Ukraine: frappe meurtrière avant l'annexion de quatre régions par Moscou

Vue générale de la ville d'Orikhiv, près de Zaporijia, dans l'est de l'Ukraine, le 11 mai 2022. (AFP)
Vue générale de la ville d'Orikhiv, près de Zaporijia, dans l'est de l'Ukraine, le 11 mai 2022. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 30 septembre 2022

Ukraine: frappe meurtrière avant l'annexion de quatre régions par Moscou

  • Des civils faisaient la queue pour recevoir de l'aide humanitaire, au cours d'un bombardement dans la région de Zaporijjia (sud) que les Russes occupent en partie
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui convoqué pour vendredi une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité et réclamé plus d'armes occidentales

KIEV: Une frappe dévastatrice sur une colonne de véhicules civils a fait 25 morts vendredi dans le sud de l'Ukraine, quelques heures avant l'annexion prévue par la Russie de quatre régions ukrainiennes.

A l'occasion de ces annexions, qui représentent une escalade sérieuse de l'offensive lancée le 24 février, un long discours de Vladimir Poutine et des festivités sont prévues à Moscou, alors même qu'une mobilisation souvent chaotique se déroule en Russie, qui a poussé des dizaines de milliers de Russes à l'exil.

Le Kremlin doit accueillir à 12H00 GMT une cérémonie au cours de laquelle M. Poutine doit prononcer un discours annoncé comme "volumineux" pour célébrer les conquêtes russes, au moment même pourtant où son armée est en difficulté sur le terrain, reculant face à une contre-offensive ukrainienne, notamment à Lyman, un noeud ferroviaire important de l'est ukrainien.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui convoqué pour vendredi une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité et réclamé plus d'armes occidentales.

La matinée a été endeuillée par une frappe particulièrement meurtrière sur une colonne de voitures de civils non loin de la limite entre la zone ukrainienne et la zone occupée de la région de Zaporijjia, l'un des quatre territoires devant être incorporés par la Russie.

Au moins 25 personnes ont été tués et 50 autres blessées dans cette frappe, selon le parquet ukrainien, les deux camps se rejetant la responsabilité du bombardement.

M. Zelensky a traité la Russie de "terroriste" et de "racaille sanguinaire" après cette frappe.

Un responsable de la présidence ukrainienne, Kyrylo Tymoshenko, a affirmé que 16 missiles S-300 russes étaient tombés sur la zone, alors que ces armes sol-air sont aussi utilisées par les Russes pour frapper des cibles au sol.

Sur les lieux, deux colonnes de voitures aux vitres éclatées et aux carrosseries criblées d'impacts étaient visibles. Entre elles, des corps inanimés gisaient, certains recouverts de draps en guise de linceul.

Selon Kiev, la Russie a frappé "à la roquette contre un convoi humanitaire de civils" qui "faisaient la queue pour se rendre dans la zone temporairement occupée".

Un représentant de l'occupation russe locale, Vladimir Rogov, a lui accusé Kiev d'avoir "frappé nos gens, qui faisaient la queue" pour empêcher ces civils de rejoindre la zone sous contrôle des Russes.

Dans la région voisine de Kherson, qui doit également être annexée vendredi, un responsable de l'occupation russe a été tué dans la nuit dans une frappe ukrainienne sur son domicile menée à l'aide de systèmes HIMARS fournis par les Etats-Unis, selon un autre cadre prorusse, Kirill Stremooussov.

«Jamais»

La capitale russe se prépare elle à des festivités, avec une circulation restreinte vendredi, notamment un concert à l'ombre des murs du Kremlin, lors duquel M. Poutine pourrait faire une apparition.

Les employés municipaux installaient des affiches géantes sur la Place rouge qui lisaient: "Donetsk. Lougansk. Zaporijjia. Kherson. Russie!", ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ces quatre régions vont être officiellement annexées, après de prétendus référendums régionaux organisés fin septembre à la hâte. Le vote a eu lieu sous surveillance de soldats en armes et a été qualifié de "parodie" par Kiev et ses soutiens occidentaux.

Les dirigeants occidentaux se sont succédé pour marteler qu'ils ne reconnaîtraient "jamais" les annexions et ont promis de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit voter vendredi sur une résolution condamnant ces "référendums". Ce texte préparé par les Etats-Unis n'a aucune chance d'être adopté en raison du droit de veto de la Russie mais il devrait ensuite être présenté à l'Assemblée générale.

Revendiquant son emprise sur ces territoires, la Russie, qui avait déjà annexé en 2014 la Crimée, péninsule du sud de l'Ukraine, a menacé de faire usage de l'arme nucléaire pour les défendre.

Assaut sur Lyman

Sur le front, la situation se détériore pour les forces russes, engagées dans une bataille pour Lyman, ville de la région de Donetsk et important noeud ferroviaire, qui fait face à un assaut ukrainien.

Les forces ukrainiennes restent silencieuses sur les opérations en cours, mais le chef des séparatistes de la région de Donetsk Denis Pouchiline a reconnu que les Russes étaient "partiellement encerclés" et ne plus avoir "le contrôle total" des localités avoisinantes de Drobychevé et Iampil.

Ailleurs sur le terrain, une personne a été tuée et cinq blessées dans une frappe russe sur la région de Dnipropetrovsk (centre) qui a détruit une entreprise de transport par bus. Dans celle de Donetsk (est), huit personnes ont été tuées et 17 blessées dans de multiples bombardements, selon le rapport matinal de la présidence ukrainienne.

L'Ukraine a déjà reconquis depuis début septembre l'essentiel de la région de Kharkiv, dans le nord-est, et repris récemment le noeud ferroviaire de Koupiansk.

Pour soutenir cette contre-offensive, les Etats-Unis ont débloqué jeudi une nouvelle enveloppe de plus de 12 milliards de dollars.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"