Crise inédite au sein du couple franco-allemand

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le chancelier allemand Olaf Scholz au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 26 octobre 2022. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le chancelier allemand Olaf Scholz au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 26 octobre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Crise inédite au sein du couple franco-allemand

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le chancelier allemand Olaf Scholz au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 26 octobre 2022. (Photo, AFP)
  • Ébranlé par la guerre en Ukraine, le Vieux Continent subit les effets de la crise énergétique et de l’inflation
  • Les 100 milliards d’euros alloués par l’Allemagne à son armée pour les cinq années à venir ne vont pas contribuer à l’émergence d’un pôle indépendant de défense européenne

PARIS: Ébranlé par la guerre en Ukraine, le Vieux Continent subit les effets de la crise énergétique et de l’inflation. Quant à l’Union européenne (UE), elle risque de connaître davantage de divisions et d’affaiblissement en l’absence de toute perspective d’autonomie stratégique.

Dans ce contexte, les relations entre l’Allemagne et la France traversent une zone de turbulences, comme le révèle l’annonce du report de la réunion du Conseil des ministres franco-allemand qui devait se tenir le 26 octobre dernier à Fontainebleau, près de Paris. Cet événement représente un cas rare dans l’histoire de relations bilatérales au sein d’un duo considéré comme le moteur de l’UE.

Certes, le différend peut s’expliquer par des divergences circonstancielles, notamment autour de l’énergie et de la défense européenne. Mais, en réalité, des contradictions dans les visions et les stratégies – qui rendent les perspectives pour l’UE illisibles et incertaines – montrent qu’il est plus profond.

Accumulation de divergences et de tensions

Depuis la consolidation du lien franco-allemand dans les années 1960 par le président français Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer, l’expression «couple franco-allemand» est lancée par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt. Ces derniers ont donné, à la fin des années 1970, une véritable impulsion à la relance européenne. François Mitterrand avec Helmut Kohl, Jacques Chirac avec Gerhard Schröder, puis Angela Merkel avec Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, les relations sont restées plutôt harmonieuses; elles ont permis d’œuvrer à la construction européenne. Cependant, depuis septembre dernier, on remarque une ambiance moins sereine entre Emmanuel Macron et le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz.

Notons que ce différend concerne principalement trois dossiers:

D’abord, la gestion de la crise énergétique au sein de l'UE, avec le refus de l'Allemagne (contrairement à la plupart des pays membres) à fixer un plafond pour le prix du gaz à importer. Berlin considère qu’une telle procédure la prive d'approvisionnement en gaz, notamment celui de la Russie. Quant à la France, elle plaide pour un mécanisme qui sépare les prix du gaz et de l'électricité afin de réduire l'inflation.

Ensuite, les aides européennes publiques. Alors que Paris réclamait un plan européen commun (l'Allemagne est le premier contributeur financier de l’Union) pour faire face à la crise, le chancelier Scholz a préféré allouer 200 milliards d'euros pour soutenir les entreprises et les groupes allemands.

Enfin, la défense européenne: Paris n'a pas admis la réticence de Berlin à œuvrer ensemble pour un pôle stratégique européen indépendant. En effet, l’Allemagne place tous ses efforts sous la bannière de l'Otan.

Entre autres points de désaccord, Paris se montre réticent à un projet de système de défense aérienne (bouclier antimissile) conjoint dans lequel l'Allemagne investit aux côtés des États-Unis, Israël, la Grande-Bretagne et d'autres pays européens.

Les divergences s’étendent également à d’autres projets d’armement européen, avec, entre autres, la préférence de la hiérarchie militaire allemande pour les équipements américains. La déception française est de taille, car les 100 milliards d’euros alloués par l’Allemagne à son armée pour les cinq années à venir ne vont pas contribuer à l’émergence d’un pôle indépendant de défense européenne.

La stratégie géopolitique de l’Allemagne

La guerre en Ukraine crée des bouleversements en série et incite Scholz à réinventer pour son pays une stratégie géopolitique. Avec le retour de la guerre en Europe, Berlin observe que «l’Union européenne se déplace vers l'Est». Ainsi, selon la nouvelle stratégie de Scholz, «la relation franco-allemande n'a plus le même rôle». Rappelons que, depuis la chute du mur de Berlin, l’élargissement de l’UE vers le Centre et l’Est a servi les desseins de l’Allemagne et «son domaine géopolitique vital» aux dépens de la France.

