Mélenchon «accepte les critiques» sur l'affaire Quatennens

Jean-Luc Mélenchon (Photo, AFP).
Jean-Luc Mélenchon (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Mélenchon «accepte les critiques» sur l'affaire Quatennens

  • «La gifle était il y a un an, il n'y en a pas eu depuis un an, et on doit tenir compte du fait qu'il s'excuse»
  • «J’accepte votre jugement, j'accepte les critiques»

PARIS: "Tout le monde peut faire mieux, moi aussi": Jean-Luc Mélenchon a dit samedi sur France 2 "accepter les critiques" sur sa réaction décriée à l'affaire Quatennens, expliquant ne pas "avoir voulu se mêler" du divorce de ses amis.

Interrogé dans l'émission "Quelle époque!" sur son tweet du 18 septembre, qui a outré des féministes et contribué à mettre La France insoumise en difficulté, M. Mélenchon a répondu: "Tout le monde peut faire mieux, moi aussi".

Dans ce tweet, le chef insoumis dénonçait "la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux" et saluait la "dignité" et le "courage" d'Adrien Quatennens, qui venait d'avouer des violences conjugales et d'annoncer son retrait de la coordination de LFI.

"J'accepte votre jugement, j'accepte les critiques", a déclaré Jean-Luc Mélenchon samedi.

Mais il a justifié sa réaction: "Je m'interdis de commenter" le divorce d'amis et une main courante que l'épouse d'Adrien Quatennens souhaitait confidentielle.

Car "si j'avais dit un mot de trop, c'est elle qui aurait pu me dire De quoi tu te mêles?", a-t-il ajouté.

"Je comprends qu'on dise +Non, tu dois intervenir pour le montrer du doigt+, mais je pense que c'est une erreur: il n'y avait même pas d'enquête, elle dit +Je ne veux pas qu'on parle de moi+, tout le monde s'en fout de ce qu'elle dit, pas moi", a développé l'ancien candidat à la présidentielle (22% en avril).

"Tous ceux qui sont féministes - et je me compte dedans - on a le droit de ne pas être d'accord, je ne suis pas d'accord pour que les mains courantes passent dans le public", a déclaré Jean-Luc Mélenchon.

"La gifle était il y a un an, il n'y en a pas eu depuis un an, et on doit tenir compte du fait qu'il s'excuse", a-t-il défendu.

Adrien Quatennens doit-il démissionner de son mandat de député, après s'être retiré de la coordination de LFI? "Ma réponse est non: que ce divorce se termine, que le juge se prononce. Et je souhaite qu'il revienne dans le combat politique", a dit M. Mélenchon, louant un "jeune homme extraordinairement brillant" que "vous ne pouvez pas m'interdire d'aimer".


France: Face aux menaces de coupures, les ventes de groupes électrogènes explosent les compteurs

Un travailleur d'ERDF (Electricité réseau distribution France) connecte un groupe électrogène à Barfleur (Photo, AFP).
Un travailleur d'ERDF (Electricité réseau distribution France) connecte un groupe électrogène à Barfleur (Photo, AFP).
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  • Face à l'incertitude de l'approvisionnement électrique cet hiver en France de nombreux Français ont sauté le pas et investi dans un groupe électrogène
  • Même son de cloche du côté de l'enseigne Mr Bricolage. "En moins de trois mois, nous avons fait l'équivalent d'une année de vente"

PARIS: "C'est de la pure prudence": face à l'incertitude de l'approvisionnement électrique cet hiver en France, Aimé Hoeffler, 61 ans, a comme de nombreux Français sauté le pas et investi dans un groupe électrogène pour alimenter les équipements "indispensables".

Pour 2.000 euros, un générateur diesel neuf de 5.000 watts installé dans son garage peut tourner pendant une dizaine d'heures avec un plein, explique ce retraité qui vit à Rohrbach-lès-Bitche (est). "C'est de la pure prévision, de la pure prudence", reconnaît-il.

Face à la crise énergétique, provoquée par la guerre en Ukraine et aggravée par des problèmes de maintenance des réacteurs nucléaires en France, des coupures de courant programmées et ciblées pourraient survenir cet hiver en cas de surcharge du réseau électrique. Même si le gouvernement et les opérateurs essayent de rassurer la population, Aimé Hoeffler n'est pas seul à se préparer au pire.

