La gauche dénonce «l'insulte» de Macron et l'accuse de «banaliser» Le Pen

Dans cette capture d'écran réalisée à Paris le 26 octobre 2022, le président français Emmanuel Macron (à droite) s'exprime lors d'une interview de la journaliste et animatrice de télévision française Caroline Roux dans le cadre de l'émission intitulée «L'événement». (AFP)
Dans cette capture d'écran réalisée à Paris le 26 octobre 2022, le président français Emmanuel Macron (à droite) s'exprime lors d'une interview de la journaliste et animatrice de télévision française Caroline Roux dans le cadre de l'émission intitulée «L'événement». (AFP)
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Publié le Jeudi 27 octobre 2022

La gauche dénonce «l'insulte» de Macron et l'accuse de «banaliser» Le Pen

  • «Même M. Sarkozy, même M. Chirac qui sont des adversaires politiques de mes idées n'avaient jamais mis un signe égal entre ce que nous représentons et l'extrême droite», s'est indigné M. Corbière
  • Certaines personnalités de droite et de la majorité avaient accusé la Nupes d'avoir produit une première motion de censure volontairement consensuelle pour qu'elle soit votée par le RN

PARIS: Preuve de "cynisme", banalisation de l'extrême-droite, "insulte" : plusieurs cadres de gauche ont vivement réagi aux propos d'Emmanuel Macron qui a accusé mercredi la Nupes d'être "main dans la main" avec le RN pour faire tomber le gouvernement.

"Même M. Sarkozy, même M. Chirac qui sont des adversaires politiques de mes idées n'avaient jamais mis un signe égal entre ce que nous représentons et l'extrême droite", s'est indigné M. Corbière jeudi sur CNews. "C'est d'un cynisme total, il (Emmanuel Macron ndlr) banalise Mme Le Pen", a-t-il estimé, dénonçant un "moment de comédie".

Une motion de censure n'est «pas un programme de gouvernement», répond le RN à Macron

Deux députés du Rassemblement national ont vivement dénoncé jeudi Emmanuel Macron qui les a accusés d'être "main dans la main" avec la Nupes, estimant qu'une motion de censure ne s'apparente pas à "un programme de gouvernement".

"Une motion de censure, c'est pas une feuille de route pour gouverner, c'est un motif de censure", a déclaré le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy à Public Sénat.

"Quand le Rassemblement national vote la motion de censure de la Nupes, c'est pas qu'on va donner le pouvoir à la Nupes, contrairement à ce qu'ont dit LR et Emmanuel Macron pour justifier leur alliance de circonstance, c'est juste qu'on n'est pas d'accord avec le gouvernement et qu'on veut une autre voie", a-t-il développé.

"On ne nous demande pas d'adhérer au programme de Jean-Luc Mélenchon", a abondé sur Europe 1 le vice-président de l'Assemblée nationale Sébastien Chenu. "Quand un député insoumis vote notre motion de censure (Jean-Philippe Nilor, député de la  Martinique, ndlr), il n'adhère pas à notre programme, il censure le gouvernement, il utilise les moyens que la Constitution nous donne", a poursuivi le député.

Selon lui, "d'ailleurs, la gauche a édulcoré visiblement son texte pour pouvoir attirer à elle des voix".

Relevant qu'il n'y avait en effet dans le texte pas de "provocations", M. Tanguy a insisté: "nous ne soutenons pas un texte, on soutient une démarche qui est celle de censurer le gouvernement".

Emmanuel Macron a dénoncé "le cynisme" et "le désordre" des oppositions mercredi, accusant la gauche de s'être mise "main dans la main avec le Rassemblement national.

"Il y a eu 90 votes communs au moins sur les scrutins publics à l'Assemblée entre les députés macronistes et le Rassemblement national, M. Macron, ne s'est pas évanoui", a-t-il ironisé.

"Emmanuel Macron votre expression est une insulte pour les millions de Français qui comme moi ont voté, non pas pour vous, mais contre l’extrême droite", a réagi mercredi soir sur Twitter le patron du PS Olivier Faure.

"C'est totalement indigne de la part du président qui n'hésite pas à colporter une fake news sur une pseudo élaboration commune d'un texte. On est dans le délire total", a vilipendé le député PS Arthur Delaporte jeudi sur RFI, réitérant que la Nupes est "la digue la plus étanche possible vis-à-vis du RN".

Certaines personnalités de droite et de la majorité avaient accusé la Nupes d'avoir produit une première motion de censure volontairement consensuelle pour qu'elle soit votée par le RN.

Évoquant "des termes acceptables", les députés d'extrême droite avaient effectivement voté la première motion de censure de la Nupes lundi.

Un vote surprise de la part du RN que Yannick Jadot, député européen écologiste a regretté sur France Inter: "Il y a malheureusement à la France insoumise, j'ai l'impression, une stratégie qui vise à rassembler l'ensemble des oppositions pour faire tomber le gouvernement".

"La prochaine fois, la leçon, c'est qu'on fera une motion de censure qui sera invotable par le RN", a-t-il souhaité.


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.