Bloquée en Russie, la radio «Echo de Moscou» renaît depuis Berlin

Une femme regarde des affiches honorant les militaires russes, y compris ceux qui participent à l'action militaire en cours en Ukraine, au parc Muzeon à Moscou le 19 octobre 2022. (AFP)
Une femme regarde des affiches honorant les militaires russes, y compris ceux qui participent à l'action militaire en cours en Ukraine, au parc Muzeon à Moscou le 19 octobre 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 20 octobre 2022

Bloquée en Russie, la radio «Echo de Moscou» renaît depuis Berlin

  • L'emblématique station de radio Echo de Moscou avait annoncé début mars sa dissolution face au tour de vis intérieur qui a accompagné l'offensive russe en Ukraine.
  • Certains de ses membres sont depuis parvenus à gagner d'autres pays, comme la Lituanie, la Lettonie, la Géorgie ou encore l'Allemagne

BERLIN: Bloquée en Russie depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la radio "Echo de Moscou" a repris ses émissions depuis Berlin pour combattre la "propagande" du régime de Vladimir Poutine.

L'emblématique station de radio Ekho Moskvy (Echo de Moscou) avait annoncé début mars, comme d'autres médias indépendants russes, sa dissolution face au tour de vis intérieur qui a accompagné l'offensive russe en Ukraine.

Certains de ses membres sont depuis parvenus à gagner d'autres pays, comme la Lituanie, la Lettonie, la Géorgie ou encore l'Allemagne.

C'est notamment le cas du rédacteur en chef adjoint, Maxim Kournikov, 38 ans, qui a gagné Berlin et est parvenu à produire un flux audio accessible sur une application.

Succès des téléchargements 

"Ca fonctionne comme une radio", explique-t-il à l'AFP à propos de ce nouveau média, simplement baptisé "Echo" et dont les émissions ont démarré lundi.

Le succès a été immédiat, selon son concepteur, qui assure faire partie des applications parmi les plus téléchargées en Russie. Les autorités de Moscou ont bien tenté de la bloquer au bout de quelques jours mais sans succès.

Environ 125 personnes travaillaient jusqu'à début 2022 en Russie pour "Echo Moskvy". Parmi ceux qui sont parvenus à quitter le pays, nombre de journalistes ont alors tenté de poursuivre leur travail via Youtube.

"Nous avons réuni toutes les chaînes Youtube de notre équipe et en avons fait un flux audio", explique M. Kournikov. L'équipe parvient ainsi à proposer des émissions en direct pendant dix à douze heures par jour. Des rediffusions complètent la grille le reste du temps.

Un site internet et deux canaux Telegram font également partie du nouveau projet, accessible en Russie via l'application et sans même à avoir à modifier le VPN pour contourner le blocage des sites.

"Nous voulons proposer à nos lecteurs et auditeurs une photographie complète de ce qui se passe en Russie", explique M. Kournikov.

Au total, 20 journalistes participent actuellement au projet, qui pourrait encore être rejoint prochainement par une dizaine d'autres personnes, selon M. Kournikov. La moitié de l'équipe devrait travailler depuis la capitale allemande dans des bureaux et même un studio, financés par des dons.

L'écrivain allemand d'origine russe Vladimir Kaminer, auditeur fidèle de la radio, a apporté une aide active au nouveau projet. Lorsqu'il a appris que M. Kournikov se trouvait en Allemagne, il l'a fait venir à Berlin.

"J'ai pensé que ce serait formidable que quelqu'un s'adresse aux Russes depuis l'Europe", explique l'écrivain de 55 ans, dénonçant "l’innommable propagande d'Etat" qui a accompagné l'invasion de l'Ukraine.

La menace de la mobilisation 

Le début de l'offensive russe et la répression pénale de toute critique visant l'armée ou la politique de M. Poutine a conduit de nombreux médias à la suspension et l'exil.

La chaîne de télévision indépendante Dojd a ainsi interrompu son activité après le blocage de son site. Le site d'information Znak a suivi cet exemple.

Le site The Village, qui était une référence sur l'agenda culturel à Moscou, a de son côté pris la décision de délocaliser son activité à Varsovie, en Pologne. Novaïa Gazata, dont le rédacteur en chef a reçu le prix Nobel de la Paix en 2021, propose lui une nouvelle édition depuis Riga.