"Depuis la fin de l'été", les ventes de groupes électrogènes ont largement augmenté chez Castorama, enseigne de bricolage, "avec en particulier une très forte progression depuis les deux dernières semaines", indique à l'AFP une porte-parole du groupe, qui a "commencé très tôt à s'organiser".

Par rapport à 2021, les quantités vendues ont été multipliées par 2,5 ces quatre derniers mois et par quatre ces deux dernières semaines, a détaillé l'entreprise.

Chez M. Hoeffler, le générateur ne pourra faire tourner que "l'indispensable": congélateur, électroménager et "si possible" la pompe à chaleur électrique pour le chauffage.

Un an de ventes en trois mois


Même son de cloche du côté de l'enseigne Mr Bricolage. "En moins de trois mois, nous avons fait l'équivalent d'une année de vente", a affirmé le directeur commercial Hervé Onfray, soulignant que la demande est "plus importante dans les zones rurales et les petites agglomérations", "moins" dans "les grands centres urbains".

Selon lui, les magasins de bricolage voient arriver trois clientèles types. D'abord, des  "foyers ruraux (...) qui ont un besoin de dépannage et vont acheter des groupes électrogènes peu puissants pour faire fonctionner quelques petits appareils électroménagers ou de l'éclairage".

Ensuite, des familles "qui ont peur de perdre leurs provisions alimentaires et veulent des appareils plus puissants, capables de faire fonctionner plusieurs appareils en même temps".

Enfin, "des petits commerçants inquiets pour la continuité de leur activité en cas de coupure, qui s'équipent en générateurs électriques puissants".

Leur produit phare ? Les groupes électrogènes milieu de gamme - entre 450 et 599 euros - qui permettent de "brancher des réfrigérateurs, des congélateurs ou des fours", qui s'arrachent comme des petits pains.

A tel point que "la demande est plus importante que l'offre, malgré notre anticipation", déplore M. Onfray. Voyant le vent tourner "dès juillet", Mr Bricolage avait approvisionné ses magasins "pour l'équivalent d'un an de ventes". Mais "nous rencontrons déjà des difficultés d'approvisionnement avec nos fournisseurs", confie M. Onfray.

Explosion des commandes


A Plérin (ouest), "c'est la folie". Chez le fabricant de groupes électrogènes industriels de haute capacité Gelec, "on a eu une explosion des commandes" dès fin août, avec une hausse de 80% sur un an, rapporte le directeur Eric Lemoine.

Le stock de quelque 400 machines, constitué dès fin 2021 pour pallier la hausse des prix, "fond" et "il ne nous en reste pratiquement plus" avant une nouvelle livraison ces prochains jours, détaille-t-il à l'AFP. Les délais d'attente s'allongent malgré le stock et la hausse de la production anticipée dès la fin de l'été.

La demande progresse notamment du côté des supermarchés, soucieux de préserver la chaine du froid, mais également du côté de "beaucoup de petites PME qui, pour deux heures (de coupure), sont obligées d'arrêter leur activité totale pendant presque une journée car les machines mettront beaucoup de temps à redémarrer", explique M. Lemoine.

Le calcul est parfois vite fait: il cite l'exemple de ce restaurateur, pour qui investir 20.000 euros dans un groupe électrogène équivaut au coût d'une journée d'activité amputée par une coupure de courant.

Face à la hausse de la demande, Gelec a embauché six nouveaux collaborateurs et va lancer des travaux pour agrandir son entrepôt de 500 m2.


