Raffineries: la CGT engage le bras de fer avec le gouvernement

Le dirigeant du syndicat CGT Philippe Martinez (C) s'entretient avec les médias alors qu'il salue les grévistes de la raffinerie de Gravenchon Port-Jérôme, propriété du géant américain Esso-ExxonMobil, à Port-Jérôme, dans le nord de la France, le 12 octobre 2022. (Photo de LOU BENOIST / AFP)
Le dirigeant du syndicat CGT Philippe Martinez (C) s'entretient avec les médias alors qu'il salue les grévistes de la raffinerie de Gravenchon Port-Jérôme, propriété du géant américain Esso-ExxonMobil, à Port-Jérôme, dans le nord de la France, le 12 octobre 2022. (Photo de LOU BENOIST / AFP)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

Raffineries: la CGT engage le bras de fer avec le gouvernement

  • Selon Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, une journée de grève nationale interprofessionnelle pourrait être annoncée jeudi et avoir lieu «dès la semaine prochaine»
  • Une réunion des responsables de fédérations s'est tenue mercredi après-midi au siège de la CGT pour coordonner la réponse cégétiste, suivie jeudi matin d'une réunion avec toutes les unions départementales

PARIS: Face aux réquisitions dégainées par le gouvernement pour contrer la grève dans l'industrie pétrolière, la CGT prépare la riposte et parie sur une extension du mouvement en faveur des hausses salariales, en dépit du mécontentement d'une partie de l'opinion.

"Il y a beaucoup de conflits dans ce pays (...), nous appelons les salariés (...) à se mettre en grève et à amplifier les mobilisations dans les prochains jours", a dit mercredi soir le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, venu soutenir les salariés grévistes d'ExxonMobil à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime).

Le leader du deuxième syndicat français a annoncé le dépôt jeudi d'un recours en référé contre la réquisition de quatre salariés dans cette raffinerie.

Selon Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, une journée de grève nationale interprofessionnelle pourrait être annoncée jeudi et avoir lieu "dès la semaine prochaine".

Une réunion des responsables de fédérations s'est tenue mercredi après-midi au siège de la CGT pour coordonner la réponse cégétiste, suivie jeudi matin d'une réunion avec toutes les unions départementales.

Philippe Martinez a évoqué mercredi soir la grève en cours des salariés chargés de la maintenance dans les centrales nucléaires et ajouté que les cheminots étaient "en train de discuter de modalités".

Il s'est aussi félicité que FO, quatrième syndicat parmi les salariés du raffinage chez TotalEnergies, ait rejoint la grève.

"Cette grève doit faire tâche d'huile", a enjoint sur les réseaux sociaux Emmanuel Lépine, le secrétaire général de la Fnic-CGT (fédération nationale des industries chimiques).

"Les réquisitions mettent le feu aux poudres", a de son côté estimé Benoît Martin (CGT de Paris), au cours d'un rassemblement qui a réuni mercredi soir sur le parvis de l'Hôtel de Ville des militants CGT, FO, Solidaires et de nombreux responsables politiques de gauche dont Jean-Luc Mélenchon.

L'opinion, partagée

Il y a en revanche peu de chances que la CFDT ou la CFTC rejoignent le mouvement, l'une et l'autre s'étant désolidarisée ce week-end des grèves chez TotalEnergies, qualifiées de "préventives".

Des responsables syndicaux "réformistes" mettent en exergue sous couvert d'anonymat les enjeux internes qui sous-tendent le conflit, la Fédération de la chimie, opposée à la ligne de Philippe Martinez, ayant à cœur selon eux de marquer des points auprès des militants à quelques mois du Congrès de la CGT, programmé en 2023.

"Ce mouvement a été piloté par les travailleurs. Je rêverais qu'il y ait un bouton où on appuie pour déclencher les grèves", balaye Amar Lagha, de la CGT Commerces.

Si la centrale de Montreuil n'a pas déclenché ni même vu venir le mouvement --"peut-être qu'on ne pensait pas que ça allait prendre comme ça", glisse Mme Verzeletti--, elle est bien décidée désormais à enfourcher la monture pour partir au combat.

"On va accélérer notre processus de mobilisation", dit la dirigeante syndicale. De nombreux militants syndicaux seront comme elle présents à la manifestation "contre la vie chère" organisée par la Nupes dimanche, avant peut-être l'organisation d'une journée commune des partis de gauche et des syndicats, plus tard.

La CGT ne craint-elle pas avec ces grèves et manifestations de se mettre à dos les Français, pour beaucoup excédés des difficultés à faire le plein ?

"Bien sûr que quand on fait une heure de queue à la station service on est énervé. Mais la question du partage des richesses est dans la tête de tout le monde", répond Mme Verzeletti.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, une courte majorité de Français approuvent la mobilisation des salariés de TotalEnergies et ExxonMobil (42% approuvent, 40% désapprouvent, 18% y sont indifférents).

Pour le politologue Dominique Andolfatto, la CGT "sait qu'elle clive". Mais elle "fait sans doute le calcul que c'est plutôt positif pour elle", notamment "vis-à-vis de sa base et des soutiens".

Un ministre voit de son côté la CGT jouer un "jeu politique" par rapport à la manifestation de dimanche. Elle n'y "participe pas" mais "se dit que dans le climat social, c'est bien d'allumer des mèches".


