Londres veut empêcher les demandes d'asile des migrants qui traversent la Manche

La ministre britannique de l'Intérieur, Suella Braverman, assiste mardi à la troisième journée de la conférence annuelle du parti conservateur à Birmingham (Photo, AFP).
La ministre britannique de l'Intérieur, Suella Braverman, assiste mardi à la troisième journée de la conférence annuelle du parti conservateur à Birmingham (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 05 octobre 2022

Londres veut empêcher les demandes d'asile des migrants qui traversent la Manche

  • Plus de 33 500 personnes ont effectué depuis le début de l'année la dangereuse traversée de la Manche
  • Ce chiffre ne cesse d'augmenter depuis 2018 malgré les promesses des gouvernements conservateurs successifs

BIRMINGHAM: Le gouvernement britannique veut empêcher les migrants qui ont traversé la Manche d'effectuer une demande d'asile au Royaume-Uni, a déclaré la ministre de l'Intérieur Suella Braverman mardi, une annonce immédiatement dénoncée par les associations de réfugiés comme une violation des conventions internationales.

"Si vous entrez illégalement au Royaume-Uni en provenance d'un pays sûr, vous devez rapidement être renvoyé dans votre pays d'origine ou relocalisé au Rwanda, où votre demande d'asile sera considérée", a déclaré la ministre ultra-conservatrice, ovationnée lors du congrès du parti conservateur à Birmingham (centre de l'Angleterre).

Londres a fait de la question de l'immigration une priorité depuis le Brexit et dit vouloir réduire le nombre de migrants que le pays prend en charge. Suella Braverman a affirmé qu'il y avait "trop de demandeurs d'asile qui abusent du système" et qui ne servent pas "les besoins de l'économie".

Plus de 33 500 personnes ont effectué depuis le début de l'année la dangereuse traversée de la Manche, l'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde. Ce chiffre ne cesse d'augmenter depuis 2018 malgré les promesses des gouvernements conservateurs successifs.

Les annonces de Mme Braverman ont été dénoncées à l'unisson par les organisations de défense des droits des migrants, qui estiment qu'elles relèvent de la diversion, au moment où les Britanniques, majoritairement favorables à l'accueil des migrants selon les sondages, s'inquiètent d'abord de la crise du coût de la vie.

La fondatrice de Care4Calais, Clare Mosley, a critiqué un projet "barbare, mensonger et inutile" et a dénoncé la "fausse" rhétorique du gouvernement sur le sujet.

Selon les chiffres du ministère britannique de l'Intérieur, 94% des quelque 50 000 migrants arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche via des embarcations de fortune entre janvier 2018 et juin 2022 ont demandé l'asile. 86% de ceux qui ont, depuis, vu leur demande considérée ont obtenu l'asile.

Le Refugee Council a quant à lui souligné que ces annonces allaient à l'encontre de la convention des Nations unies sur les réfugiés, qui dispose qu'un migrant ne peut pas être pénalisé dans sa demande d'asile en raison de la façon dont il est entré dans le pays où il fait sa demande.

Dans le cadre de sa lutte contre l'immigration, le gouvernement avait annoncé au printemps qu'il enverrait au Rwanda certains demandeurs d'asile. Cette politique a pour l'instant été bloquée par la Cour européenne des droits de l'Homme, ce qu'a regretté Suella Braverman, appelant le Royaume-Uni a "reprendre le contrôle" face à "un tribunal étranger qui met en danger notre souveraineté".

La ministre a aussi dénoncé ce qu'elle a qualifié d'"abus" de migrants se faisant passer pour des victimes "d'esclavage moderne" - des propos là aussi qualifiés de mensongers par les ONG.

Concernant un autre volet de son portefeuille ministériel, elle s'en est pris aux manifestants écologistes des groupes Just Stop Oil et Extinction Rebellion qui bloquent régulièrement la circulation pour protester contre la politique climatique du gouvernement.

"La police doit avoir tous les pouvoirs nécessaires pour stopper ces manifestants qui utilisent des techniques de guerilla et déclenchent le chaos", a-t-elle estimé.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com