Malgré l’ampleur de la crise, le cinéma veut toujours y croire

La fréquentation des salles reste trois fois moins qu'en temps normal (Photo, Hector RETAMAL / AFP)
La fréquentation des salles reste trois fois moins qu'en temps normal (Photo, Hector RETAMAL / AFP)
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Publié le Jeudi 23 juillet 2020

Malgré l’ampleur de la crise, le cinéma veut toujours y croire

  • La fréquentation hebdomadaire a repassé le cap du million d'entrées en France
  • Le syndicat des cinémas d'art et d'essai a appelé le gouvernement à prendre "des mesures fortes et urgentes"

PARIS : "C'est plus dur qu'on imaginait": un mois après leur réouverture, sans blockbusters et avec des salles vides aux deux tiers, les cinémas veulent y croire malgré tout.
Mercredi, la fréquentation hebdomadaire, tirée notamment par la comédie "Divorce Club" de Michaël Youn, a repassé le cap du million d'entrées. Mais cela reste bien insuffisant: c'est trois fois moins qu'en temps normal.
Au Cinémascop Mégarama de Garat, en Charente, comme dans des centaines de cinémas en France, l'exploitante Aurélie Delage fait la grimace. "Je ne regarde plus les chiffres", mais "il ne faudrait pas que ça dure", relève cette responsable, qui ne rentre plus dans ses frais.
"Les gens ont été à l'intérieur pendant le confinement, ils veulent être à l'air libre, au bar ou au restaurant, d'autant qu'il fait beau", constate-t-elle.
L'été 2019 et ses foules de familles venues voir "Le Roi Lion", sont un lointain souvenir. Comme d'autres, Mme Delage a même réfléchi à refermer, mais se raccrochant à une fréquentation qui frémit de semaine en semaine, elle évacue l'idée: "ce serait catastrophique, le public a besoin de repères".
Comme dans le reste de la France, le cinéma de Garat manque de "locomotives", des grosses sorties, américaines le plus souvent, susceptibles d'attirer les foules.
"Les salles, au niveau européen, souhaitent que les studios américains dérogent au système des sorties mondiales" et sortent leurs blockbusters "dès l'été" sur le Vieux Continent, sans attendre la réouverture des salles de l'autre côté de l'Atlantique, explique Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français. Seront-elles entendues? "C'est un espoir, une demande...", ajoute-t-il.
En attendant, les exploitants ont appris cette semaine le report sine die d'un film qu'ils attendent comme le Messie, le dernier Christopher Nolan, "Tenet", programmé d'abord en juillet, puis pour le 12 août.
"Redonner envie"
Dans ce contexte, il faut sauver les salles, "cœur du réacteur" sans lesquelles "l'ensemble du secteur du cinéma souffrirait", plaide M. Sebbag, et il "faut mettre en place des dispositifs qui permettent d'attendre". 
Le syndicat des cinémas d'art et d'essai en a également appelé au gouvernement, réclamant "des mesures fortes et urgentes".
Maigre consolation, au vu de la fréquentation, le protocole sanitaire, qui impose de n'occuper qu'un fauteuil sur deux, ne pose finalement pas problème. D'autant que le masque peut être retiré pendant le film, une fois installé, souligne M. Sebbag.
De petites salles associatives, sans coûts fixes importants, comme l'historique cinéma Eden de la Ciotat dans les Bouches-du-Rhône, où fut projeté le premier film des Frères Lumière, espèrent tirer leur épingle du jeu: "Il n'y a pas beaucoup de public, mais je suis reparti pour un siècle!", s'enthousiasme son président Michel Cornille, qui a retrouvé ses fidèles cinéphiles.
Quant aux films qui ont fait le pari de sortir malgré tout, certains peuvent espérer une carrière honorable, sur des écrans moins encombrés que d'habitude. "Tout simplement noir", comédie de Jean-Pascal Zadi qui dynamite les stéréotypes raciaux et le communautarisme, a connu un relatif bon démarrage en juillet, avec plus de 400.000 entrées en deux semaines.
"Il y a une offre qui n'est pas pléthorique en ce moment, profitons-en pour avoir de la visibilité et proposer une comédie un peu rigolote aux gens, qui les fasse voyager", déclare David Caviglioli, coréalisateur de "Terrible Jungle", une parodie de film d'aventure au casting alléchant, où Catherine Deneuve donne la réplique à Vincent Dedienne et Jonathan Cohen (sortie le 29 juillet).

