Maroc: Le rappeur ElGrande Toto libéré mais toujours en butte à la justice

Le rappeur marocain ElGrande Toto, également connu sous le nom de Taha Fahssi, tient une conférence de presse avec son avocat à Rabat, le 23 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le rappeur marocain ElGrande Toto, également connu sous le nom de Taha Fahssi, tient une conférence de presse avec son avocat à Rabat, le 23 octobre 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 27 octobre 2022

Maroc: Le rappeur ElGrande Toto libéré mais toujours en butte à la justice

  • Le rap ElGrande Toto, en garde à vue à la suite de propos controversés, a été remis en liberté sous caution mercredi mais il reste poursuivi pour «injures, diffamation et menaces»
  • ElGrande Toto est l'artiste arabe le plus écouté au Maghreb et au Moyen-Orient sur la plateforme Spotify, avec plus de 50 millions de streams en 2021

RABAT: Le rappeur marocain ElGrande Toto, en garde à vue à la suite de propos controversés, a été remis en liberté sous caution mercredi mais il reste poursuivi pour "injures, diffamation et menaces", ont indiqué une source judiciaire et un proche de l'artiste à l'AFP.

Très populaire auprès de la jeunesse, Taha Fahssi, plus connu sous son nom de scène d'ElGrande Toto, a recouvré la liberté après le retrait de quatre des six plaintes déposées contre lui, a précisé la source qui a requis l'anonymat.

A l'issue de 48 heures de garde à vue, le rappeur de 26 ans a versé une caution de 20.000 dirhams (1.825 euros) et a de nouveau fait amende honorable, a-t-on indiqué de même source. Il faisait déjà l'objet d'une interdiction de quitter le Maroc.

Toutefois, si quatre plaignants, des artistes, se sont désisté, deux autres -- un journaliste et un policier de la circulation -- ont eux maintenu leurs plaintes, a confirmé à l'AFP un proche du rappeur.

Le journaliste, basé à Bruxelles et actif sur YouTube, a accusé ElGrande Toto d'"atteinte à la pudeur, apologie de l'alcool et du cannabis, diffamation et menaces".

Selon des médias locaux, l'enquête préliminaire a porté sur des publications sur les réseaux sociaux et des déclarations publiques "susceptibles de contenir des éléments punissables par la loi".

Dimanche, lors d'une conférence de presse bondée, ElGrande Toto avait présenté ses excuses aux "personnes offensées" par des déclarations lors d'un récent concert où il assumait consommer du cannabis, qui ont déclenché un tollé au Maroc.

"On n'est pas des mauvaises personnes. On fait du rap et le rap n'est pas mauvais. Le rap a un langage particulier, peut-être que je n'en ai pas fait un bon usage au bon moment", avait concédé l'artiste casablancais aux millions de vues sur YouTube.

Et alors ?
Le 23 septembre, il avait reconnu fumer du kif devant la presse avant un concert à Rabat organisé par le ministère de la Culture: "Je fume du hashish et alors ?", avait-il asséné. "Ça ne veut pas dire que je suis un mauvais exemple", avait-il répondu à une journaliste.

Ces déclarations, amplifiées par des sites populistes et les réseaux sociaux, ont provoqué l'indignation dans ce pays aux moeurs conservatrices, classé comme le premier producteur de cannabis au monde selon l'ONU, mais où l'usage récréatif de la plante, plutôt répandu, est interdit par la loi.

ElGrande Toto est l'artiste arabe le plus écouté au Maghreb et au Moyen-Orient sur la plateforme Spotify, avec 135 millions de streams en 2021. Sa chaîne YouTube cumule 2,7 millions d'abonnés et plus de 431 millions de vues.

Il n'est pas le premier rappeur à subir les foudres de la justice marocaine. Plusieurs autres chanteurs de rap ont été arrêtés depuis septembre 2011 pour divers délits allant du droit commun à la dissidence politique, en passant par les injures envers les autorités.

Une soirée consacrée au hip hop lors d'un grand festival de musiques urbaines début octobre à Casablanca, à laquelle était programmé ElGrande Toto, a dégénéré en violences et en vandalisme et viré au cauchemar pour des milliers de spectateurs, des débordements qui ont choqué l'opinion publique et inquiété les autorités.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Short Url
  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Short Url
  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
Short Url
  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com