Le fils de l'ancien shah d'Iran salue «une révolution des femmes et pour les femmes»

Reza Pahlavi, le fils du défunt Shah d'Iran, prend la parole lors d'une interview à Washington, DC, le 27 septembre 2022. (AFP)
Reza Pahlavi, le fils du défunt Shah d'Iran, prend la parole lors d'une interview à Washington, DC, le 27 septembre 2022. (AFP)
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Le fils de l'ancien shah d'Iran salue «une révolution des femmes et pour les femmes»

  • Pour M. Pahlavi, lui-même père de trois filles, la société iranienne s'est affranchie du temps du «chauvinisme mâle» et les droits des femmes devraient être respectés
  • «Il est important de fournir plus qu'un soutien moral. Ce seraient des mesures qui auraient un impact», dit-il

WASHINGTON: Les manifestations en cours en Iran représentent "une révolution des femmes et pour les femmes", estime dans un entretien à l'AFP le fils du défunt shah d'Iran, appelant également la communauté internationale à faire plus pour accélérer la chute du régime.

"C'est de mon point de vue la première révolution des femmes, pour les femmes, des temps modernes, avec le soutien des maris, des fils, des frères et des pères" en Iran, affirme Reza Pahlavi, dont le père avait été évincé du pouvoir lors de la révolution islamique en 1979.

"On atteint le point comme disent les Espagnols où l'on dit, basta - on en a assez", ajoute Reza Pahlavi, qui vit en exil dans la région de Washington.

Pour la 12e nuit consécutive, les Iraniens ont pris la rue mardi dans plusieurs villes du pays afin de protester contre la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des mœurs, malgré la répression qui a fait des dizaines de morts.

"Je pense que la plupart des femmes iraniennes, lorsqu'elles observent les libertés dont disposent les femmes ailleurs dans le monde, exigent les mêmes droits pour elles-mêmes", dit-il encore.

Son grand-père, Reza Shah, avait banni le port du voile en 1936 dans le cadre d'un mouvement d'occidentalisation inspiré de la Turquie voisine.

Le dernier shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, avait lui laissé le choix aux femmes de porter ou non le voile, ce à quoi la république islamique a mis fin en arrivant au pouvoir.

Pour M. Pahlavi, lui-même père de trois filles, la société iranienne s'est affranchie du temps du "chauvinisme mâle" et les droits des femmes devraient être respectés.

"Les femmes peuvent décider ou non de porter le voile. Mais cela devrait être leur choix, un choix libre, et non imposé pour des raisons idéologiques ou religieuses", estime-t-il.

Alternative 

Reza Pahlavi, qui est respecté parmi les Iraniens en exil, dit ne pas vouloir réinstaurer la monarchie en Iran, une idée peu soutenue dans le pays.

De concert avec des groupes d'opposition à l'extérieur, il se dit favorable en revanche à une assemblée constituante qui rédigerait une nouvelle constitution.

"Il n'est juste pas possible d'avoir une vraie démocratie sans séparation claire entre l'Eglise et l'Etat", juge-t-il.

La république islamique est au pouvoir depuis plus de quatre décennies, malgré des oppositions internes et l'antipathie de l'Occident, tout particulièrement des Etats-Unis.

Mais selon M. Pahlavi, le régime peut tomber à tout moment et la communauté internationale doit s'y préparer.

"Maintenant nous sommes à un moment clé et c'est là où la communauté internationale doit comprendre pourquoi on ne peut plus s'attarder sur juste le statu quo", affirme M. Pahlavi en français dans cet entretien.

"Il faut envisager qu'il y a une grande possibilité que ce régime n'existera pas longtemps. Et quand je dis longtemps ça peut arriver dans quelques mois ou quelques semaines, et là, il faut déjà penser à l'alternative", ajoute-t-il.

Il plaide en ce sens pour une "implosion contrôlée" et une transition pacifique.

Tout en saluant les condamnations de la répression en Iran de la part de la communauté internationale -- il cite en particulier l'Allemagne et le Canada --, le responsable appelle à augmenter la pression sur Téhéran en expulsant par exemple des diplomates et en gelant des avoirs.

"Il est important de fournir plus qu'un soutien moral. Ce seraient des mesures qui auraient un impact", dit-il.

Dans cet esprit, M. Pahlavi se dit inquiet d'un éventuel retour des Etats-Unis dans l'accord nucléaire de 2015 qui permettrait en échange à l'Iran de vendre son pétrole sur les marchés mondiaux.

Les puissances occidentales tendent à penser qu'on peut "créer des incitations afin que le régime change de comportement" mais, souligne-t-il, l'Iran est enraciné dans l'idéologie. "Avec ce régime, impossible de coexister".


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.