Tunisie: Sfax malade de ses déchets ménagers

Un homme marche le long d'une rue devant des sacs d'ordures empilés dans le centre de la ville côtière de Sfax, à environ 270 kilomètres au sud-est de la capitale tunisienne, le 6 novembre 2021.  (Photo de HOUSSEM ZOUARI / AFP)
Un homme marche le long d'une rue devant des sacs d'ordures empilés dans le centre de la ville côtière de Sfax, à environ 270 kilomètres au sud-est de la capitale tunisienne, le 6 novembre 2021. (Photo de HOUSSEM ZOUARI / AFP)
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Publié le Vendredi 21 octobre 2022

Tunisie: Sfax malade de ses déchets ménagers

  • Le comité consultatif, chargé le 26 juillet 2022 par le gouverneur, Fakher Fakhfakh, de proposer une solution à la crise des déchets ménagers qui perdurait depuis plus d’un an, a rendu sa copie
  • Le comité d’experts est conscient que la concrétisation de ce processus «dépend du respect par l’État de ses engagements», notamment d’un point de vue financier

TUNIS: Le gouvernement ayant tardé à mettre en place une solution de rechange à une décharge qui devait fermer en 2013, ce gouvernorat de l’est du pays ne sait plus que faire de ses déchets ménagers depuis plus d’un an.

Le 4 octobre 2022 entrera-t-il dans l’Histoire comme le jour de la délivrance pour Sfax? Peut-être. En ce premier mardi d’octobre, le comité consultatif, chargé le 26 juillet 2022 par le gouverneur, Fakher Fakhfakh, de proposer une solution à la crise des déchets ménagers qui perdurait depuis plus d’un an, a rendu sa copie.
Il propose «un processus participatif pour gérer la crise des déchets à Sfax englobant les différents aspects, technique, économique, juridique, réglementaire et environnemental».

Alors qu’ils avaient trois mois pour s’acquitter de cette mission, les experts ont remis leurs recommandations trois semaines avant la date limite. Car ils agissaient dans l’urgence.
Dans le gouvernorat de Sfax, deuxième pôle économique du pays, l’exaspération de la population – près d’un million d’habitants – est à son comble, car cette n’a que trop duré.

Tout commence le 27 septembre 2021. Ce jour-là, la décharge d’El-Guenna, à Agareb, une localité de l’ouest du gouvernorat, où étaient traitées jusqu’alors les déchets ménagers de la région, est fermée pour avoir atteint les limites de sa capacité. Mais les autorités n’ayant pas mis en place une solution de rechange, Sfax devient un véritable dépotoir.

Créée en 2008, la décharge d’El-Guenna devait être fermée en 2013, ce qui supposait et imposait aux autorités de mettre en place dans l’intervalle une solution de rechange pour éviter l’impasse actuelle. Mais celles-ci «n’ont cessé de retarder l’échéance et l’élaboration de solutions radicales», accuse Anouar Abdelkafi, médecin et activiste engagé dans la défense de l’environnement (lors d’un débat organisé par radio Sfax). En 2019, les autorités vont jusqu’à ignorer une décision de justice rendue la même année, ordonnant la fermeture de la décharge.

Le 27 septembre 2021, tout le monde croit que la décharge d’El-Guenna va enfin être fermée. Mais les habitants découvrent que les autorités ont en réalité l’intention d’y creuser une nouvelle fosse afin de pouvoir la maintenir en activité. Un véritable bras de fer s’installe alors entre les habitants qui veulent une solution radicale et définitive et les autorités qui, faute de temps et de moyens financiers, ne peuvent leur offrir que des arrangements provisoires.

Les experts auxquels le gouverneur a fait appel espèrent avoir réussi à trouver une solution pour satisfaire les deux parties.

En premier lieu, pour surmonter l’obstacle du refus de toutes les localités de Sfax d’accueillir la nouvelle décharge, ils proposent un «partage du fardeau» avec la création de nouveaux centres de collecte et des décharges aux quatre coins du gouvernorat, et ils soulignent à cet effet «l’importance de la conjonction des efforts des citoyens, des composantes de la société civile et des organisations nationales».
Ensuite, ils suggèrent d’accorder des avantages aux localités qui vont stocker les déchets et dont ils ont établi une liste. Enfin, ils soumettent des propositions de réforme du cadre légal de la gestion des déchets.

Le comité d’experts est conscient que la concrétisation de ce processus «dépend du respect par l’État de ses engagements», notamment d’un point de vue financier. Mais si jamais l’accord n’aboutissait pas, cela conforterait les Sfaxiens dans leur sentiment d’être victimes d’une ségrégation. «Ils pensent que si cette catastrophe s’était produite à Tunis ou dans une autre région favorisée, elle n’aurait pas duré aussi longtemps», souligne Anouar Abdelkafi.


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.