Le Maroc fait face à un stress hydrique inquiétant

Une personnes marche sur de la terre fissurée près du barrage d'al-Massira dans le village d'Ouled Essi Masseoud, à environ 140 kilomètres, au sud de la capitale économique marocaine Casablanca, le 8 août 2022. (Photo, AFP)
Une personnes marche sur de la terre fissurée près du barrage d'al-Massira dans le village d'Ouled Essi Masseoud, à environ 140 kilomètres, au sud de la capitale économique marocaine Casablanca, le 8 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 11 octobre 2022

Le Maroc fait face à un stress hydrique inquiétant

  • À la fin de septembre, le taux de remplissage de l’ensemble des barrages du pays n’était que de 25%
  • Pour limiter le stress hydrique, le Maroc s’est lancé dans une vaste politique de construction de stations de dessalement d’eau de mer dans toutes les régions du pays

CASABLANCA: Le Maroc fait face à une situation de stress hydrique inquiétante. La sécheresse de ces deux dernières années a impacté considérablement les ressources hydriques et la retenue d’eau des barrages. À la fin de septembre, le taux de remplissage de l’ensemble des barrages du Royaume n’était que de 25%. 

Le barrage Mohammed V dans la région de Moulouya, l’un des plus grands du pays, est aujourd’hui à sec (0,4% de taux de remplissage contre 25% l’année dernière) et celui d’Al Massira, deuxième plus grand barrage au Maroc, a atteint son plus bas niveau historique. Aujourd’hui, son taux de remplissage ne dépasse guère 3%. 

En juillet dernier, la Banque mondiale a averti le Maroc sur cette situation alarmante. «Les ressources hydriques renouvelables disponibles au Maroc ont fortement diminué entre 1960 et 2020, passant de 2 560 m3 à environ 620 m3 par personne par an, entraînant le pays dans une situation de stress hydrique structurel», a prévenu l’institution de Bretton Woods.

«La situation est grave et risque d’empirer. Nous avons mis en place plusieurs mesures d’urgence. Elles concernent notamment la lutte contre le gaspillage avec le lancement d’une campagne de sensibilisation contre le gaspillage de l’eau», a déclaré à Arab News en français Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, en marge du Symposium de l’eau, organisé par Finances News Hebdo à Casablanca. «Il faut mieux utiliser les ressources disponibles, mieux mobiliser les eaux conventionnelles et non conventionnelles et surtout faire en sorte qu’on puisse prendre conscience de l’importance de l’eau et changer nos comportements au quotidien», a ajouté le ministre.

Seize barrages en construction

Selon M. Baraka, le Maroc a pris les devants pour limiter ce stress hydrique et éviter le pire. Outre la campagne de sensibilisation, des investissements importants ont été effectués par le gouvernement dans des infrastructures modernes. «Seize barrages sont en cours de construction, permettant au Maroc d’atteindre une capacité de 24 milliards de mètres cubes… Nous avons également lancé 129 petits barrages et lacs collinaires en étroite collaboration avec les régions du Royaume pour protéger les citoyens des inondations et assurer l’alimentation de manière artificielle des nappes souterraines», a déclaré le ministre.

Le dessalement d’eau de mer 

Le pays s’est lancé dans une vaste politique de construction de stations de dessalement d’eau de mer visant toutes les régions et les grandes villes. «Pour l’eau potable, nous dépendons aujourd’hui à hauteur de 97% des ressources superficielles dans les barrages et des ressources souterraines. On a intérêt à réduire ce taux et ne plus dépendre des changements climatiques. Un objectif réalisable grâce à la montée en puissance des technologies innovantes dans la production de l’eau potable comme le dessalement d’eau de mer. Le Maroc a connu ces derniers mois le lancement de grands projets de dessalement d’eau de mer car nous sommes actuellement l’un des pays les plus compétitifs en matière de coût de production de l’électricité à partir des énergies renouvelables», précise pour sa part Abderrahim el-Hafidi, directeur général de l'Office national de l’électricité et de l'eau potable (ONEE). 

Pour anticiper une crise majeure de l’eau à court terme, les autorités et les gestionnaires délégués de distribution d’eau potable ont lancé plusieurs actions afin de rationaliser la consommation d’eau. Il s’agit de réduire le débit dans les plus grandes villes comme Agadir, Casablanca et Tanger, en plus des restrictions en alimentation en eau potable pendant certaines tranches horaires. De son côté, le ministère de l’Agriculture a décidé de ne plus subventionner les cultures très consommatrices d’eau, en particulier dans les régions affectées par le stress hydrique.

 


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.