Obsèques «écologiques»: vers un tournant dans le très traditionnel secteur du funéraire ?

La fondatrice de la société Le Ciel & la Terre a choisi d'encourager des obsèques écologiques, un mode de funérailles encore marginal mais dont la demande augmente petit à petit (Photo, AFP).
La fondatrice de la société Le Ciel & la Terre a choisi d'encourager des obsèques écologiques, un mode de funérailles encore marginal mais dont la demande augmente petit à petit (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 novembre 2022

Obsèques «écologiques»: vers un tournant dans le très traditionnel secteur du funéraire ?

  • Ce type de corbillards d'un genre nouveau existe déjà dans d'autres pays, comme en Suisse
  • Mais leur utilisation en France reste limitée aux obsèques qui ont lieu dans un rayon restreint

PARIS: Mains sur le guidon et yeux sur la route: Isabelle Plumereau transporte à vélo... un corbillard. La fondatrice de la société Le Ciel & la Terre a choisi d'encourager des obsèques écologiques, un mode de funérailles encore marginal mais dont la demande augmente petit à petit.

Ce type de corbillards d'un genre nouveau existe déjà dans d'autres pays, comme en Suisse, mais leur utilisation en France reste limitée aux obsèques qui ont lieu dans un rayon restreint, où la mise en bière, la cérémonie et l'inhumation ou la crémation sont organisées dans la même ville.

"Il y a une limite de poids. Évidemment, j'inviterais les personnes qui choisiront ce mode de déplacement à se diriger vers des cercueils plutôt sobres donc plutôt légers", conseille Isabelle Plumereau qui précise qu'"avec une +Corbicyclette+ on ne peut pas parcourir une distance énorme", au maximum une quarantaine de kilomètres.

"C'est peut-être possible à Paris, mais en province ça n'arrive quasiment jamais", assure à l'AFP Gautier Caton, directeur d'un réseau de pompes funèbres d'une quarantaine d'agences à Paris, en région Centre et en Bourgogne.

Et pour Charles Simpson, fondateur du comparateur Meilleures Pompes Funèbres, une évolution de la loi pour élargir l'utilisation de ces véhicules est peu probable: "Imaginez qu'il y ait un accident entre le vélo et une voiture... Le législateur ne va pas prendre le risque d'avoir un cercueil sur la voie publique".

Cela n'empêche pas les professionnels des pompes funèbres de développer d'autres solutions pour des funérailles plus écologiques, face à une demande grandissante de la part des familles.

"On voit qu'ils font des efforts", constate Sarah Dumont, fondatrice de Happy End, un annuaire en ligne des services funéraires. "Les coopératives funéraires ont ouvert la voie, en informant les familles sur les soins de conservation par exemple, qui utilisent souvent des produits chimiques polluants, ce qui a réduit significativement le recours à cette méthode. Certaines, comme à Dijon, proposent aussi de louer des fleurs artificielles pour la crémation, plutôt que de les acheter et qu'elles finissent à la poubelle", ajoute-t-elle.

Humusation, aquamation et promession 

Les Pompes Funèbres Caton proposent aussi un document aux familles leur suggérant des actions simples pour réduire l'impact des obsèques (en choisissant des fleurs de saison par exemple ou des vêtements qui se dégradent plus facilement pour la mise en bière) et demandent à leurs fournisseurs d'utiliser des vernis moins polluants sur les cercueils ou des capitons biodégradables.

"Des familles nous demandent aussi des cercueils en carton, qu'on leur commande. Mais il faudrait mesurer l'impact global du carton par rapport au bois car en France on a une filière très responsable pour les cercueils et le bois peut permettre de consommer moins de gaz lors d'une crémation", estime Gautier Caton.

Ce type de demande reste néanmoins marginal dans les dernières volontés des défunts. "Pour la génération qui est en train de décéder, la notion d'écologie est encore trop récente. Mais dans les contrats obsèques qui sont rédigés en ce moment, on voit que la proportion est plus importante", note M. Simpson.

D'autres modes de funérailles pourraient aussi être envisagés pour éviter la consommation de gaz d'une crémation ou la pollution liée aux inhumations: c'est par exemple le cas de l'humusation, qui consiste à transformer le corps en compost, de l'aquamation, aussi appelée "crémation par l'eau", ou de la promession, qui consiste en une congélation à basse température suivie d'une réduction en poudre et qui utilise de l'azote liquide. Mais ils ne sont pas autorisés en France.

"Il faut garder en tête que le secteur funéraire est très traditionnel car il touche notamment aux croyances", soutient M. Simpson, "les associations et les pouvoirs publics s'intéressent au sujet de façon prudente".

Pour Mme Dumont, une véritable "évolution" du secteur est en tout cas en cours, même si elle est "encore fragile". "La première chose, c'est d'informer les familles sur leurs possibilités, car beaucoup ne connaissent pas encore ces options écologiques", renchérit-elle.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.