Londres va remettre en place la détaxe de TVA pour les touristes

La mesure "donnera un coup de pouce aux grands magasins et créera des emplois dans les secteurs du commerce de détail et du tourisme", selon le "plan pour la croissance" dévoilé vendredi par le Chancelier de l'Echiquier britannique Kwasi Kwarteng (AFP)
La mesure "donnera un coup de pouce aux grands magasins et créera des emplois dans les secteurs du commerce de détail et du tourisme", selon le "plan pour la croissance" dévoilé vendredi par le Chancelier de l'Echiquier britannique Kwasi Kwarteng (AFP)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Londres va remettre en place la détaxe de TVA pour les touristes

  • Le nouveau programme sera destiné aux «visiteurs non britanniques en Grande-Bretagne» et il «leur permettra d'obtenir un remboursement de la TVA sur les marchandises achetées dans les rues commerçantes, les aéroports»
  • Le Royaume-Uni avait mis fin à ce système en quittant l'UE en janvier 2021

LONDRES: Le gouvernement britannique a annoncé jeudi son intention d'autoriser à nouveau les touristes à réaliser des achats hors TVA, une possibilité qui avait été supprimée avec le Brexit, pour doper le commerce.

La mesure "donnera un coup de pouce aux grands magasins et créera des emplois dans les secteurs du commerce de détail et du tourisme", selon le "plan pour la croissance" dévoilé vendredi par le Chancelier de l'Echiquier britannique Kwasi Kwarteng.

Le nouveau programme sera destiné aux "visiteurs non britanniques en Grande-Bretagne" et il "leur permettra d'obtenir un remboursement de la TVA sur les marchandises achetées dans les rues commerçantes, les aéroports" et autres points de sortie du pays, à condition qu'elles soient transportées hors du Royaume-Uni "dans leurs bagages personnels", a précisé le gouvernement vendredi.

Les personnes visitant l'Union européenne sans y résider sont autorisées à y effectuer des achats hors TVA, ou à se faire rembourser cette taxe, un système dont profitent notamment les grands magasins et les boutiques de luxe.

Le Royaume-Uni avait mis fin à ce système en quittant l'UE en janvier 2021, au grand dam des professionnels du tourisme et du commerce de détail.

Le gouvernement britannique a précisé vendredi lancer une consultation publique sur la façon de mettre en place ce dispositif, qu'il dit vouloir démarrer "aussitôt que possible".

Selon des documents publiés vendredi après la présentation budgétaire de M. Kwarteng au Parlement britannique, la mesure pourrait être mise en place en 2024, au prix d'une diminution des recettes de l’État de près d'1,3 milliard de livres pour la première année.

Les Chambres de commerce britanniques ont salué le retour de cette mesure, qu'elles réclamaient. "Le tourisme international est un élément vital pour l'économie britannique (...) notamment dans le secteur de l’hôtellerie", a réagi dans un communiqué leur directrice générale, Shevaun Havilland.

La détaxe de TVA "donnera un coup de pouce indispensable au commerce de détail, à l'hôtellerie et à d'autres secteurs qui dépendent de la fréquentation touristique pour soutenir leurs revenus", a abondé la City of London Corporation, qui représente le quartier des affaires de la capitale britannique.


Elon Musk et Twitter se renvoient la balle à trois semaines du procès

Le PDG de Tesla, Elon Musk (Photo, AP).
Le PDG de Tesla, Elon Musk (Photo, AP).
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  • Le procès doit s'ouvrir le 17 octobre dans un tribunal spécialisé de l'État du Delaware et durer cinq jours
  • Les avocats de Twitter ont nié mardi abuser du secret professionnel pour ne pas divulguer certains documents

SAN FRANCISCO: Les avocats de Twitter et d'Elon Musk ont débattu mardi des éléments à fournir par chacune des parties, à trois semaines d'un procès sans précédent sur le projet de rachat du réseau à 44 milliards de dollars.

"Passons la rhétorique et entrons dans le vif du sujet", s'est exclamée la juge américaine Kathaleen McCormick, après plus de trois heures d'argumentation lors de l'audience préliminaire organisée via Zoom.

Les avocats de l'homme le plus riche au monde ont de nouveau réclamé l'accès à plus de données sur les comptes inauthentiques ou automatisés, au cœur des arguments avancés par leur client pour renoncer à acquérir la plateforme.

Ils estiment en revanche que Twitter leur demande trop d'informations sur leurs échanges avec Peiter Zatko, ancien chef de la sécurité du réseau social devenu lanceur d'alerte, qui a accusé cet été son ancienne entreprise d'avoir dissimulé des vulnérabilités informatiques et menti sur sa lutte contre les faux comptes.

Début juillet, le groupe basé à San Francisco a lancé des poursuites contre Elon Musk, pour le forcer à honorer le contrat d'acquisition signé fin avril.

Selon le conseil d'administration, la proportion de spams sur la plateforme est un prétexte mis en avant par l'homme d'affaires, qui aurait changé d'avis en voyant la valeur des sociétés chuter en Bourse ces derniers mois.

Les avocats de Twitter ont nié mardi abuser du secret professionnel pour ne pas divulguer certains documents.

Ils doivent interroger Elon Musk lors d'une déposition à huis clos qui a été reportée aux 6 et 7 octobre, selon plusieurs articles de presse.

Le procès doit s'ouvrir le 17 octobre dans un tribunal spécialisé de l'État du Delaware (côte est des États-Unis), et durer cinq jours.

