Dans cet entretien, l’économiste Mouloud Hedir estime qu’il faut d’ores et déjà anticiper les effets négatifs d’une dévaluation du dinar sur les entreprises et le pouvoir d’achat des citoyens afin de mieux préparer la démarche et en tirer les bénéfices économiques. Il rappelle que le Cercle (CARE) a récemment soulevé le problème afin d’inciter tous les acteurs concernés à anticiper dès maintenant les conséquences sur l’économie nationale d’une dévaluation dont tout laisse croire qu’elle sera selon lui «forte et inévitable».
La dévaluation du dinar est-elle incontournable ?
En tant que telle, la fixation du taux de change du dinar n’est qu’un instrument de politique publique et c’est de celle-ci qu’il s’agit de discuter.
Aux yeux de CARE, la question est de savoir s’il est raisonnable de continuer à réguler nos échanges extérieurs par le recours à toutes sortes de restrictions bureaucratiques lourdes, complexes à mettre en œuvre et souvent stériles (licences ; interdictions ; droits de douane spécifiques ; taxes diverses ; etc.), là où l’outil universel de la dévaluation est nettement plus simple et plus efficace.
Il faut également comprendre pourquoi nous tolérons un déficit structurel aussi énorme de notre balance des paiements sur une aussi longue période.
Ce déficit paraît supportable jusque-là parce qu’il est amorti par nos réserves de change, mais qu’adviendra-t-il demain, sachant que celles-ci s’épuisent à vue d’œil et à un rythme aussi dangereux ? Nous fonçons droit dans le mur et c’est ce sur quoi CARE a voulu alerter.
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