Après Nord Stream, la Norvège remonte la garde face au risque de sabotage

Des installations de réception et de distribution de gaz naturel du gazoduc Nord Stream 1 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, près de la frontière avec la Pologne, le 30 août 2022. (Photo, AFP)
Des installations de réception et de distribution de gaz naturel du gazoduc Nord Stream 1 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, près de la frontière avec la Pologne, le 30 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Après Nord Stream, la Norvège remonte la garde face au risque de sabotage

Des installations de réception et de distribution de gaz naturel du gazoduc Nord Stream 1 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, près de la frontière avec la Pologne, le 30 août 2022. (Photo, AFP)
  • Le pays scandinave produit actuellement à plein régime: selon des prévisions officielles, ses exportations de gaz pourraient atteindre un niveau record de 122 milliards de m3 cette année
  • Face à ces enjeux considérables, la police norvégienne a annoncé mercredi la prolongation et le renforcement des mesures de sécurité déjà en place dans le secteur pétrolier pour en réduire la vulnérabilité

OSLO: Après des observations troublantes de drones et le "sabotage" présumé des gazoducs Nord Stream, la Norvège, désormais principal fournisseur de gaz de l'Europe, renforce la sécurité autour de ses installations pétrogazières considérées comme une potentielle cible vulnérable. 

Aussi spectaculaires soient-elles, les fuites de gaz, précédées d'explosions, sur Nord Stream 1 et 2 qui relient l'Allemagne et la Russie sous la Baltique n'ont pas d'incidence sur l'approvisionnement de l'Europe: les deux gazoducs n'étaient pas en service du fait de la guerre en Ukraine. 

Mais un sabotage --la piste largement privilégiée par les dirigeants européens-- de ce type sur les installations norvégiennes auraient des effets catastrophiques pour le continent, qui peine déjà à couvrir ses besoins en énergie à l'approche de l'hiver. 

Conséquence de la réduction par Moscou de ses livraisons de gaz en représailles aux sanctions prises par les Européens après l'offensive russe en Ukraine, la Norvège est devenue le principal fournisseur gazier de l'Europe, à laquelle elle est reliée par un vaste réseau de pipelines. 

Le pays scandinave produit actuellement à plein régime: selon des prévisions officielles, ses exportations de gaz pourraient atteindre un niveau record de 122 milliards de m3 cette année. 

A comparer aux quelque 150 milliards de m3 de gaz par an fournis par la Russie à l'Union européenne avant la guerre. 

Face à ces enjeux considérables, la police norvégienne a annoncé mercredi la prolongation et le renforcement des mesures de sécurité déjà en place dans le secteur pétrolier pour en réduire la vulnérabilité. 

"La situation est prise très au sérieux et plusieurs mesures ont déjà été mises en place pour garantir la meilleure sécurité possible", a indiqué une responsable de la police, Tone Vangen, sans fournir de précisions par souci de confidentialité. 

La veille, le ministre du Pétrole et de l'Energie, Terje Aasland, avait fait une annonce dans le même sens, évoquant "les signalements d'une activité accrue de drones" près de plateformes pétrolières. 

Equinor, le géant national de l'énergie, a en effet fait état de vols "de drones non identifiés à proximité de certaines installations", un phénomène qui n'avait pas été observé jusqu'alors. 

"Nous prenons cela très au sérieux et nous le signalons à la police", a expliqué un porte-parole du groupe, Eskil Eriksen, sans vouloir fournir de détails. 

Les gazoducs, maillon faible  

En écho aux autorités, les compagnies pétrolières du pays disent avoir accru la vigilance autour de leurs plateformes, bases et installations en mer et sur terre. 

S'étendant sur des milliers de kilomètres, parfois à de grandes profondeurs, les gazoducs font figure de maillon faible de la chaîne d'approvisionnement énergétique, vitale pour l'Europe. 

"Ils sont vulnérables, ouverts à tous les vents", estime Tor Ivar Strømmen, chercheur à l'Académie navale royale norvégienne, qui souhaiterait une série de mesures allant d'une inspection des conduites pour s'assurer que des explosifs n'y ont pas été placés au suivi attentif de la navigation maritime dans ces eaux. 

Le Premier ministre, Jonas Gahr Støre, a affirmé mercredi à l'agence NTB qu'il n'y avait pas "de menace spécifique contre la Norvège". 

Mais le professeur et directeur de l'Institut norvégien d'études sur les questions de défense, Sven Holtsmark, juge quant à lui "probable" que Moscou, souvent accusé de recourir à l'arme énergétique, tente de saboter des infrastructures norvégiennes. 

"Avant, l'idée que la Russie s'en prenne à des installations norvégiennes aurait semblé complètement absurde mais on ne peut plus se permettre d'exclure cette possibilité" pour entamer le soutien que les Européens apportent à l'Ukraine, a-t-il déclaré. 

"La caisse à outils (du président russe) Vladimir Poutine se vide et la guerre en Ukraine ne semble pas devoir s'arrêter de sitôt: pour moi, il est donc logique que Poutine décide le sabotage d'installations norvégiennes, d'autant que ce serait difficile de prouver que c'est la Russie qui est derrière", affirme l'expert. 


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.