Fonction publique: les élections s'achèvent, les résultats attendus la semaine prochaine

Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique scruteront aussi de près les résultats des élections, quatre ans après le dernier scrutin qui avait permis à la CFDT de devenir le premier syndicat français (secteurs public et privé confondus) devant la CGT. (Photo, AFP)
Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique scruteront aussi de près les résultats des élections, quatre ans après le dernier scrutin qui avait permis à la CFDT de devenir le premier syndicat français (secteurs public et privé confondus) devant la CGT. (Photo, AFP)
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  • Les fonctionnaires ont commencé à voter dès le 1er décembre par voie électronique, la dernière journée de scrutin étant consacrée jeudi au vote à l'urne
  • Le taux de participation à ces élections qui ont lieu tous les quatre ans est la grande inconnue du scrutin. En 2018, il était passé pour la première fois sous la barre des 50%

PARIS: Les 5,7 millions d'agents publics n'ont plus que quelques heures pour voter: les élections professionnelles se terminent jeudi mais l'essentiel des résultats du scrutin ne devraient pas être connus avant la semaine prochaine.

Les fonctionnaires ont commencé à voter dès le 1er décembre par voie électronique, la dernière journée de scrutin étant consacrée jeudi au vote à l'urne.

Le vote sera clôturé à 18h dans la plupart des administrations, indique le ministère de la Fonction publique, "avec quelques exceptions" comme au ministère de la Culture où il s'achèvera à 19h30.

Le taux de participation à ces élections qui ont lieu tous les quatre ans est la grande inconnue du scrutin. En 2018, il était passé pour la première fois sous la barre des 50%.

Mercredi soir, il atteignait 38,8% dans la fonction publique d'Etat (2,5 millions d'agents), selon le ministère de la Fonction publique.

Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique scruteront aussi de près les résultats des élections, quatre ans après le dernier scrutin qui avait permis à la CFDT de devenir le premier syndicat français (secteurs public et privé confondus) devant la CGT.

L'enjeu, pour la CGT: "progresser sur les trois versants (fonction publique d'Etat, hospitalière, territoriale, NDLR), avec un objectif un peu plus ambitieux sur le versant Etat puisqu'on n'est pas les premiers", a expliqué à l'AFP le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

La CFDT, 2e syndicat du secteur public, espère quant à elle "se rapprocher de la CGT" sur le secteur public, "et rester première" public et privé confondus, selon son secrétaire général Laurent Berger, qui ne voit a priori "pas beaucoup de risques" de se faire reprendre sa place de premier syndicat du pays.

Syndicalistes et fonctionnaires devront toutefois être patients: les premiers résultats provisoires pour l'ensemble de la fonction publique ne devraient être communiqués qu'en début de semaine prochaine, avant la proclamation des résultats définitifs le 16 décembre.

Trois syndicats (CGT, FSU, Solidaires) espéraient par ailleurs contraindre le gouvernement à repousser certains scrutins au ministère de l'Intérieur en raison d'erreurs dans les listes d'électeurs, et avaient saisi en ce sens le Conseil d'Etat. Mais la juridiction administrative, saisie en urgence, a rejeté leur requête mercredi soir et un vote à l'urne aura donc bien lieu jeudi dans les services concernés du ministère de l'Intérieur.


Attentat déjoué du Thalys: perpétuité confirmée pour Ayoub El Khazzani

Sur ce croquis de salle d'audience réalisé le 17 décembre 2020, on voit l'accusé Ayoub El Khazzani réagir après le verdict du palais de justice de Paris, lors du procès d'un attentat terroriste déjoué contre un train Thalys (Amsterdam-Paris), en août 2015. (Photo, AFP)
Sur ce croquis de salle d'audience réalisé le 17 décembre 2020, on voit l'accusé Ayoub El Khazzani réagir après le verdict du palais de justice de Paris, lors du procès d'un attentat terroriste déjoué contre un train Thalys (Amsterdam-Paris), en août 2015. (Photo, AFP)
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  • Debout dans son box, l'accusé, âgé de 33 ans, a accueilli le verdict sans réagir
  • Ayoub El Khazzani était monté dans le train à Bruxelles avec un arsenal impressionnant

PARIS: La cour d'assises spéciale de Paris a confirmé jeudi en appel la condamnation du Marocain Ayoub El Khazzani, le tireur mandaté par le groupe Etat islamique (EI) pour commettre un attentat contre un train Thalys en août 2015, à la réclusion criminelle à perpétuité pour "tentatives d’assassinats terroristes".

La cour présidée par David Hill a suivi à la lettre les réquisitions du ministère public.