Mais tous les journalistes n'ont pas quitté la Russie. Le rédacteur en chef d'Echo de Moscou, Alexeï Venediktov, est par exemple resté en Russie d'où il gère une chaîne Youtube qui fait également partie du nouveau projet.

"Le fait que nous ayons encore des voix en Russie est le plus important pour nous", souligne M. Kournikov.

Celui-ci est cependant forcé de rester pour le moment à Berlin d'où il anime aussi un format pour la chaîne de télévision du quotidien populaire Bild, diffusé sur des canaux Youtube et Telegram en langue russe.

En Russie, le journaliste a en effet dénoncé l'offensive, ce qui est devenu un délit passible de prison. M. Kournikov est de surcroît officier de réserve et serait donc très probablement mobilisé pour participer à une guerre contre laquelle il se bat.


Le Canada en deuil après une rare tuerie qui a fait neuf morts

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  • L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain
  • D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé

MONTREAL: Le Canada est "en deuil", a déclaré mercredi le Premier ministre Mark Carney au lendemain d'une tuerie qui a fait neuf morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.

Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain.

D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police.

Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

Vingt-sept personnes ont également été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

"Horreur" 

Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada.

"Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province David Eby se rendent mercredi au chevet de la ville.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a affirmé le président français Emmanuel Macron sur X.

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge.

"Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

"Scène épouvantable" 

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté.

La première alerte en début d'après-midi concernait un tireur dans l'école. Arrivées sur place, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle est décédée durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué.

Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1.500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).


Israël avance «vers une annexion de facto» de la Cisjordanie, dénonce Berlin

L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
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  • L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto"
  • "Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies"

BERLIN: L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère, alors que les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens.


L'UE doit éliminer les entraves qui l'empêchent d'être un "géant mondial", dit von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
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  • Ursula von der Leyen appelle l’UE à éliminer les obstacles internes au marché unique, notamment la fragmentation du secteur financier, afin de renforcer la compétitivité, faciliter l’accès aux capitaux et faire de l’Europe un « vrai géant mondial »
  • Elle défend la simplification réglementaire, la poursuite des accords de libre-échange et propose un nouveau statut paneuropéen pour les entreprises (« EU Inc »), tout en ouvrant la voie à des coopérations renforcées et en relançant le débat sur une « pré

STRASBOURG: L'Europe doit "éliminer les entraves" internes à sa compétitivité, si elle veut devenir "un vrai géant mondial", a plaidé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, à la veille d'un sommet de l'UE.

Citant l'exemple de la fragmentation "sous stéroïdes" du secteur financier européen, la dirigeante a appelé à parachever au plus vite l'intégration du marché unique, en éliminant "un par un" les obstacles qui nuisent à l'activité économique au sein de l'UE.

"Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année", a-t-elle lancé aux eurodéputés réunis à Strasbourg, appelant également à poursuivre la conclusion d'accords de libre-échange et la "simplification" réglementaire pour libérer le potentiel de croissance de l'économie.

Les dirigeants des 27 se réunissent jeudi au château d'Alden Biesen en Belgique pour un sommet consacré à la compétitivité de l'économie européenne.

Plusieurs d'entre eux, dont Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz participeront en outre à un sommet mercredi à Anvers avec des responsables de l'industrie européenne.

Parmi les sujets qui seront au menu de de ces réunions figure l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure de soutien au "Made in Europe" qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir majoritairement en composants fabriqués en Europe.

La présidente de la Commission, qui avait défendu lundi cette mesure chère à la France, mais critiquée par d'autres pays, a assuré qu'il n'était pas question d'imposer une solution "toute faite" à l'ensemble de l'UE.

La responsable a par ailleurs ouvert la porte à des "coopérations renforcées" en matière de compétitivité, c'est-à-dire des réformes qui seraient menées dans certains pays volontaires, plutôt qu'à l'échelle des 27, comme le permettent les traités européens dans certains domaines.

Enfin, elle a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet de création d'un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé "EU Inc".

Ce statut, également appelé le "28e régime", leur permettrait d'exercer leurs activités dans l'ensemble de l'UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs.