Iran: mille personnes accusées de sabotage, des procès publics prévus

Les dirigeants iraniens ont qualifié les manifestations de «complot des ennemis de la République islamique», dont les États-Unis et Israël. (Dossier/AFP)
Les dirigeants iraniens ont qualifié les manifestations de «complot des ennemis de la République islamique», dont les États-Unis et Israël. (Dossier/AFP)
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Publié le Mardi 01 novembre 2022

Iran: mille personnes accusées de sabotage, des procès publics prévus

  • Le parquet iranien s'apprête à se prononcer cette semaine sur le procès de mille personnes accusées d'avoir participé aux manifestations populaires
  • «Nous condamnons la violence excessive exercée par les forces de sécurité et nous soutenons le peuple iranien», a indiqué M. Scholz, le chancelier allemand

DJEDDAH: Le parquet iranien s'apprête à se prononcer cette semaine sur le procès de mille personnes accusées d'avoir participé aux manifestations populaires qui ébranlent le régime de Téhéran depuis près de deux mois.

Les procès se dérouleront en public devant un tribunal de la révolution islamique, comme l'a déclaré lundi un porte-parole du président de la Cour suprême de Téhéran. L'accusation porte en effet sur des «sabotages, dont l'agression ou le meurtre d'agents de sécurité, et la mise à feu de biens publics». Certains manifestants encourent la peine de mort, selon le porte-parole.

Ces protestations font peser une menace démesurée sur le régime religieux de l'Iran depuis la révolution de 1979. Les manifestants ont envahi les rues pour dénoncer l'assassinat de Masha Amin. Cette femme de 22 ans, d'origine kurde, était détenue pour avoir porté son hijab de manière «inappropriée».

Les Iraniens de tous horizons manifestent dans plus de deux cents villes; les étudiants et les femmes jouent un rôle de premier plan dans ces manifestations et n'hésitent pas à brûler les voiles.

De leur côté, les forces de sécurité répriment brutalement les manifestants. Selon l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (MEK), groupe dissident, plus de quatre cent cinquante personnes ont été tuées et au moins vingt-cinq mille arrêtées.

Les groupes iraniens de droite ont affirmé lundi que les «parodies de procès» étaient déjà en cours. Dans une vidéo publiée sur les médias sociaux, la mère du manifestant Mohammed Ghobadlou (22 ans) affirme que son fils a été condamné à mort lors d'une audience du tribunal qui s’est tenue deux jours auparavant.

«Mon fils est malade. Le tribunal a interdit à son avocat d'entrer dans la salle d'audience. Ils l'ont interrogé en l'absence d'un avocat et l'ont condamné à mort dès la première séance. Ils réclament son exécution immédiate», explique-t-elle.

Les analystes affirment que le régime perçoit désormais les manifestations comme une menace réelle. «Aujourd'hui, les gens sont déterminés à défier le régime, plus qu'ils ne l'étaient par le passé», explique Saïd Golkar, chercheur à l'université du Tennessee. «Malheureusement, l'histoire nous a appris qu'ils sont prêts à recourir à toute forme de violence pour se maintenir au pouvoir.»

Pour Meir Javedanfar, de l'université Reichman, en Israël, «contrairement à ce que prévoient les autorités, les manifestations sont loin de s'apaiser».

La répression des manifestations par le régime suscite une vague de condamnation dans le monde. Dans ce contexte, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a fait savoir lundi que l'Union européenne envisageait de nouvelles mesures de sanction à l'encontre du régime iranien.

«Nous condamnons la violence excessive exercée par les forces de sécurité et nous soutenons le peuple iranien», a indiqué M. Scholz.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.