Les Russes qui s'opposent à la guerre gonflent la demande d'asile en France

Des jeunes hommes marchent devant un panneau d'affichage faisant la promotion du service militaire contractuel avec l'image d'un militaire et le slogan "Servir la Russie est un vrai travail" à Saint-Pétersbourg le 29 septembre 2022.  (Photo de Olga MALTSEVA / AFP)
Des jeunes hommes marchent devant un panneau d'affichage faisant la promotion du service militaire contractuel avec l'image d'un militaire et le slogan "Servir la Russie est un vrai travail" à Saint-Pétersbourg le 29 septembre 2022. (Photo de Olga MALTSEVA / AFP)
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Publié le Jeudi 13 octobre 2022

Les Russes qui s'opposent à la guerre gonflent la demande d'asile en France

  • Trois semaines après l'appel de Vladimir Poutine à la «mobilisation partielle» pour les Russes et sept mois après le début du conflit, les premières secousses sont ressenties sur le système d'asile français
  • Une chose est sûre, reprend-on à l'Ofpra, l'augmentation des demandes est intimement liée à l'invasion de l'Ukraine et à l'appel à la mobilisation

PARIS: Déserteurs ou simples citoyens opposés à la guerre en Ukraine, un nombre croissant de personnes fuient la main du Kremlin pour venir gonfler les rangs des demandeurs d'asile russes en France, alors que leur accueil divise l'Europe.

Trois semaines après l'appel de Vladimir Poutine à la "mobilisation partielle" pour les Russes et sept mois après le début du conflit, les premières secousses sont ressenties sur le système d'asile français.

"Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, on observe bien une tendance à la hausse: sur les huit premiers mois de l'année, l'Ofpra a enregistré 1.420 demandes d'asile de ressortissants russes", indique à l'AFP cet organe chargé d'attribuer le statut de réfugié.

Soit, entre janvier et fin août, presque autant de demandes que sur l'ensemble de l'année précédente (1.495), alors que le conflit a démarré fin février.

Une accélération notée même s'"il y a toujours un temps entre un fait et sa répercussion devant l'Ofpra", relève-t-on à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. "Mais la tendance est là", poursuit l'agence.

Et elle s'accentue, confirme le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) Didier Leschi, dont les guichets enregistrent les dossiers ensuite traités par l'Ofpra.

Entre août et septembre, "il y a une augmentation de 17%", dit-il, rappelant que l'ordre de mobilisation a été émis le 21 septembre, avec des répercussion qui ne seront connues qu'en octobre.

«Crainte de la conscription»
Une chose est sûre, reprend-on à l'Ofpra, l'augmentation des demandes est intimement liée à l'invasion de l'Ukraine et à l'appel à la mobilisation: "La crainte de la conscription ou de la mobilisation forcée pour prendre part aux combats en Ukraine ou la manifestation d'une opposition politique au conflit par tout moyen sont invoquées dans les demandes d'asile les plus récentes".

Plus marginalement, certaines personnes invoquent une "origine ethnique ukrainienne" ou le fait d'être au sein d'un couple mixte pour réclamer protection.

Un mouvement également observé depuis plusieurs mois au sein des zones d'attente aux frontières, notamment dans les aéroports, où sont placés les étrangers non-admis dans un premier temps sur le territoire, abonde l'Anafé (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers).

"Il y a d'abord eu les personnes qui contestaient d'une façon ou d'une autre la guerre en Ukraine, même juste sur les réseaux sociaux. Maintenant, on a des gens qui fuient la mobilisation", rapporte Charlène Cuartero Saez, une responsable de l'association, selon laquelle une dizaine de Russes étaient retenus pour la seule journée de mardi à l'aéroport parisien de Roissy.

C'est dans cette même zone d'attente de Roissy que l'AFP avait rencontré fin août le soldat russe Pavel Filatiev, qui avait combattu deux mois en Ukraine avant de dénoncer l'offensive du Kremlin dans un long récit publié sur internet et de venir demander asile en France.

Pour et contre

"Quand j'ai appris que le commandement demandait à ce que je sois condamné à quinze ans de prison pour informations mensongères (contre l'armée russe, NDLR), j'ai compris que je n'arriverais à rien ici et que mes avocats ne pourraient rien pour moi en Russie", avait-il raconté.

Le sort et l'accueil des Russes fuyant leur pays divise profondément l'Europe, qui a offert une protection inédite aux réfugiés ukrainiens mais qui, sur ce dossier, est tiraillée entre volonté de soutenir l'opposition à Vladimir Poutine et les craintes notamment en matière de sécurité.

