Brésil: un ex-député bolsonariste blesse à la grenade des policiers venus l'arrêter

Jair Bolsonaro s'adresse à la presse après une interview télévisée par le diffuseur SBT à Osasco, région métropolitaine de Sao Paulo, Brésil, le 21 octobre 2022 (Photo, AFP).
Jair Bolsonaro s'adresse à la presse après une interview télévisée par le diffuseur SBT à Osasco, région métropolitaine de Sao Paulo, Brésil, le 21 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 24 octobre 2022

Brésil: un ex-député bolsonariste blesse à la grenade des policiers venus l'arrêter

  • Le chef d'Etat avait auparavant condamné «l'action armée» de M. Jefferson, qui s'est reclus pendant huit heures à son domicile
  • Jair Bolsonaro a toutefois également critiqué les enquêtes judiciaires contre l'ex-député

BRASILIA: Un ex-parlementaire brésilien, soutien du président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro, a lancé des grenades pour empêcher son interpellation et ainsi blessé au moins deux policiers, ont annoncé dimanche les autorités.

L'ancien député Roberto Jefferson était sous le coup d'une peine de prison de la part de la Cour suprême (STF) pour avoir enfreint les conditions de son assignation à résidence, après avoir attaqué sur les réseaux sociaux une magistrate de la plus haute juridiction.

Au moment de l'arrestation, dans la ville de Levy Gasparian (Etat de Rio de Janeiro, sud-est), M. Jefferson a "réagi" et deux policiers "ont été blessés par les éclats d'une grenade qu'il a lancée", a affirmé la Police fédérale (PF).

Les deux personnes touchées ont reçu des soins médicaux et sont en bonne santé, a ajouté la PF, qui a renforcé la présence policière sur les lieux.

M. Jefferson a opposé une résistance en utilisant "des armes à feu et des explosifs", mais a finalement été arrêté dans la soirée, "après une intense négociation", a aussi précisé la PF, ajoutant qu'il serait l'objet d'une enquête pour tentative d'homicide.

Jair Bolsonaro a pris ses distances avec l'ex-parlementaire, en tweetant: "Toute personne qui tire sur un policier doit être traitée comme un bandit. J'exprime ma solidarité avec les policiers blessés dans cet épisode".

M. Bolsonaro a aussi insisté sur le fait qu'il n'avait aucun lien avec Roberto Jefferson, qui avait dit en 2020 que le président était son "ami intime".

Le dirigeant a aussi nié être apparu sur des photos aux côtés de l'ex-député, mais plusieurs médias ont montré des images des deux ensembles lors de l'arrivée au pouvoir de l'ancien capitaine de l'armée en 2019.

Bolsonaro critique les enquêtes 

Le chef d'Etat avait auparavant condamné "l'action armée" de M. Jefferson, qui s'est reclus pendant huit heures à son domicile et a confirmé dans une vidéo qu'il avait fait usage d'armes, mais apparemment sans intention de blesser les membres des forces de l'ordre.

Jair Bolsonaro a toutefois également critiqué les enquêtes judiciaires contre l'ex-député qui, à son avis, sont menées "sans aucun motif constitutionnel ni aucune poursuite". Il a par ailleurs dépêché son ministre de la Justice sur place.

Le magistrat du STF Alexandre de Moraes avait ordonné le retour en prison de M. Jefferson en s'appuyant sur plusieurs manquements aux conditions de son assignation à domicile.

Roberto Jefferson avait récemment traité la membre du STF, Carmen Lúcia, de "sorcière" et de "prostituée".

Cet incident survient à une semaine du second tour de l'élection présidentielle, dimanche prochain, où Jair Bolsonaro affrontera l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), favori des sondages.

"Les offenses commises à l'encontre de Carmen Lúcia ne peuvent être acceptées par quiconque respectant la démocratie. On a créé dans la société une forme de violence. Une machine à détruire les valeurs démocratiques. Cela génère des comportements comme celui que nous avons vu aujourd'hui", a écrit Lula sur Twitter, exprimant aussi sa solidarité avec les blessés.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.