France: visa refusé pour la star marocaine El Grande Toto

Une situation embarrassante pour l’artiste le plus écouté en 2021 sur Spotify dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). (Photo, AFP)
Une situation embarrassante pour l’artiste le plus écouté en 2021 sur Spotify dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 août 2022

France: visa refusé pour la star marocaine El Grande Toto

  • La tournée de la star marocaine en Europe prévue en octobre est également compromise
  • Les demandeurs sont dorénavant soumis à un véritable parcours du combattant et n’ont aucune assurance d’obtenir le visa, même s’ils remplissent toutes les conditions requises

CASABLANCA: Nouvelle polémique autour d’un refus de demande de visa Schengen de la part de la France par les ressortissants marocains. Cette fois, c’est l’artiste El Grande Toto qui en aurait fait les frais, rapporte plusieurs médias marocains. 

Conséquence : l’artiste ne pourraait pas assurer son concert qui devait se tenir ce jeudi 11 août, dans le cadre du Demifestival, organisé à Sète en France. Sa tournée en Europe prévue en octobre serait également compromise.

Une situation embarrassante donc pour l’artiste le plus écouté en 2021 sur Spotify dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Il n’a d’ailleurs pas caché son agacement dans une story sur son compte Instagram : «Avoir un visa aujourd’hui, c’est comme jouer au loto. C’est comme si c’était un jeu de hasard. Je commence vraiment à en avoir marre.»

Toto n’en est pas à sa première mauvaise expérience avec les services consulaires français. En effet, il y'a moins d’un mois, alors qu’il devait faire une mini-tournée en France, le rappeur n’a pu obtenir qu’un visa de dix jours. «Moi, je n’en peux plus. Je ne comprends pas pourquoi après avoir déposé un dossier complet et solide, je n’ai droit qu’à dix jours», s'était-il indigné alors. 

Politique de restriction des visas

Nombreux sont les Marocains qui se voient aujourd'hui confrontés à d'énormes difficultés pour obtenir un visa pour la France. Artistes, chefs d'entreprise, journalistes, scientifiques, conférenciers ou même simples touristes. D'ailleurs, de plus en plus de Marocains semblent se détourner de la France, pour passer leurs vacances en Espagne ou l'Italie. 

«Tant que vous ne reprenez pas vos compatriotes, on n’accepte pas vos compatriotes», avait lancé en septembre 2021 le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin à l’encontre de trois pays maghrébins (Maroc, Algérie, Tunisie). 

«On le fait parce qu’une partie des compatriotes algériens, marocains, tunisiens qui sont sur le sol français ne sont plus acceptés par ces pays soit parce que ce sont des personnes qui sont islamistes radicales, soit qu’ils sont délinquants» ou clandestins. «On leur dit que tant que vous ne reprenez pas vos compatriotes, on n’accepte pas vos compatriotes», avait déclaré Darmanin.

Le gouvernement français a ainsi décidé de réduire de moitié le nombre de sésames accordés à l’Algérie et au Maroc, et de 30% à la Tunisie – une décision jugée humiliante sur les réseaux sociaux marocains à l'époque. Des centaines de témoignages ont commencé à fuser, rendant compte de la situation. Des familles qui se rendaient depuis des années en France, qui y ont vécu ou dont l’enfant y poursuit ses études, ne peuvent plus s’y rendre.

Les demandeurs sont dorénavant soumis à un véritable parcours du combattant et n’ont aucune assurance d’obtenir le visa, même s’ils remplissent toutes les conditions requises.

Du côté de la diplomatie marocaine, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait déclaré que «la décision (de la France) est souveraine», mais «injustifiée». «Le Maroc va l'étudier, mais les raisons qui la justifient nécessitent de la précision et un dialogue, car elles ne reflètent pas la réalité», mais aucune évolution n’a été constatée sur ce dossier.

Politique de la réciprocité

La presse marocaine n’a de son côté pas hésité à appeler au principe de réciprocité des visas. 

«Visas: la réciprocité s’impose» , «La réciprocité des visas VS l’hospitalité marocaine», «Visas français. Le Maroc pourrait appliquer la règle de réciprocité si…» sont quelques exemples de titres d’articles qui appellent à l'égalité et à la réciprocité dans la délivrance de visa pour le Maroc, pour les citoyens français, qui en sont exemptés jusqu'à présent.

Plus récemment, c’est le Cercle Eugène Delacroix, association d’élus de la République dont l’objectif est de promouvoir l’amitié entre la France et le Maroc, qui a pris position et a appelé à «en finir avec la crise des visas». 

«Le Maroc est un pays ami et un partenaire stratégique pour la France, insistait Emmanuel Macron tout juste élu, lors de son premier déplacement hors d’Europe à Rabat à l’invitation de Mohammed VI en 2017», écrit Salah Bourdi, président du Cercle, dans une tribune avant d’affirmer que «le corps consulaire français établi au Maroc, qui réalise un travail considérable, est embarrassé». «Les Marocaines et les Marocains qui aiment sincèrement la France sont désabusés», ajoute-t-il.

Dans ce sens, il lance un appel qui se veut l'écho d’un retour à la normale: «Les élus du Cercle Eugène Delacroix, les millions de binationaux, les millions d’amoureux de cette belle amitié franco-marocaine appellent les gouvernements français et marocain à la raison. La politique française des visas doit revenir à la normale, la France est un grand pays, aimé, attendu et espéré au Maroc et à travers le monde.»

Le journaliste franco-marocain Mustapha Tossa écrivait récemment dans une tribune publiée par Arab News en français: «aussi bien pour les sans-papiers, les fichés S que les imams diffuseurs de pensées radicales, la stratégie du ministre de l’Intérieur est de veiller à ne pas laisser ce terrain en friche pour que l’extrême droite puisse s’y installer confortablement». Il s’agit d’une décision politique qui met en perspective la crise politique que traverse le gouvernement français. 

Selon lui, «l’enjeu pour ce ministre emblématique de l’ère Macron est de tenter de damer le pion à l’extrême droite sans déstabiliser les milieux de gauche, sans lesquels le second mandat d’Emmanuel Macron ressemblerait à un long chemin de croix».

Entre enjeux politiques, politique migratoire et bras de fer diplomatique, la question des visas n’en finit pas de déchaîner les passions. Elle met en exergue désormais des rapports difficiles entre des États qui ont toujours placé leurs relations sous le signe de la fraternité. 

 


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com