Les frappes aériennes russes étaient planifiées et non des représailles, selon l’envoyé ukrainien à l’ONU

Sergiy Kyslytsya déclare à Arab News que l’Ukraine est déterminée à vaincre la Russie et à libérer tous ses territoires que Moscou a annexés ou occupés. (Photo, AFP)
Sergiy Kyslytsya déclare à Arab News que l’Ukraine est déterminée à vaincre la Russie et à libérer tous ses territoires que Moscou a annexés ou occupés. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 12 octobre 2022

Les frappes aériennes russes étaient planifiées et non des représailles, selon l’envoyé ukrainien à l’ONU

  • Dans une interview exclusive, Sergiy Kyslytsya déclare à Arab News qu’avec l’aide des alliés occidentaux, une victoire ukrainienne sur les forces russes est «imminente»
  • Il espère que les peuples arabes et musulmans soutiendront son pays dans son combat, précisant que plus de 2,5 millions de musulmans vivaient en Ukraine avant le début de la guerre

WASHINGTON: Mardi, l’ambassadeur ukrainien à l’ONU a condamné la Russie pour les tirs de missiles effectués cette semaine contre plusieurs villes de son pays et a rejeté les affirmations de Moscou selon lesquelles il s’agissait de représailles à l’activité militaire ukrainienne.

Selon lui, ces tirs s’inscrivaient plutôt dans le cadre d’une opération militaire planifiée qui coïncidait avec un changement récent de la direction militaire russe et servait d’outil de propagande.

Dans une interview exclusive, Sergiy Kyslytsya a déclaré à Arab News que l’Ukraine était déterminée à vaincre la Russie et à libérer tous ses territoires que Moscou avait annexés ou occupés. Il a affirmé qu’avec l’aide des alliés occidentaux, une victoire ukrainienne sur les forces russes était «imminente», et que son pays tenait actuellement des pourparlers avec les États-Unis et d’autres pays pour acquérir des systèmes de défense aérienne capables de contrer les frappes aériennes russes.

Les récentes frappes révèlent les conflits internes concernant la guerre au sein de l’armée russe et des autorités politiques du pays, a-t-il ajouté. M. Kyslytsya dit ne pas compter sur les efforts des forces modérées au sein de l’establishment russe pour mettre fin à la guerre, car «l’ensemble de la société russe est malade après deux décennies de construction d’une société dictatoriale», assure-t-il. Du point de vue ukrainien, poursuit-il, il n’y a aucune différence entre les modérés et les partisans de la ligne dure en Russie lorsqu’il s’agit de la guerre contre son pays.

«La Russie est un ennemi de l’Ukraine», souligne-t-il. Dimanche, la Russie a lancé un barrage de missiles à longue portée et des frappes de drones contre plusieurs villes ukrainiennes, dont la capitale, Kiev, ciblant des infrastructures clés. Le gouvernement russe a décrit ces offensives comme des représailles à l’attaque ukrainienne de samedi qui a fait exploser une section d’un pont stratégique reliant la Crimée au continent russe.

Lors d’une allocution télévisée, le président russe, Vladimir Poutine, a précisé que l’armée avait lancé une «frappe massive» sur les «installations énergétiques, de commandement militaire et de communication» de l’Ukraine. Il a indiqué qu’il s’agissait de représailles aux activités «terroristes», faisant notamment référence à l’attaque du pont.

M. Kyslytsya explique à Arab News que, selon le droit international, la Crimée est un territoire ukrainien temporairement occupé et que son pays a donc le droit d’y entreprendre des opérations militaires en cas de légitime défense. Il a établi des parallèles entre le régime russe et l’Allemagne nazie et estime que le pays devrait changer son système politique et adopter la démocratie comme l’ont fait les Allemands après la Seconde Guerre mondiale.

Lorsque Poutine a lancé l’invasion de l’Ukraine en février, il l’a décrite comme une «opération militaire spéciale» destinée à débarrasser son voisin des éléments «nazis» et à installer un gouvernement pro-russe. Selon M. Kyslytsya, la mobilisation actuelle des troupes russes en Biélorussie est un signe que Moscou n’est pas honnête dans sa volonté de trouver une solution pacifique et diplomatique au conflit.

«Je ne vois aucun signe particulier témoignant d’une intention russe sincère de vouloir aller dans le sens d’un règlement pacifique du conflit», note-t-il. L’Ukraine aspire toujours à rejoindre l’Otan et l’UE, ajoute-t-il, mais la Russie n’a aucune raison légitime de craindre l’Ukraine ou l’Otan.

L’envoyé espère que les peuples arabes et musulmans du Moyen-Orient soutiendront son pays dans son combat. Par ailleurs, il précise que plus de 2,5 millions de musulmans vivaient en Ukraine avant le début de la guerre, soit au moins 5% de la population. «La population autochtone de Crimée est composée de Tatars musulmans et je regrette que les musulmans du monde entier ne soutiennent pas leurs frères musulmans en Crimée», lance M. Kyslytsya.

Il a rappelé qu’en raison de son importante population musulmane, l’Ukraine avait demandé le statut d’observateur auprès de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Son pays soutient une solution à deux États au conflit entre les Israéliens et les Palestiniens, ajoute-t-il.

Arab News a contacté l’ambassade de Russie à Washington pour obtenir une réaction aux commentaires de l’ambassadeur ukrainien, mais n’a pas reçu de réponse immédiate.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
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  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".


L'Iran "n'abandonnera pas le Hezbollah", assure le groupe libanais

Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
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  • Le Hezbollah affirme avoir reçu un message iranien confirmant que Téhéran continuera de soutenir le mouvement libanais malgré les tensions régionales et la guerre avec les États-Unis
  • Selon le Hezbollah, la dernière proposition iranienne transmise à Washington via des médiateurs pakistanais inclut un cessez-le-feu au Liban dans le cadre d’un accord visant une “fin permanente” du conflit

BEYROUTH: Le Hezbollah a affirmé samedi qu'un message en provenance de l'Iran montrait qu'il n'abandonnerait pas le groupe libanais pro-iranien, et que la dernière proposition de Téhéran visant à mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis incluait un cessez-le-feu au Liban.

Le Hezbollah a indiqué dans un communiqué que son chef Naïm Qassem avait reçu un message du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, assurant que l'Iran "ne renoncera pas à son soutien aux mouvements qui réclament la justice et la liberté, au premier rang desquels le Hezbollah".

Dans la dernière proposition iranienne transmise à Washington par des médiateurs pakistanais visant à obtenir "une fin permanente" de la guerre, la demande d'inclure le Liban dans le cessez-le-feu a été mise en avant, ajoute le communiqué.