Une nouvelle manifestation embrase une ville iranienne

Les slogans faisaient écho à ceux scandés lors des manifestations nationales contre Mahsa Amini, une Iranienne d'origine kurde décédée en détention le 16 septembre (Photo, AP).
Les slogans faisaient écho à ceux scandés lors des manifestations nationales contre Mahsa Amini, une Iranienne d'origine kurde décédée en détention le 16 septembre (Photo, AP).
Short Url
Publié le Samedi 22 octobre 2022

Une nouvelle manifestation embrase une ville iranienne

  • Des centaines d'Iraniens sont descendus dans les rues de Zahedan, la capitale de la province du Sistan-Baloutchistan, aux cris de: Mort au dictateur Khamenei
  • Les autorités iraniennes ont déclaré vendredi que la police avait arrêté au moins 57 manifestants

JEDDAH : Une nouvelle manifestation a éclaté vendredi dans une ville du sud-est de l'Iran où près de 100 manifestants ont été tués lors d'une répression brutale il y a trois semaines.

Des centaines d'Iraniens sont descendus dans les rues de Zahedan, la capitale de la province du Sistan-Baloutchistan, aux cris de "Mort au dictateur Khamenei" et "Unité, unité du peuple".

Ces slogans font écho à ceux qui ont été scandés lors des manifestations organisées dans tout le pays pour protester contre Mahsa Amini, une Iranienne d'origine kurde qui est morte en détention le 16 septembre. Mahsa Amini, 22 ans, avait été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire strict des femmes en Iran.

Deux semaines plus tard, lors d'événements surnommés "vendredi sanglant", les forces de sécurité ont tué au moins 93 personnes qui protestaient à Zahedan contre le viol d'une adolescente par un commandant de police.

Les autorités iraniennes ont déclaré vendredi que la police avait arrêté au moins 57 "émeutiers" après que des manifestants lançaient des pierres en visant des établissements bancaires à Zahedan.

L'agence de presse militante IRNA a déclaré que 244 manifestants, dont 32 enfants, avaient été tués en plus d'un mois de troubles. Plus de 12 500 personnes ont été arrêtées lors des manifestations qui ont eu lieu dans 114 villes et villages et dans environ 81 universités, a-t-elle ajouté.

Les enseignants iraniens ont appelé à une grève de deux jours à partir de dimanche pour dénoncer le fait que des écoliers ont été pris pour cible lors de la répression des manifestations.

Faits marquants

Les autorités iraniennes ont déclaré vendredi que la police avait arrêté au moins 57 "émeutiers" après que des manifestants ont lancé des pierres en visant des établissements bancaires à Zahedan.

"Nous savons très bien que les forces militaires et de sécurité et les agents en civil n'ont pas respecté la neutralité des écoles et des centres éducatifs", a déclaré le Conseil de coordination des syndicats d'enseignants.

"Au cours de cette oppression systématique, ils ont impitoyablement pris la vie d'un certain nombre d'élèves et d'enfants".

"Les dirigeants doivent savoir que [...] les enseignants d'Iran ne tolèrent pas ces atrocités et cette tyrannie, et proclament que nous sommes pour le peuple. Ces tirs et cette répression sur le peuple met en danger nos vies"

Le syndicat s'est engagé à "poursuivre notre protestation jusqu'à ce que le droit du peuple à protester soit reconnu, que tous les élèves soient libérés sans condition et retournent dans les écoles, et que le système cesse de tuer le peuple et de répondre aux demandes légitimes du peuple par des balles."

Alors que la répression brutale des manifestants par l'Iran suscite un tollé international croissant, un religieux de premier plan a appelé le régime de Téhéran à être encore plus sévère.

"Le pouvoir judiciaire devrait s'occuper des émeutiers, qui ont trahi la nation et versé de l'eau dans le moulin à eau de l'ennemi, de manière à ce que d'autres ne choisissent pas à nouveau de provoquer des émeutes", a déclaré l'imam Ahmad Khatami, partisan d'une ligne dure, dans un sermon du vendredi à Téhéran.

"Ils ont trompé les jeunes, et leur ont dit que s'ils restent dans les rues pendant une semaine, le régime tombera. Rêvez !"


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
Short Url
  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Short Url
  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
Short Url
  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.