Ukraine: Près du front, les villageois émergent des caves après la retraite russe

Un drapeau national ukrainien est hissé devant une maison détruite près d'Izyum, dans l'est de l'Ukraine (Photo, AFP).
Un drapeau national ukrainien est hissé devant une maison détruite près d'Izyum, dans l'est de l'Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 03 octobre 2022

Ukraine: Près du front, les villageois émergent des caves après la retraite russe

  • La reconquête de la ville marque la première victoire des forces ukrainiennes dans un territoire que la Russie considère comme sien
  • Le village a été vidé de ses 200 habitants, et les quelque personnes qui y sont restées hésitaient dimanche à s'aventurer dans les rues

KIEV: Pour Ludmila Omelchenko, une retraitée de 62 ans habitant un petit village dévasté par les bombes, la reconquête par l'armée ukrainienne de la ville proche de Lyman signifie qu'elle pourra dormir hors de sa cave pour la première fois en sept mois.

"J'ai dormi dans le sous-sol depuis le premier jour de cette guerre infernale (le 24 février), mais hier, les bombardements ont cessé", a raconté dimanche à l'AFP l'habitante de Zakitne, à 10 km de Lyman.

"J'ai osé dormir de nouveau dans mon propre lit la nuit dernière", a-t-elle ajouté, tressaillant au bruit des tirs d'artillerie qui résonnent encore en provenance de la ligne de front de la région de Donetsk.

L'armée ukrainienne a annoncé samedi être entrée dans Lyman, noeud ferroviaire régional stratégique. Le ministère russe de la Défense a indiqué que ses troupes se retiraient "vers des lignes plus favorables".

La reconquête de la ville marque la première victoire des forces ukrainiennes dans un territoire que la Russie considère comme sien après l'avoir annexé.

Après des mois de bombardements, tous les bâtiments de Zakitne, situé sur une hauteur et séparé par une rivière du territoire qui était contrôlé par les Russes jusqu'à samedi, ont été détruits ou endommagés.

Le village a été vidé de ses 200 habitants, et les quelque personnes qui y sont restées hésitaient dimanche à s'aventurer dans les rues.

"Je sortais toujours pour m'occuper de mes fleurs, pendant les répits dans les bombardements, rien ne pouvait m'empêcher de le faire", confie Mme Omelchenko, les larmes aux yeux.

Les roses rouges, le lilas et les pétunias blancs de son jardin sont la seule touche de couleur dans le village en ruine, avec l'éclatant espace de jeux pour les enfants.

Huit ans de guerre
Zakitne avait également été lourdement pilonné au cours des combats de 2014, lorsque des séparatistes prorusses soutenus par Moscou s'étaient emparés de la moitié de la région de Donetsk.

"Mon fils n'a achevé les travaux pour réparer les dégâts subis par notre maison en 2014 que cette année, en février", quelques semaines avant l'invasion russe, souligne Mme Omelchenko.

Autre témoignage de longues années d'affrontements, une plaque sur les murs d'une école ravagée, marquée par des éclats d'obus, indique : "Réparé avec l'aide de l'Unesco et du gouvernement japonais".

A l'intérieur de l'école se trouvent des chèvres gardées par Ludmila Mykolayivna, une villageoise de 58 ans.

"Au moins ici, il y a un toit", dit-elle à l'AFP dans sa maison dont la plupart des vitres sont brisées. L'étable qui abritait les chèvres a été détruite il y a plusieurs mois.

"Je regrette d'avoir déménagé à Zakitne il y a 15 ans, dont huit ont été des années de guerre ininterrompue", lâche-t-elle d'une voix frémissante, expliquant qu'elle vit dans son sous-sol depuis avril.

Une autre villageoise, Nadiya, indique qu'il n'y a plus ni eau, ni gaz, ni électricité à Zakitne depuis le printemps.

"Cinq personnes dorment dans mon garage, car les toits de leur maison se sont effondrés", soupire-t-elle.

Un sac de pain sec suspendu dans un coin du garage constitue les réserves de secours pour le groupe, au cas où les premières chutes de neige hivernales les empêcheraient de se rendre au marché le plus proche, dans la ville de Sloviansk.

"Je ne sais pas comment nous allons faire pour affronter l'hiver, pour être franche, mais au moins les bombardements ont cessé", murmure Nadiya.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.