"La dangerosité de l'intéressé et la nécessité de garantir l'effectivité de la sanction nécessitent de porter la période de sûreté à 22 ans", a précisé la cour.

Debout dans son box, l'accusé, âgé de 33 ans, a accueilli le verdict sans réagir.

Ayoub El Khazzani dispose d’un délai de cinq jours pour former un pourvoi en cassation.

Lors de l'audience en appel, Ayoub El Khazzani a livré "peu d'éléments utiles à l'enquête", a estimé M. Hill en annonçant le verdict. Le fait "d’avoir continué d'affirmer qu’il visait exclusivement des membres de la Commission européenne" fait "douter qu’un véritable travail de remise en question a été suffisamment engagé", a poursuivi le magistrat.

Dans ses motivations, la cour a relevé notamment qu'à l'audience "l'accusé a été dans l'incapacité de dire comment il aurait pu reconnaitre des membres de la Commission européenne" parmi les passagers du Thalys Amsterdam-Paris.

L'enquête a démontré par ailleurs que le train ne transportait "strictement aucun" membre de ladite Commission.

"C’est triste et c’est aussi une vision un peu sombre de la justice que nous offre la cour d’assises parce que ça veut dire que tous les efforts qui peuvent avoir été faits pendant sept ans en détention, notamment, n’auront servi à rien", a déploré, à l'issue de l'audience, son avocat Martin Méchin, interrogé par l'AFP.

"Il savait qu’il allait être condamné mais on peut regretter qu’il n’y ait pas eu un tout petit geste" de la cour, a-t-il ajouté avant de rappeler que son client est détenu à l'isolement depuis sept ans.

Ayoub El Khazzani a "beaucoup changé", a concédé Me Antoine Casubolo-Ferro, avocat de parties civiles, mais, a-t-il souligné, il aurait dû aller plus loin "quant à ses actes et son idéologie".

Invité dans la matinée à s'exprimer avant le verdict, M. El Khazzani avait fait part de ses "regrets" et de sa "honte" pour l'acte qu'il comptait accomplir.

"S'il n'y a pas eu un seul mort" dans l'attaque avortée du train Thalys Amsterdam-Paris du 21 août 2015, "ce n'est pas grâce à M. Khazzani mais à l'intervention héroïque de passagers" du train, avait relevé mercredi l'avocate générale dans son réquisitoire.

 Arsenal impressionnant 

Ayoub El Khazzani était monté dans le train à Bruxelles avec un arsenal impressionnant: une kalachnikov avec neuf chargeurs contenant près de 300 munitions, un pistolet semi-automatique de type Lüger, un cutter et une bouteille remplie de liquide inflammable.

Ayoub El Khazzani n'a été empêché de commettre un massacre que par la courageuse intervention de plusieurs passagers, dont deux soldats américains en civil et non armés alors en vacances en Europe. Avant d'être maîtrisé, il a fait usage de ses armes, blessant d'une balle dans le dos un passager qui avait réussi à s'emparer de sa kalachnikov.

L’attaque du Thalys avait pour but "de faire le plus de victimes possible", a soutenu l'accusation au cours du procès.

Le commanditaire du tireur contrarié était Abdelhamid Abaaoud, un recruteur de l'EI, futur coordinateur des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

M. El Khazzani a caché aux enquêteurs ses liens avec Abdelhamid Abaaoud jusqu'à la mort de ce dernier, tué par la police à Saint-Denis cinq jours après les attaques du 13-Novembre.

Connaissait-il les projets d'attaques sur Paris ? Il n'a rien dit et surtout pas révélé qu'Abdelhamid Abaaoud était à Bruxelles à l'été 2015 et non plus en Syrie comme le pensait alors les services de renseignement occidentaux.

C'est Abdelhamid Abaaoud lui-même qui l'a formé au maniement des armes lors de son séjour en Syrie en mai 2015, a reconnu M. El Khazzani. Et c'est ensemble qu'ils ont rejoint clandestinement l'Europe en août 2015.

Selon l'accusation, il ne fait aucun doute que l'attaque ratée du Thalys s'est inscrite "dans une véritable campagne d'attentats de masse qui trouve son apogée" dans les attentats du 13-Novembre à Paris et en mars 2016 à Bruxelles.