L'Allemagne s'est dite prête à ouvrir ses portes mais plusieurs pays baltes et la Pologne s'y sont montrés hostiles, tandis que la Commission européenne a évoqué une "question délicate".

La Finlande, limitrophe, a vu le nombre d'entrées de citoyens russes doubler en quelques heures après l'annonce de la mobilisation et a elle aussi voulu limiter "significativement" ces arrivées.

La France, elle, veut maintenir un "accueil selon les conventions internationales", selon la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Catherine Colonna, fin septembre.

"Le droit d'asile est en France constitutionnellement reconnu et donc chaque dossier pourra être examiné", avait-elle déclaré. Un examen "sur la base d'une situation individuelle", donc. Tout l'inverse de la "protection temporaire" accordée à tous les Ukrainiens en fuite.


Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic. (AFP)
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  • D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger
  • Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

NANTES: Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé vendredi la mort d'un adolescent de 15 ans à Nantes, dans une fusillade "manifestement liée au trafic de drogue", affirmant sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

"Cette guerre on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Oui le combat est compliqué mais on ne perdra pas cette guerre", a martelé le ministre, depuis le lieu de la fusillade survenue jeudi soir, où il est arrivé en fin de matinée.

D'après Laurent Nuñez, le bilan du drame dans le quartier populaire de Port-Boyer, au nord de Nantes, s'élève donc à un jeune décédé et deux autres grièvement blessés mais dont les jours ne sont pas en danger.

Adolescent tué à Nantes: Nuñez promet de poursuivre la guerre contre le narcotrafic

Une cellule psychologique du Samu a été mise en place dans le quartier, a constaté l'AFP.

Jeudi, vers 19H30, deux individus "cagoulés" sont arrivés et ont ouvert le feu "un peu à l'aveugle" sur un groupe de jeunes adolescents, dans ce quartier hérissé de barres d'immeubles construites au milieu de la verdure au bord d'une rivière, a rappelé le ministre.

Si les motifs de la fusillade sur ce point de deal sont "très probablement liés" au narcotrafic, Laurent Nuñez a insisté sur le fait que rien n'indiquait que les adolescents visés par les tirs "et a fortiori" celui qui est décédé étaient liés au trafic.

Ce point de deal est "très convoité", la police ayant interpellé cinq personnes en mars et "quand on déstabilise les territoires, on crée des guerres de territoire", a expliqué le ministre, faisant le parallèle avec des faits récemment survenus à Nice et près de Lyon.

Le 11 mai à Nice, en plein après-midi, un homme déposé en voiture avec une trottinette avait tiré par rafales en direction d'un groupe devant un café et un magasin de bonbons, tuant deux pères de familles de 57 ans et 39 ans. Il avait aussi blessé six personnes, dont trois grièvement.

Le même jour, à Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, un incendie "d'intimidation" a conduit à la mort de trois personnes, "qui n'avaient rien à voir avec le trafic de stupéfiants", a rappelé M. Nuñez.

"Très peur" 

"Il y a des drames qui se produisent", mais "il faut continuer à déstabiliser, à démanteler des réseaux. Ce qui s'est passé hier renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante" contre le narcotrafic, a-t-il encore déclaré, après avoir échangé avec des habitants et la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Vendredi matin, trois impacts de balles sont toujours visibles dans la porte d'entrée de l'immeuble du 3 rue de Pornichet, où les tirs se sont produits.

Une habitante de l'immeuble a décrit à l'AFP, sous couvert d'anonymat, comment elle a découvert l'un des adolescents touchés par balle "qui ne respir(ait) plus", disant avoir pensé à lui "toute la nuit".

Une voisine "envisage de quitter le quartier où elle a grandi". Son petit garçon de 10 ans a dit avoir "très peur". "Ça m'inquiète, j'en ai assez de tout ça", se désole le garçonnet qui ne veut plus dormir qu'au côté de sa mère depuis les premiers coups de feu entendus dans le quartier il y a plusieurs semaines.

Le trafic s'est "installé petit à petit", a témoigné auprès de l'AFP Cécile, sexagénaire qui habite rue de Pornichet "depuis 1995" et qui se dit "profondément choquée".

"Depuis quelques années et surtout quelques mois, on voit bien que ça craint en fait et là ça fait vraiment peur à tout le monde", a-t-elle ajouté, observant depuis peu des personnes différentes, "des plus grands, cagoulés, tout en noir".

Le chiffre d'affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à 6,8 milliards d'euros, soit trois fois plus qu'en 2010, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.