En images: Le 3e round dans la rue contre la réforme des retraites

Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
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  • Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle
  • De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille

PARIS: Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle, tandis que les syndicats se montrent déterminés à poursuivre l'épreuve de force.

De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille.

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Avant le départ, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à durcir le mouvement par des grèves "plus dures, plus massives, plus nombreuses", car "si le gouvernement persiste à ne pas écouter, forcément il faudra monter d'un cran". (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)

 

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Un graffiti réclamant l'âge de la retraite à 60 ans est pulvérisé sur une statue à l'extérieur de la place du Palais Bourbon, devant l'Assemblée nationale lors de manifestations de militants de l'association ATTAC. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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Les manifestants se rassemblent place de l'Opéra avant le début de la manifestation, à Paris. (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)
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Le cortège à Montpellier, dans le sud de la France. (Photo Pascal GUYOT / AFP)
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Un manifestant lance un projectile de gaz lacrymogène lors de la manifestation à Nantes, dans l'ouest de la France, le 7 février 2023. (Photo LOIC VENANCE / AFP)
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Dans le cortège à Bordeaux. (Photo by THIBAUD MORITZ / AFP)
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Le cortège au Vieux Port de Marseille, dans le sud de la France. (Photo CHRISTOPHE SIMON / AFP)

 

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Le cortège à Nantes. (Photo LOIC VENANCE / AFP)

 

 


Passage à tabac mortel diffusé sur TikTok: deux interpellations à Lyon

Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
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  • Les enquêteurs ont trouvé «le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante»
  • Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi

LYON : La police lyonnaise a arrêté deux hommes suspectés d'avoir passé à tabac un homme de 54 ans retrouvé mort dans un appartement, des violences filmées et diffusées sur le réseau social TikTok, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Lyon.

Vendredi dernier, la plateforme Pharos, sur laquelle le grand public peut signaler les comportements et contenus illicites, a alerté sur la diffusion d'une vidéo "représentant une scène de violence impliquant un homme gisant au sol, partiellement dénudé et victime de coups", a expliqué le parquet .

La vidéo, prise dans l'après-midi de vendredi, laisse apparaître deux agresseurs.

Une enquête de flagrance a été immédiatement ouverte et confiée à la police judiciaire pour "actes de torture et de barbarie en bande organisée et séquestration en bande organisée".

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'enquête a permis de localiser un appartement situé dans le centre de Lyon, "susceptible d'être le lieu de commission des faits", comme l'écrit le parquet.

Dans le salon du logement, les enquêteurs ont trouvé "le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante".

Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi.

L'enquête se poursuit "du chef de meurtre en bande organisée" afin de déterminer les circonstances et le mobile des faits.


Le Sénat examine un texte appelant au renforcement de l'aide à l'Ukraine

Le Sénat à majorité de droite devrait voter mardi une proposition de résolution réaffirmant son soutien à l'Ukraine et appelant le gouvernement à renforcer l'aide fournie (Photo, AFP).
Le Sénat à majorité de droite devrait voter mardi une proposition de résolution réaffirmant son soutien à l'Ukraine et appelant le gouvernement à renforcer l'aide fournie (Photo, AFP).
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  • Le Sénat se prononcera par un vote sur cette proposition de résolution, à l'issue d'une prise de parole de chacun des groupes politiques
  • Par ce texte, le Sénat entend réaffirmer «son plein soutien à l’indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l’Ukraine»

PARIS: Le Sénat à majorité de droite devrait voter mardi une proposition de résolution réaffirmant son soutien à l'Ukraine et appelant le gouvernement à renforcer l'aide fournie, "en particulier les livraisons d'armes".

Ce texte sans valeur contraignante, proposé par le président du groupe Les Indépendants Claude Malhuret, a été inscrit à l'ordre du jour à la demande du président LR du Sénat Gérard Larcher. Il est cosigné notamment par les présidents des groupes LR Bruno Retailleau, centriste Hervé Marseille, RDPI à majorité Renaissance François Patriat et RDSE à majorité radicale Jean-Claude Requier.

Le Sénat se prononcera par un vote sur cette proposition de résolution, à l'issue d'une prise de parole de chacun des groupes politiques.

Par ce texte, le Sénat entend réaffirmer "son plein soutien à l’indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières reconnues au niveau international par le mémorandum de Budapest de 1994, confirmé par la Fédération de Russie en 2009".

Le texte "invite" notamment le gouvernement "à poursuivre et à renforcer, de manière significative, son soutien politique, économique, militaire, technique et humanitaire afin d’aider l’Ukraine à se défendre contre la guerre d’agression russe (...)" et "en lien avec ses partenaires européens, à poursuivre et à renforcer en particulier les livraisons d’armes à l’Ukraine, dans les domaines identifiés comme les plus nécessaires par les autorités ukrainiennes".

A l'occasion de l'intervention de Rouslan Stefantchouk, président de la Rada, le parlement de l'Ukraine, dans l'hémicycle du Sénat mercredi dernier, Gérard Larcher avait affirmé que "l’Ukraine doit être en capacité non seulement de résister, mais aussi de prendre l’avantage stratégique. Nous devons l’y aider".

Le texte invite aussi, entre autres, le gouvernement et l'Union européenne "à favoriser toute initiative destinée à élucider et à juger les faits susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par la Fédération de Russie".