Quand les usines s'arrêtent: l'Allemagne angoissée par la désindustrialisation

De la fumée s'échappe d'une cheminée de l'usine sidérurgique d'ArcelorMittal près du port de Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 octobre 2022 (Photo, AFP).
De la fumée s'échappe d'une cheminée de l'usine sidérurgique d'ArcelorMittal près du port de Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 19 octobre 2022

Quand les usines s'arrêtent: l'Allemagne angoissée par la désindustrialisation

  • A cause de l'arrêt d'une des unités de production, les 530 salariés de l'aciérie de Hambourg sont en chômage partiel depuis début octobre
  • Des mesures similaires ont été prises dans plusieurs usines européennes du groupe ArcelorMittal

HAMBOURG: A Hambourg, l'une des deux cheminées de l'aciérie ArcelorMittal ne crache plus de fumée en raison de coûts énergétiques trop élevés, comme un symbole de la menace existentielle qui pèse sur l'industrie allemande.

La première économie européenne va non seulement entrer en récession, avec une contraction de 0,4% du PIB attendue par le gouvernement, mais elle est confrontée à un risque de plus long terme: voir des pans entiers de son secteur manufacturier asphyxiés par la flambée de prix.

A cause de l'arrêt d'une des unités de production, les 530 salariés de l'aciérie de Hambourg sont en chômage partiel depuis début octobre.

Des mesures similaires ont été prises dans plusieurs usines européennes du groupe ArcelorMittal.

"Le gaz est un élément essentiel du processus" mené dans les cuves de l'usine, explique à l'AFP Uwe Braun, le PDG du site.

Or la facture a été multipliée "par sept" par rapport à la période précédant l'invasion russe de l'Ukraine.

Impossible, dans ces conditions, de continuer à alimenter l'ensemble de cet ogre énergétique, consommant deux terrawattheures de gaz et un terrawattheure d'électricité par an- l'équivalent d'une ville moyenne.

«Pas d'avenir ici»

Les signaux d'alarme se multiplient dans les entreprises de taille moyenne: le fabricant de papier toilette Hakle et l'équipementier automobile Dr. Schneider ont récemment déposé le bilan. Important producteur d'ammoniac, le fabricant SKW Piesteritz a stoppé sa production durant trois semaines, à cause des prix du gaz, avant de redémarrer.

"Nous vivons actuellement une sévère crise énergétique, qui se transforme de plus en plus en crise économique", a résumé mercredi le ministre allemand de l'Economie Robert Habeck.

"Le risque que l'économie allemande perde du terrain dans la compétition mondiale grandit", a renchéri le lobby industriel BDI dans un communiqué.

Dans une Allemagne ayant échappé aux vagues de désindustrialisation qui ont touché l'Europe ces dernières décennies, l'industrie est un pilier de la prospérité du pays, où elle représente encore 22% du PIB, contre 13% en France.

"Le modèle économique de l'Allemagne consistait à acheter de l'énergie peu chère et des produits intermédiaires pour faire des voitures et des machines outils (...) exportés aux Etats-Unis", explique à l'AFP Jens Oliver Niklasch, analyste pour la banque LBBW.

Or, les "fondations (de ce modèle) craquent", ajoute-t-il.

Les groupes qui en ont les moyens pourraient être tentés de délocaliser

"Beaucoup de PME (...) qui n'ont parfois aucun site de production en dehors d'Allemagne me disent maintenant qu'elles n'ont pas d'avenir ici", a récemment lâché Siegfried Russwurm, président du BDI.

Car les experts préviennent : les prix du gaz dans une Europe sevrée de livraisons russes ne redescendront pas à leur niveau d'avant l'invasion de l'Ukraine et l'industrie doit s'habituer à cette "nouvelle normalité".

Un bouleversement dans un pays comme l'Allemagne, où les secteurs de l'acier, la chimie, le papier, le verre, se découvrent vulnérables. Leur production a chuté de 9% depuis février.

Concurrence américaine 

A l'extérieur de l'aciérie d'Arcelormittal, couleur ocre, des milliers de minerais de fer, en forme de boule, s'entassent pour l'instant en pyramide, en attendant la réouverture de l'usine.

"Avec les prix de l'énergie que nous anticipons, on peut se demander si l'usine pourra fonctionner l'année prochaine", s'inquiète Ansgar Juechter, directeur de la production.

Auparavant, l'aciérie produisait 1 million de tonnes d'acier par an, à destination notamment de l'automobile, branche phare de l'industrie allemande.

Si rien n'est fait "il est clair que certaines parties des productions les plus consommatrices seront délocalisées", selon Uwe Braun.

"Il est probable que l'industrie allemande se sépare de ses branches les plus intensives en énergie", abonde Jens Oliver Niklash.

Les Etats-Unis, où les prix du gaz restent plus faibles grâce à une production domestique abondante, pourraient être une destination de choix, selon l'expert.

"Je n'envisage pas de délocalisation générale" car "le prix du gaz devrait se stabiliser à moyen terme, même si le coût restera plus élevé qu'avant la crise", affirme Stefan Kooths, économiste pour l'IFW Kiel.

Pour atténuer le choc sur son économie, le gouvernement allemand a annoncé la semaine dernière un plan à 200 milliards d'euros pour financer un bouclier sur les tarifs de l'énergie bénéficiant aux ménages et aux entreprises.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.