Le Golfe offre une multitude d'opportunités à «l’économiste» Rishi Sunak

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, à Londres, le lundi 24 octobre 2022. (Photo AP)
Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, à Londres, le lundi 24 octobre 2022. (Photo AP)
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Publié le Mercredi 26 octobre 2022

Le Golfe offre une multitude d'opportunités à «l’économiste» Rishi Sunak

  • L'attention que porte le nouveau Premier ministre britannique à la relance de l'économie exigera qu'il fasse preuve de hardiesse dans la consolidation des liens régionaux
  • Le Premier ministre a évoqué l'idée de transférer l'ambassade du Royaume-Uni de Tel-Aviv à Jérusalem et les fonds consacrés par le Royaume-Uni à l'aide étrangère sont menacés.

LONDRES: Lundi dernier, le Royaume-Uni a poussé son premier soupir de soulagement depuis la crise politique qu’il traverse. En effet, c’est l'ancien chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances, NDLR) Rishi Sunak qui a remporté la course à la direction du parti conservateur actuellement au pouvoir. 

Le nom du nouveau Premier ministre est donc maintenant connu. Mais Rishi Sunak devra diriger un pays dont l'économie est chancelante et les infrastructures délabrées. Il devra composer avec la guerre qui fait rage en Ukraine ainsi qu’avec un parti morcelé. 

Nous verrons quelle réponse il apportera à ces problèmes et de quelle manière sa stratégie se répercutera sur le reste du monde, notamment sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. 

Le monde arabe est sans doute comme la région qui s’inquiète le plus de l'arrivée au pouvoir de M. Sunak. Cette inquiétude est née des déclarations qu'il s'est abstenu de faire plutôt que de celles qu'il a pu prononcer.

Le rôle relativement bref qu'il a joué au sein du gouvernement a coïncidé avec le début de la pandémie de Covid-19; il n'a pas donc eu la chance d'engager un débat public sur d'autres problématiques.

Mais, de toute façon, il semble qu’il préfère cacher son jeu. Il s'est entouré d'une équipe de conseillers moins nombreuse que celle des autres Premiers ministres.

Interrogé par Arab News sur la stratégie de Sunak dans la région, un ancien fonctionnaire de Whitehall, qui travaille actuellement dans le domaine de l'aérospatiale et collabore principalement avec des clients de la région du Moyen-Orient, a tout simplement répondu: «Personne ne sait rien.»

«En raison de l'ascension rapide de Sunak, sa position reste mystérieuse, en dehors de sa vision de l'économie. Il faudra attendre de voir qui il va nommer à certains postes», a-t-il ajouté. 

Un Premier ministre soucieux de l'économie est pourtant tenu de saisir les opportunités qui s'offrent à lui pour renforcer les liens entre les États du Golfe et le Royaume-Uni dans le domaine des affaires, des investissements et de l'énergie.

Le magazine The Spectator l'a baptisé «le Premier ministre le plus averti de l'histoire en matière de politique commerciale». Voilà qui s'annonce prometteur pour la région du Golfe, qui cherche à se diversifier et à abandonner l'utilisation des combustibles fossiles pour se transformer en un centre d'affaires mondial. Cette région se situe toutefois dans une position privilégiée sur les marchés mondiaux de l'énergie. Les pays occidentaux, eux, restent traumatisés par le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine.

Pour Michael Stephens, ancien conseiller conservateur et expert du Moyen-Orient, la consolidation des liens commerciaux et économiques constitue le premier objectif, comme il l'a expliqué à Arab News.

«Nous avons constaté par le passé que le Royaume-Uni s'engageait sans cesse auprès des États du Golfe pour obtenir des capitaux. Rien de plus simple», a-t-il commenté.

«Il est question de dollars, de livres, de dirhams… Notre pays [le Royaume-Uni] a besoin d'investissements directs étrangers. Ils nous permettent de soutenir certains secteurs de l'économie. Nous avons besoin des avantages offerts par les accords de licence d'exportation et les transferts de fonds qui proviennent des expatriés.»

En ce qui concerne les affaires au Moyen-Orient, l'ancien fonctionnaire de Whitehall estime que M. Sunak, qui possède une réelle vision économique, a plus de chances d’apporter le changement nécessaire que son prédécesseur, Boris Johnson. 

«Au cours du mandat de M. Johnson, il était difficile de faire des affaires au Moyen-Orient; c’étaient les entreprises qui prenaient l'initiative.»

M. Stephens conseille au Royaume-Uni de faire preuve d'audace et d'ambition afin d’optimiser les opportunités offertes par l'Arabie saoudite.

«L'Arabie saoudite s'impose comme l'État le plus puissant du Moyen-Orient. Il convient également d'atténuer les incidences des changements survenus dans les relations avec les États-Unis», explique-t-il.

«Mais [Sunak] doit également se montrer impitoyable. Il faut qu’il se rende en Arabie saoudite pour profiter des opportunités offertes au Royaume-Uni grâce à la vision du prince héritier, Mohammed ben Salmane.»

M. Sunak est réputé pour sa fermeté à l'égard de l'Iran. Au début de l'année, l'un de ses partisans, l'ancien ministre de la Défense Liam Fox, a rapporté que le nouveau Premier ministre «estime que l'Iran représente une menace sérieuse pour la stabilité régionale» et que «le Plan d'action global conjoint [PAGC] ne suffit pas à mettre un terme au programme nucléaire iranien».

