Li Qiang, un allié de Xi Jinping probable futur Premier ministre chinois

Le président chinois Xi Jinping (devant) marche avec les membres du nouveau Comité permanent du Politburo du Parti communiste chinois, l'organe décisionnel suprême de la nation, dont Li Qiang (devant à gauche), alors qu'ils rencontrent les médias dans le Grand Hall du Peuple à Pékin, le 23 octobre 2022. (Photo de WANG Zhao / AFP)
Le président chinois Xi Jinping (devant) marche avec les membres du nouveau Comité permanent du Politburo du Parti communiste chinois, l'organe décisionnel suprême de la nation, dont Li Qiang (devant à gauche), alors qu'ils rencontrent les médias dans le Grand Hall du Peuple à Pékin, le 23 octobre 2022. (Photo de WANG Zhao / AFP)
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Publié le Dimanche 23 octobre 2022

Li Qiang, un allié de Xi Jinping probable futur Premier ministre chinois

  • Le responsable du parti à Shanghai a éclipsé deux autres candidats aux compétences jugées plus traditionnelles pour ce poste
  • La probabilité que Li Qiang obtienne une fonction aussi élevée semblait limitée après sa gestion chaotique d'un confinement sévère de deux mois à Shanghai

PEKIN: Li Qiang, l'un des hommes de confiance les plus proches de Xi Jinping, est pratiquement assuré de devenir le prochain Premier ministre chinois après avoir été propulsé dimanche au rang de numéro deux du PCC.

Le responsable du parti à Shanghai a éclipsé deux autres candidats aux compétences jugées plus traditionnelles pour ce poste, dans un geste fort témoignant du placement par Xi Jinping de ses alliés au Comité permanent, le plus haut échelon du pouvoir.

La probabilité que Li Qiang obtienne une fonction aussi élevée semblait limitée après sa gestion chaotique d'un confinement sévère de deux mois à Shanghai, durant lequel les 25 millions d'habitants de la ville avaient connu des difficultés d'approvisionnement en nourriture et en soins médicaux essentiels.

"S'il fallait une preuve (montrant) que la loyauté l'emporte sur la méritocratie dans la Chine de Xi, la promotion de Li Qiang en est une", a jugé Richard McGregor de l'institut Lowy de Sydney, en Australie.

"Li est peut-être suffisamment compétent et pourrait faire un bon Premier ministre, mais il est difficile de comprendre comment il en est arrivé là autrement que par les faveurs personnelles de Xi", a-t-il ajouté.

Même s'il n'est pas inhabituel qu'un ancien chef du parti à Shanghai soit promu à un échelon élevé du parti, Li Qiang ne dispose d'aucune expérience au niveau du gouvernement central, contrairement à la quasi-totalité des ex-Premiers ministres.

Il a cependant accompli un parcours riche au sein de l'administration locale, ayant endossé d'importantes fonctions de direction dans les provinces de Zhejiang (est) et de Jiangsu (est).

Fait décisif, il était le chef de cabinet de Xi Jinping lorsque celui-ci était à la tête du parti dans le Zhejiang entre 2004 et 2007.

Ses promotions rapides depuis reflètent le haut niveau de confiance que lui accorde Xi Jinping.

Il a été parachuté dans le Jiangsu par le président chinois en 2016 après qu'une affaire de corruption a conduit à la chute de plusieurs responsables provinciaux, avant de devenir l'année suivante secrétaire du parti à Shanghai.

Ralentissement économique 

Le Premier ministre chinois est à la tête du Conseil d'Etat, souvent décrit comme le gouvernement chinois. Sa fonction est traditionnellement associée à la gestion quotidienne du pays et à la conduite de la politique macroéconomique.

"(M. Li) était vu comme un responsable local favorable aux entreprises mais on peut se demander si ces compétences se prêteront bien à la supervision de la (gestion) macroéconomique et aux politiques de régulation (menées) en tant que Premier ministre", s'interroge Neil Thomas, spécialiste de la Chine chez Eurasia Group.

Li Qiang prendrait dès lors ses fonctions à un moment où la deuxième plus grande économie du monde fait face à un net ralentissement, en raison notamment de l'inflexible politique "zéro Covid".

La semaine dernière, la publication des chiffres de la croissance trimestrielle a été reportée sans motif officiel.

Le FMI anticipe une croissance de 3,2% cette année, soit la plus faible depuis 1976, à l'exception de l'année 2020 marquée par la pandémie.

La loyauté de Li Qiang envers le numéro 1 chinois est considérée par nombre d'analystes comme une manière pour Xi Jinping de faire passer son programme économique conservateur.

L'actuel Premier ministre, Li Keqiang, un économiste de formation, avait vu ses projets de réformes économiques entravés par l'autorité grandissante de Xi Jinping.

"Même si Li Keqiang a joué un rôle important ces derniers mois (...) lui et Xi Jinping sont en compétition depuis longtemps", a observé l'analyste politique Willy Lam de la Fondation Jamestown.

"Les orientations économiques conservatrices vont devenir dominantes."

Xi Jinping a prôné à plusieurs reprises la "prospérité commune", caractérisée par la limitation des revenus excessifs dans les secteurs du divertissement et des technologies et le soutien aux importantes entreprises d'Etat.

Cette politique a pour objectif de réduire les inégalités de richesse, mais des critiques l'interprètent comme une référence aux politiques de l'ère Mao.

"Ce sera mauvais pour l'économie mais idéologiquement c'est ce que souhaite Xi Jinping", a observé Willy Lam.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.