"A la rentrée notre film aurait été noyé dans une masse de blockbusters", se rassure son coréalisateur Hugo Benamozig.
Mathieu Kassovitz, qui ressort "La Haine", film générationnel sur les banlieues et les violences policières, 25 ans après a pour sa part affirmé qu’"Il y a des gens qui vont avoir plaisir à retourner au cinéma". "Il y a pas mal de ressorties de films cet été pour que les gens puissent aller au cinéma et leur redonner envie", a-t-il expliqué, convaincu que le public "est en demande de films".
 

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L’Arabie saoudite renforce sa présence dans les discussions mondiales sur la mode à Milan

Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
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  • La Commission saoudienne de la mode a participé comme partenaire principal du RLC Fashion Summit 2026 à Milan, soulignant le rôle croissant du Royaume dans l’industrie mondiale de la mode
  • Les discussions ont porté sur les principaux enjeux du secteur : intelligence artificielle, évolution des consommateurs, investissements, commerce multimarque et émergence de nouveaux marchés

DHAHRAN : Des dirigeants mondiaux de la mode et du luxe se sont réunis à Milan début juin à l’occasion du Retail Leaders Circle (RLC) Fashion Summit 2026, dans le cadre du rayonnement international croissant du RLC Global Forum, dont le rendez-vous phare annuel se tient en Arabie saoudite.

Organisé au Four Seasons Hotel Milano, le RLC Fashion Summit a abordé les défis actuels auxquels font face les secteurs de la mode et du luxe : fragmentation géopolitique, évolution des attentes des consommateurs, discipline en matière d’investissement, intelligence artificielle, avenir du commerce multimarque et influence croissante des nouveaux marchés.

L’initiative Fashion Futures de la Commission saoudienne de la mode a participé au sommet en tant que partenaire principal, illustrant le rôle grandissant du Royaume dans les discussions internationales portant sur la mode, le commerce de détail, l’investissement et le développement des secteurs innovants.

« Notre priorité est de mettre en place les conditions d’une croissance durable pour l’ensemble du secteur de la mode en Arabie saoudite », a déclaré Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, dans un communiqué. « Alors que l’industrie poursuit sa transformation, nous travaillons à multiplier les opportunités pour les marques internationales, les fabricants, les investisseurs et les partenaires du secteur afin qu’ils puissent s’engager sur le marché saoudien et contribuer à son développement. »

La participation de la commission reflète également la dynamique plus large du secteur de la mode saoudien, alors que le Royaume poursuit ses investissements dans les secteurs innovants, le développement des talents, les infrastructures commerciales et les partenariats internationaux.

« Il est rare de voir un tel niveau de leadership réuni au même endroit pour une journée entière d’échanges authentiques et ouverts », a déclaré Panos Linardos, président du RLC Global Forum.

Outre son forum annuel dédié au commerce de détail à Riyad, le RLC Global Forum organise un calendrier d’événements de premier plan à travers le monde, notamment le CEO Summit à New York et le RLC Fashion Summit à Milan.


À Dubaï, la mode se met au service de l’éducation grâce au partenariat entre OnTheList et Dubai Cares

La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
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  • Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin
  • L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international

DUBAÏ: La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde.

Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin. L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international.

Cette opération réunira plusieurs marques du groupe BESTSELLER, dont JACK & JONES, VERO MODA, ONLY, Name It et Selected. Les visiteurs pourront accéder à une sélection de vêtements et d’accessoires pour hommes, femmes et enfants à des prix fortement réduits.

Créée pour offrir à ses membres un accès privilégié à des marques premium, OnTheList poursuit ainsi sa stratégie d’engagement social dans la région. Pour l’entreprise, ce partenariat avec Dubai Cares s’inscrit dans une volonté de donner davantage de sens à l’expérience d’achat.

« Lorsqu’on construit une marque dans cette région, il est essentiel d’aller au-delà de la simple transaction commerciale. Ce partenariat avec Dubai Cares reflète cette vision : chaque achat contribue désormais à une cause qui dépasse largement l’acte de consommation », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice d’OnTheList.

De son côté, Amal Al Redha, directrice des partenariats chez Dubai Cares, a salué une initiative qui démontre que commerce et responsabilité sociale peuvent se renforcer mutuellement.

« Cette collaboration offre une opportunité concrète de mobiliser une communauté de consommateurs désireux de contribuer positivement à la société. Nous sommes ravis d’accueillir OnTheList parmi nos partenaires », a-t-elle indiqué.

Depuis sa création, Dubai Cares affirme avoir impacté plus de 117 millions de personnes dans plus de 60 pays en développement grâce à ses programmes dédiés à l’éducation, à la jeunesse et au développement durable.

Alors qu’OnTheList continue d’étendre sa présence aux Émirats arabes unis, cette initiative illustre une tendance croissante au sein du secteur de la mode : mettre le pouvoir d’achat au service de causes sociales et humanitaires à l’échelle mondiale.


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.