Reconfinement: les Français se déplacent 2 à 3 fois plus qu'au printemps

Les données fournies par l’application Waze permettent d’estimer l’ampleur des déplacements des Français (Photo, Brian ACH/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP).
Les données fournies par l’application Waze permettent d’estimer l’ampleur des déplacements des Français (Photo, Brian ACH/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP).
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Publié le Samedi 07 novembre 2020

Reconfinement: les Français se déplacent 2 à 3 fois plus qu'au printemps

  • Les Français se déplacent deux à trois fois plus depuis le 30 octobre que lors du premier confinement, selon les données de plusieurs opérateurs
  • La fréquentation des transports publics d'Ile-de-France a baissé d'un peu plus de moitié par rapport au niveau atteint fin octobre, à 30% de la normale pré-Covid en moyenne

PARIS: Les Français se déplacent deux à trois fois plus depuis le 30 octobre que lors du premier confinement, selon les données de plusieurs opérateurs.

30% en distance parcourue

Les distances parcourues par les utilisateurs de l'application routière Waze avaient diminué de 30% le 3 novembre, dernier jour pour lequel des données disponibles existent. Début avril, les baisses de distances parcourues étaient bien supérieures, plutôt de l'ordre de 80 à 90%.

Sur Apple Plan, les demandes d'itinéraires pour les trajets en voiture étaient en baisse mercredi de 38% par rapport à la normale. Elles étaient en baisse de 45% pour les trajets en transports en commun, et de 55% pour les trajets à pied.

Lors du premier confinement, les demandes avaient baissé d'environ 80% pour les itinéraires en voiture, et plus de 80% pour les trajets à pied.

30% sur les autoroutes et à Paris

La Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) --seule grande société autoroutière à communiquer ses chiffres-- note une baisse du trafic de 30% cette semaine. Il s'était effondré de 80% pendant le premier confinement.

Dans Paris intra-muros, l'adjoint chargé des transports David Belliard notait une baisse de 29% de la circulation lundi 2 novembre. « On est loin de la baisse de circulation du premier confinement (-70% sur la période) », relevait-il.

Encore du monde aux heures de pointe dans les transports publics

La fréquentation des transports publics d'Ile-de-France a baissé d'un peu plus de moitié par rapport au niveau atteint fin octobre, à 30% de la normale pré-Covid en moyenne, avec des pics assez marqués aux heures de pointe (50% le matin), des creux dans la journée et quasiment personne le soir. Les tendances sont les mêmes en province, avec légèrement plus de monde, jusqu'à 40% en moyenne.

Pour mémoire, on en était entre 5 et 10% lors du premier confinement.

Dans les trains régionaux (TER), la fréquentation est tombée en moyenne à un tiers de la normale, avec des pointes assez marquées le matin et le soir et des trains vides en journée et le soir. Elle s'était effondrée à 2,5% au printemps.

Effondrement dans les TGV

La fréquentation s'est effondrée mardi dans les TGV, à 15%, contre 50% en octobre --en semaine, les trains étant plus remplis le week-end--, et elle continue de baisser vers les 10%, selon la SNCF.

Au plus fort du premier confinement, on était tombé à 1% dans les TGV.

Moins de citadins au vert

Avec les écoles et services ouverts, et l'activité économique qui se poursuit, les citadins ont été moins nombreux à partir se confiner au vert : « on est à peu près dans un écart de un à trois. (...) Dans le cas de Paris, 400 000 Parisiens avait quitté la ville : ils sont 150 000 cette fois-ci », selon Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

Toutefois seule la moitié de ces départs sont des résidents habituels de la capitale, tandis que les autres étaient juste « de passage », a précisé Michaël Trabbia, directeur de l'innovation chez l'opérateur, lors d'un point presse.

Deux fois moins de Vélib'

L'usage des services de micromobilité a « baissé significativement », entre -25 et -50%, « mais on reste sur un niveau 4 à 5 fois supérieur à celui de mars », souligne Julien Chamussy, directeur général du cabinet de conseil Fluctuo. 

A Paris, Vélib' a enregistré 25% de trajets en moins, avec 90 000 trajets par jour depuis le début de la semaine, contre 120 000 fin octobre, et 20 000 pendant le premier confinement.

Du côté des trottinettes en libre-service, les opérateurs Lime, Dott et Tier ont enregistré une baisse de 40%, avec 10 à 12 000 trajets cette semaine, contre 18 à 20 000 d'habitude. Tous, sauf Dott, avaient rangé leurs engins au printemps. 

« Les opérateurs privés auraient pu décider de mettre les services en pause, mais ils ne l'ont pas fait », souligne Julien Chamussy. « Ils ont pu voir venir avec le couvre-feu. »


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.