Des dizaines de milliers de pèlerins juifs en Ukraine malgré la guerre

Pèlerins juifs ultra-orthodoxes à Ouman en Ukraine le 25 septembre 2022 (Photo, Reuters).
Pèlerins juifs ultra-orthodoxes à Ouman en Ukraine le 25 septembre 2022 (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 26 septembre 2022

Des dizaines de milliers de pèlerins juifs en Ukraine malgré la guerre

  • Malgré les appels à renoncer à cause du conflit, des dizaines de milliers de juifs hassidiques se sont rassemblés dans la ville ukrainienne d'Ouman
  • Chaque année, des pèlerins hassidiques viennent du monde entier à Ouman pour le nouvel an juif, Rosh Hashana

KIEV: Des dizaines de milliers de juifs hassidiques se sont rassemblés dans la ville ukrainienne d'Ouman pour leur pèlerinage annuel, malgré les appels à renoncer à cause du conflit en cours, ont annoncé les autorités dimanche.

Chaque année, des pèlerins hassidiques viennent du monde entier à Ouman pour le nouvel an juif, Rosh Hashana, sur la tombe de Rabbi Nahman de Breslev (1772-1810), une des principales figures du hassidisme, un courant orthodoxe du judaïsme.

Même si Ouman, ville du centre de l'Ukraine, se trouve relativement loin des fronts où s'affrontent les armées ukrainienne et russe, les autorités ukrainiennes et israéliennes avaient exhorté les pèlerins à ne pas venir pour les célébrations prévues de dimanche à mardi cette année.

Habitués aux sirènes
Les pèlerins citent souvent un texte religieux de Rabbi Nachman dans lequel il promet qu'il "sauvera de l'enfer" ceux qui viennent visiter sa tombe à Rosh Hashana.

"Il y a eu des sirènes, mais venant d'Israël nous sommes habitués aux sirènes, nous savons quoi faire. Nous nous sentons plutôt en sécurité", a déclaré M. Allen, médecin originaire de Yad Binyamin.

Le voyage n'est pourtant pas sans risque. Située à environ 200 kilomètres au sud de Kiev, Ouman a été touchée par des frappes russes  dans les premières semaines de la guerre. Le mois dernier, un homme a été mortellement blessé par des éclats d'un missile russe abattu par la défense anti-aérienne.

La police a mis en place un vaste cordon pour contrôler l'accès au tombeau, vérifiant les identités et ne laissant passer que des habitants et des fidèles.

Durant Rosh Hashana, la vente d'alcool, de feux d'artifice, de pétards et d'armes factices a été interdite et un couvre-feu décrété de 23H00 à 05H00 locales, selon une porte-parole de la police régionale, Zoïa Vovk.

Malgré les restrictions, le sanctuaire abritant la tombe bourdonnait d'agitation dimanche. Des pèlerins - seulement des hommes et des garçons - priaient, appuyés contre les murs et colonnes blanches à l'intérieur du bâtiment.

A l'extérieur du temple résonnaient les prières simultanées de centaines de fidèles.

À quelques mètres de là, Yaniv Vakhnin, un autre pèlerin, explique à l'AFP que la guerre ne fait pas peur quand le rabbin Nachman vous protège.

«Que les prières soient entendues»
"Le rabbin Nachman dit que même s'il y a la guerre dans un pays, celui qui l'écoute ne sera pas affecté par la guerre", assure cet homme de 48 ans originaire de Safed, dans le nord d'Israël.

"Nous sommes donc entièrement protégés" et "nous nous sentons très en sécurité et très heureux d'être ensemble", a dit le fidèle qui a mis 30 heures pour se rendre à Ouman: d'abord un vol vers la Roumanie voisine, puis 15 heures de trajet en bus jusqu'à la destination finale.

Ferme sur sa foi, il n'a pas hésité de venir en Ukraine avec ses deux enfants, laissant cinq autres à la maison.

"Nous allons prier Dieu. Et j'espère que l'Ukraine ne sera pas blessée et gagnera la guerre parce que le rabbin Nachman est enterré ici, donc l'Ukraine est protégée", confie M. Vakhnin.

Selon la Communauté juive unie d'Ukraine, une ONG confessionnelle, plus de 23.000 juifs hassidiques sont déjà arrivés à Ouman, frappée à plusieurs reprises par la Russie depuis son invasion de l'Ukraine le 24 février.

La police a préféré ne pas donner le nombre de pèlerins jusqu'à la fin des festivités, craignant une attaque russe. "La seule chose que je peux dire, c'est des dizaines de milliers" de pèlerins déjà arrivés, a indiqué Zoïa Vovk.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui-même d'ascendance juive, a félicité dimanche "tous les juifs du monde à l'occasion de la fête".

"Que toutes les prières pour la victoire, toutes les prières pour la paix en Ukraine soient entendues", a-t-il déclaré dans son adresse quotidienne tard le soir.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.