Au Lesotho, les folles courses à cheval dans les montagnes

Des spectateurs regardent des cavaliers du Lesotho chevauchant des poneys Basotho participer à une course de chevaux traditionnelle à Semonkong, une ville isolée dans les montagnes Maluti, le 15 octobre 2022. (AFP).
Des spectateurs regardent des cavaliers du Lesotho chevauchant des poneys Basotho participer à une course de chevaux traditionnelle à Semonkong, une ville isolée dans les montagnes Maluti, le 15 octobre 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 15 octobre 2022

Au Lesotho, les folles courses à cheval dans les montagnes

  • Dans les montagnes vertes en spirales aux paysages ponctués de maisonnettes en pierres à toit de chaume, les hommes se déplacent partout à cheval dans les chemins caillouteux
  • Certains villages à l'accès abrupt ne sont pas accessibles autrement. Les ânes transportent les marchandises

SEMONKONG : Sur leur monture élancée, les cavaliers des villages isolés des somptueuses montagnes du Lesotho ont convergé samedi vers les sommets. Dans le royaume reculé d'Afrique australe, la course à cheval est une tradition centenaire, perpétuée par le peuple de bergers.

A plus de 2 200 mètres d'altitude, sur les hauts plateaux de Semonkong, la nature intacte est perpétuellement plongée dans la brume. Les impressionnantes chutes de Maletsunyane, parmi les plus grandes d'Afrique, créent un brouillard permanent avec des eaux tombant d'une montagne de 192 mètres dans une gorge spectaculaire.

C'est ici, sous le soleil pâle de midi, que les pâtres sotho, la plus grande ethnie du pays enclavé de 2,2 millions d'habitants, ont décidé de faire s'affronter leurs puissants chevaux. Les équidés sont arrivés au XIXe siècle avec les colons européens dans l'ancien protectorat britannique, indépendant depuis 1966.

Les bergers ont adopté ces montures, réputées pour leur endurance, pour conduire moutons et chèvres à flanc de montagne. La race a été baptisée "poney basotho", bien que ces chevaux aient une taille moyenne.

Dans les montagnes vertes en spirales aux paysages ponctués de maisonnettes en pierres à toit de chaume, les hommes se déplacent partout à cheval dans les chemins caillouteux. Certains villages à l'accès abrupt ne sont pas accessibles autrement. Les ânes transportent les marchandises.

"C'est une nécessité absolue dans la vie de tous les jours. Il y a des endroits où vous ne pouvez pas aller autrement", explique Motlatsi Manaka, un éleveur de 45 ans.

Enveloppés dans de lumineuses couvertures traditionnelles, les groupes de plusieurs dizaines d'hommes affluent. Les bêtes sont brossées, leur crinière tressée, parfois taillée. Certains scandent des litanies vantant les mérites de leurs montures entraînées pendant des mois, voire des années: "Mon cheval sera vainqueur, aucun adversaire ne peut lui résister".

Pas froid aux yeux

La course la plus prestigieuse est organisée en juillet, pour l'anniversaire du roi Letsi III, monarque sans pouvoir dans la petite monarchie constitutionnelle.

Mais dans les montagnes, hors temps de Covid, les courses ont lieu tout au long de la saison sèche correspondant de mai à septembre à l'hiver austral.

"L'annonce d'une prochaine course s'est propagée comme une traînée de poudre de village en village", indique Jonathan Halse, 52 ans, qui tient une auberge dans ce coin où beaucoup de choses fonctionnent au bouche-à-oreille.

Il a mis l'équivalent de 280 euros sur la table pour sponsoriser la compétition, divisée en plusieurs catégories selon l'âge des chevaux. Les prix vont de 72 à 135 euros, plus les mises. Dans la foule de quelques centaines de personnes assises sur de grosses pierres, des paquets de billets passent de main en main, les paris vont bon train.

Au Lesotho, pays parmi les plus pauvres de la planète où le salaire moyen est inférieur à 150 euros, ces courses sont une bonne source de revenus pour les éleveurs.

La plupart des propriétaires de chevaux sont des bergers qui gagnent leur vie en vendant la laine de leurs troupeaux. La saison annuelle de la tonte vient d'ailleurs de commencer. La laine est triée dans une grange de la région, sur des tables grillagées, selon la longueur et l'épaisseur de la fibre. Les bergers reçoivent en moyenne l'équivalent de 3 euros par kg.

Les jockeys sont sélectionnés parmi les jeunes garçons des villages. La plupart n'ont pas 20 ans, un corps léger et pas froid aux yeux.

"Je peux aller vite, très vite", lance avec un air de défi Tsaeng Masotsa, 17 ans, avant de rejoindre la ligne de départ. Il est payé un peu plus de 5 euros par un propriétaire pour courir sur une jument de trois ans.

Lancés à une vitesse folle, les chevaux ont la silhouette qui s'allongent au loin, sur le parcours en courbe. Les cavaliers cravachent, certains frappent l'encolure de la main. Le tracé sur un chemin de terre est long d'un peu plus d'un kilomètre.

Derrière la ligne d'arrivée marquée par un tas de pierres, la foule exaltée siffle et crie.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".