En Jordanie, des législatives en pleine crise économique, sociale et sanitaire

Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour reporter les élections en raison de la pandémie, mais le gouvernement a fait savoir que le scrutin serait maintenu (Photo, AFP)
Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour reporter les élections en raison de la pandémie, mais le gouvernement a fait savoir que le scrutin serait maintenu (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 09 novembre 2020

En Jordanie, des législatives en pleine crise économique, sociale et sanitaire

  • Ce petit pays de 10 millions d'habitants, durement touché par l'afflux de réfugiés syriens, croule sous une dette publique dépassant 100% du PIB
  • La Jordanie a été frappée de plein de fouet par le nouveau coronavirus

AMMAN : Les électeurs jordaniens votent mardi aux législatives disputées par des candidats ayant fait campagne sur des promesses d'une vie meilleure pour les citoyens plutôt qu'un programme politique, dans un pays qui s'enfonce dans une crise économique aggravée par la pandémie de nouveau coronavirus.

Dépourvu de ressources naturelles et très dépendant d'aides étrangères, notamment du Fonds monétaire international (FMI), ce petit pays de 10 millions d'habitants, durement touché par l'afflux de réfugiés syriens, croule sous une dette publique dépassant 100% du PIB.

Il est confronté à une situation économique difficile, avec un taux de chômage de 23% au premier trimestre 2020, et à des manifestations pour réclamer notamment des hausses de salaires.

Dans un contexte de crise et de tensions sociales, quelque 4,5 millions d'électeurs sont appelés à choisir les 130 députés de la Chambre dont 15 sièges réservés aux femmes.

Le choix doit se faire parmi 1.674 candidats, dont 360 femmes, sur 294 listes électorales pour un scrutin sans enjeu majeur, le Parlement jouant un rôle limité dans la gouvernance du pays où le roi détient de larges pouvoirs.

Un nouveau gouvernement a prêté serment le 12 octobre, après la démission du précédent faisant suite à la dissolution du Parlement par le roi le 27 septembre, au bout de quatre ans de mandat comme le veut la Constitution. 

Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour reporter les élections en raison de la pandémie, mais le gouvernement a fait savoir que le scrutin serait maintenu.

La Jordanie a été frappée de plein de fouet par le nouveau coronavirus, notamment le secteur vital du tourisme, qui a perdu environ 2,5 milliards d'euros de revenus au cours des huit premiers mois de cette année, et des milliers d'emplois sont désormais menacés.

Parmi les candidats figurent des représentants des principaux clans tribaux, des indépendants et des figures de la gauche ainsi qu'un grand nombre de riches hommes d'affaires.

Première force de l'opposition, le Front de l'action islamique (FAI), branche politique du mouvement des Frères musulmans dissous en juillet, participe notamment à ce scrutin.

La formation disposait de 17 sièges, soit le plus grand nombre de députés, au Parlement sortant qui ne comptait aucun groupe majoritaire.  

Le FAI a promis aux Jordaniens de « continuer à oeuvrer pour les causes nationales, la défense de leurs droits, leur dignité et leur gagne-pain, pour faire face à la corruption et protéger la patrie des dangers ».

Campagnes sans café ni repas

Le roi Abdallah II a appelé à des élections « transparentes » et des mesures pour « protéger la santé des citoyens ». Des dizaines de membres des forces de sécurité doivent être déployés dans les 1.880 bureaux de vote.

« Ce scrutin est particulier, dans un contexte encore plus angoissant pour la population en raison de l'épidémie », souligne l'analyste Oraib Rintawi, du Centre d'études politiques Al-Quds, alors que la Jordanie a enregistré plus de 104.000 cas de Covid-19 et 1181 décès. 

Il s'attend à peu d'affluence aux urnes, surtout que « la majorité des Jordaniens pensent que le Parlement joue un rôle marginal dans le système politique », le gouvernement n'étant pas issu des élections.

« Les gens iront voter pour des raisons tribales, pour un candidat de leur clan ou pour des représentants qui leur fournissent des services », non pas pour des motifs politiques, explique-t-il.

Le désintérêt pour le scrutin est dû aussi à une « crise de confiance entre électeurs et candidats, qui font campagne sur des slogans plutôt que pour défendre un programme clair », souligne le politiste Adel Mahmoud.

En pleine pandémie, la campagne électorale a elle aussi été particulière.

Les rassemblements de plus de 20 personnes ne sont pas autorisés, et les habituelles tentes blanches dans lesquelles des partisans des candidats servaient du café, du « mansaf » et du « kunafa » ont disparu du paysage électoral cette année.

Nombre de candidats ont fait de l'économie leur priorité, dans un pays où le taux de pauvreté s'élève à 15,7% de la population, selon la Banque mondiale.


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.