Néanmoins, M. Stephens estime que le nouveau Premier ministre risque d’être mis sur la touche sur la question de l'Iran, surtout si ses opinions se heurtent au sentiment qui prévaut à Washington.

«Les États-Unis ont l'avantage du précurseur en ce qui concerne certains dossiers, parmi lesquels l'Opep+ et l'Iran», a-t-il expliqué. «M. Sunak ne peut agir seul sur ces questions.»

En revanche, l'incertitude plane sur d'autres sujets qui intéressent la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, comme la question de l’aide.

De fait, M. Sunak maintiendra Jeremy Hunt au poste de chancelier. Les interventions de ce dernier ces dernières semaines laissent présager une période d'austérité dans les dépenses publiques du Royaume-Uni. 

Les sommes consacrées à l'aide humanitaire risquent d’être considérablement réduites. C’est ce qu’a fait M. Sunak lorsque la pandémie s'est déclarée; il occupait alors le poste de chancelier. Cette aide affecte de nombreux pays de la région, notamment la Syrie, le Liban, la Somalie, le Yémen et l'Afghanistan.

Au sujet d'Israël, M. Sunak a qualifié les allégations selon lesquelles il s'agit d'un État d'apartheid d'«incorrectes et offensantes». Il a également évoqué l'idée de transférer l'ambassade du Royaume-Uni de Tel-Aviv à Jérusalem.

M. Stephens estime que la politique étrangère «sera reléguée au second plan» étant donné les circonstances qui entourent le mandat de M. Sunak. Toutefois, si le gouvernement s'abstient de s'engager convenablement avec les pays arabes, il risque de laisser passer d’importantes opportunités économiques.

«Il est important pour moi de dissocier les différents aspects de la politique: l'économie, la sécurité et la géopolitique», a affirmé M. Stephens.

«Nous pourrons ainsi poursuivre nos objectifs économiques dans la région sans nécessairement entrer en conflit au sujet de la géopolitique.»

«M. Sunak hérite d'un monde instable. Chaque État agit dans son propre intérêt, et vous pouvez vous en tirer sans vous impliquer dans les problématiques capitales.»

«Il peut choisir les batailles qu'il va mener, mais il doit donner l'impression qu'il y tient, sinon d'autres protagonistes en profiteront.»

«Je suppose que le Royaume-Uni possède la volonté de maintenir les relations [avec les pays du Golfe] plus que ne le manifestent les États-Unis.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu: la guerre n'est «pas finie», il faut «retirer» l'uranium iranien

La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
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  • M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël
  • "Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans"

WASHINGTON: La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche.

La guerre "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran", a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également "des sites d'enrichissement à démanteler".

Interrogé pour savoir comment il comptait "sortir" l'uranium d'Iran, il a déclaré: "On y va et on le sort."

"Ce que le président Trump m'a dit, c'est: +Je veux y aller." Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, qu'on y va et qu'on le sort, pourquoi pas? C'est la meilleure solution", a-t-il ajouté.

"On finira par le récupérer (...) on le surveille de près", a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

"Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter", a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos 

Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux au coeur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d'une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l'absence d'inspections de l'AIEA: est-il enfoui comme l'affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

"Si c'est l'Agence internationale de l'énergie atomique qui se charge (de récupérer l'uranium, NDLR), ça nous va aussi", a dit le ministre américain de l'Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

"Comme un échafaudage"

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage", des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il répondu.

"L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran.

"La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles", a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

"Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans".

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.


Négociations avec Israël: le chef de la délégation libanaise va se rendre à Washington

Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
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  • Le Liban prépare une nouvelle session de négociations de paix avec Israël à Washington, avec comme priorités la consolidation du cessez-le-feu, le retrait israélien et le rétablissement complet de la souveraineté libanaise
  • Malgré les efforts diplomatiques soutenus par Washington, les tensions restent fortes : Israël poursuit ses frappes et le Hezbollah rejette des discussions directes

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a donné vendredi ses directives au chef de la délégation libanaise aux négociations de paix avec Israël prévues la semaine prochaine à Washington, a annoncé la présidence.

Les deux premières sessions de ces discussions destinées à aboutir à un accord de paix s'étaient tenues aux Etats-Unis au niveau des ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre.

Joseph Aoun a reçu Simon Karam, un diplomate chevronné, et "lui a donné ses directives" avant la réunion prévue le 14 mai, selon un communiqué de la présidence.

M. Karam "va se rendre bientôt à Washington", a indiqué une source officielle à l'AFP.

L'ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d'affaires adjoint et "un militaire" feront partie de la délégation, a précisé cette source.

"Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels: consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d'Israël (...) et étendre l'entière souveraineté de l'Etat sur le territoire national", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, vendredi dans un communiqué.

La première réunion entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, s'était tenue le 14 avril à Washington. Il s'agissait de la première rencontre de ce type depuis 1993.

Le président américain Donald Trump avait annoncé, à l'issue de la seconde réunion organisée à la Maison Blanche, une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre les deux pays.

Il avait alors dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir".

Mais le président Aoun a affirmé lundi qu'un accord de sécurité et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait dit mardi qu'il n'y avait "aucun problème entre les gouvernements libanais et israélien", affirmant que le Hezbollah constituait la pierre d'achoppement.

"Je pense qu'un accord de paix entre Israël et le Liban est rapidement accessible", a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Le mouvement Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, est opposé à ces pourparlers et s'est prononcé pour des négociations indirectes.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes qui ont fait plus de 2.700 morts depuis le 2 mars, tandis que le Hezbollah revendique également des attaques contre Israël.