer quelques semaines, ça s'arrête, et les personnes sont réintégrées tranquillement et on n'en parle plus", indique Virginie Martin. "Cette fois-ci, avec cette +Relève féministe+ justement, c'est hors de question que ça se passe comme ça et je pense qu'elles ne lâcheront pas".

Par ricochet, l'affaire a atteint Julien Bayou, secrétaire national des écologistes, après que sa camarade de parti, Sandrine Rousseau, a rendu publiques des accusations de violences psychologiques portées par son ex-compagne.

Julien Bayou, 42 ans, a été à son tour "mis en retrait" de ses fonctions de coprésident du groupe à l'Assemblée.

"À la suite des controverses Rousseau/Roussel, après la parenthèse des législatives, où la Nupes a donné une image renouvelée de la gauche, là, on a l'impression que le récit, c'est le récit de la gauche divisée, la gauche inaudible", remarque Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l'Université de Lille (Nord) et à Sciences Po Lille.

Elles donnent le sentiment "que le capital un peu politique de la Nupes a été déjà dilapidé", poursuit Rémi Lefebvre, qui n'est "pas sûr pour autant que la Nupes va exploser en tant qu'alliance parce qu'il n'y a pas de plan B" pour les partis qui la composent.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.