Le marché a longtemps donné l'avantage à Twitter, la loi du Delaware étant a priori favorable au respect des contrats. Et la présidente de la cour, Kathaleen McCormick, a accordé à l'entreprise un procès rapide, alors que le multimilliardaire voulait attendre l'année prochaine et demandait des quantités astronomiques de données.

Mais l'intervention surprise du lanceur d'alerte a ajouté une dimension à l'affaire, depuis que la juge a autorisé Elon Musk à inclure dans ses arguments les nouvelles accusations.

La bataille au tribunal pourrait déboucher sur "un accord, le paiement de frais pour rupture du contrat, l'obligation de racheter Twitter comme prévu et une myriade d'autres résultats", considère Dan Ives, de Wedbush Securities, dans une note mardi.

L'analyste continue aussi de croire "possible que les parties négocient en coulisse".


L'euro de nouveau proche de son plus bas depuis 20 ans face au dollar

Billets en dollars américains et en euros (Photo, AFP).
Billets en dollars américains et en euros (Photo, AFP).
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  • La monnaie unique cédait 0,13% face au «greenback», un des surnoms du dollar
  • «L'euro rencontre des difficultés supplémentaires avec cette situation sur le gaz naturel»

NEW YORK: L'euro reculait de nouveau mardi face au dollar, à un souffle de son record depuis 20 ans, déséquilibré par les inquiétudes liées au gazoduc Nord Stream, tandis que plusieurs autres devises atteignaient aussi des niveaux plus vus depuis des années face au billet vert.

La monnaie unique cédait 0,13% face au "greenback", un des surnoms du dollar, à 0,9596 dollar pour un euro, proche du plancher de 20 ans enregistré dans la nuit de dimanche à lundi, à 0,9554 dollar.

La devise commune à 19 pays européens n'aura profité que brièvement d'une timide tentative de rebond des marchés actions et obligataires, assez vite coupée dans son élan.

"L'euro rencontre des difficultés supplémentaires avec cette situation sur le gaz naturel", a expliqué Brad Bechtel, de Jefferies. "Personne ne sait ce qui se passe avec ces gazoducs."

Les deux gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, actuellement hors service, qui assurent l'essentiel des approvisionnements de l'Europe en gaz russe ont été victimes de trois fuites importantes, précédées d'explosions.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a affirmé mardi que ces incidents étaient liés à "des actes délibérés".

Ce dernier développement s'ajoute à la crise énergétique qui frappe déjà le continent et menace de freiner l'économie de la zone euro.

Face à cette situation, plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont annoncé ou préparent des mesures pour limiter les effets de la flambée des prix de l'énergie sur les consommateurs et les entreprises, moyennant l'alourdissement des dépenses publiques.

Pour Brad Bechtel, l'euro devrait "très probablement" poursuivre son repli face au dollar, et la zone euro risque "de tomber dans le même piège que le Royaume-Uni, à savoir faire des promesses budgétaires sans avoir les moyens de les financer".

Parmi les membres de la zone euro, l'Italie concentre les regards depuis le succès électoral, dimanche, de l'alliance formée autour de la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia, Girogia Meloni.

Cette dernière, pour peu qu'elle parvienne à former un gouvernement, entend renégocier le plan de soutien européen dont l'Italie a déjà reçu plusieurs tranches, mais qui prévoit encore une enveloppe de près de 200 milliards d'euros.

Mardi, le rendement des emprunts d'État italiens à 10 ans a poursuivi son escalade, à 4,77%, une première depuis neuf ans. L'écart entre ce taux et son équivalent pour l'Allemagne est au plus haut depuis près de deux mois.

Le tableau pourrait encore se noircir avec la publication, vendredi, de l'indice des prix en zone euro pour septembre, attendu proche de 10% sur un an, contre 9,1% en août.

L'euro n'est pas la seule devise en difficulté face au dollar. Si la livre est parvenue à rebondir après son record historique au plus bas de la nuit de dimanche à lundi, le zloty polonais et le forint hongrois sont descendus mardi à un niveau inédit face au dollar.


Maroc: la Banque centrale relève son taux directeur pour freiner l'inflation

Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
Un homme tient des billets de dirham marocain, le 23 janvier 2018 à Casablanca. (Photo, AFP)
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  • Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial
  • Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023

RABAT: La Banque centrale du Maroc (BAM) a relevé mardi son taux directeur de 50 points de base, à 2%, afin de juguler une "forte accélération de l’inflation", selon un communiqué de l'institution.

Cette hausse, attendue, a été décidée pour "assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix", précise le communiqué de la banque centrale publié à l'issue de la réunion trimestrielle de son conseil.

Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial.

Ainsi l'indice des prix à la consommation a progressé de 8% en août sur un an, "tiré essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants", selon la BAM.

"Aujourd'hui, les prix brûlent les caddies des consommateurs et leurs portefeuilles. L'inflation est cruelle pour les revenus modestes", a averti lundi le quotidien L'Economiste dans son éditorial, affirmant que "la sortie de crise sera difficile".

Sur l'ensemble de l'année 2022, l'institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023.

La croissance de l'activité économique accusera quant à elle un "net ralentissement" à 0,8% en 2022 (+7,9% en 2021), poussé par "un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et une décélération du rythme des activités non agricoles", ajoute la BAM qui prévoit une reprise de 3,6% en 2023 (à condition d'une bonne récolte céréalière).

Cette situation reste "marquée profondément par les séquelles de la pandémie (de Covid-19) et les implications de la guerre en Ukraine" mais également par "les répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère", souligne son communiqué.

L'économie du pays maghrébin reste largement tributaire du secteur agricole et de la pêche qui représentait encore près de 12% du PIB en 2020.