Avec ce nouvel état de lieux outre-Rhin, on s’interroge de plus en plus: le moteur franco-allemand est-il toujours essentiel? Toutefois, lorsque Macron a sonné l’alarme à propos de ce qu’il appelle «le risque de l’isolement de l’Allemagne» et lorsque le président du Conseil européen, Charles Michel, a affirmé que «la relation entre la France et l'Allemagne est très importante pour l'Union européenne», Scholz a décidé de recoller les morceaux avec la France. Lors d’un sommet avec Macron à l’Élysée, le 26 octobre dernier, les deux parties ont décidé de créer de comités spécialisés pour aplanir leur différend.

Répercussions sur la cohésion de l’UE

Malgré les tentatives pour donner une nouvelle impulsion ou assurer un redémarrage au moteur franco-allemand, certains grands experts internationaux comme Jacques Attali doutent de la suite. Pour ce dernier, «il ne s'agit […] pas que d'une différence d'appréciation d'un même enjeu, celui de l’accès à l’énergie. Il s’agit plutôt d’une différence profonde d’intérêts stratégiques à long terme». Pour beaucoup d’observateurs, la persistance du litige franco-allemand constitue un grave péril pour l’Europe de demain. Berlin donne la priorité à la primauté de ses intérêts économiques dans une Europe atlantique, tandis que Paris plaide vainement pour une souveraineté européenne. Enfin, pour les cercles de Bruxelles, siège de l’UE, les relations franco-allemandes doivent se définir au cas par cas sur la base de l’intérêt mutuel, et non toujours comme un duo européen.

 


Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner

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  • "Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire"
  • Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup

WASHINGTON: Donald Trump s'en est pris mercredi à Emmanuel et Brigitte Macron lors d'un déjeuner, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l'Otan à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l'Iran.

"Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire", a déclaré le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche qui en a ensuite fermé l'accès.

Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.

Ces images avaient été largement exploitées sur les réseaux sociaux par des comptes hostiles au président français. Emmanuel Macron avait démenti toute "scène de ménage" et affirmé que cette petite chamaillerie n'était qu'un "moment de complicité".

La classe politique française s'est indignée jeudi matin de cette nouvelle déclaration irrespectueuse de Donald Trump.

"Franchement, c'est pas au niveau (...) On est en train de parler de l'avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d'opérations et on a un président (américain) qui rigole, qui se moque des autres", a réagi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet sur franceinfo.

"Vous connaissez l'ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable", a réagi le coordinateur de la France insoumise (gauche radicale), Manuel Bompard, sur BFMTV.

M. Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l'État français un soutien militaire dans le Golfe: "J'ai dit: +Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d'aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d'élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques+".

Puis, imitant son homologue avec un accent français: "+Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée+".


Trump dit que l'Iran sera frappé «extrêmement durement» pendant encore deux à trois semaines

 Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique. (AFP)
Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique. (AFP)
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  • "S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément"
  • Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit il y a un peu plus d'un mois, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis

WASHINGTON: Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique.

"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre, auquel ils appartiennent. En attendant, les discussions se poursuivent", a lancé le président américain lors d'une allocution aux Américains depuis la Maison Blanche.

"S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément", a-t-il ajouté.

Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit il y a un peu plus d'un mois, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis, réaffirmant que les frappes étaient nécessaires pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire.

Malgré tout, le locataire de la Maison Blanche a martelé que la fin du conflit n'était pas encore venue.

"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il lancé.

Donald Trump a de nouveau menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu'en l'absence d'accord, les Etats-Unis allaient "frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément".

Le président américain a également appelé les pays qui dépendent du détroit d'Ormuz à "s'occuper" de résoudre le blocage par l'Iran de cette voie maritime stratégique pour la distribution d'hydrocarbures à travers le monde.

Demandes "maximalistes" 

Dans la matinée, il avait pourtant exclu toute trêve sans réouverture de détroit, dont le blocage déstabilise l'économie mondiale. Sans levée du blocus, l'Iran serait bombardé "jusqu'à l'anéantissement", avait-il averti.

La quasi-fermeture de ce passage maritime a entraîné une envolée des cours du pétrole, nourrissant la peur d'une inflation durable.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux "ennemis" du pays.

Dans ce contexte, Londres a annoncé la tenue jeudi d'une réunion virtuelle impliquant une trentaine de pays prêts à garantir la sécurité dans le détroit une fois les hostilités terminées.

Avant son allocution, Donald Trump avait assuré sur son réseau Truth Social que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, aurait réclamé "un CESSEZ-LE-FEU".

Des affirmations "fausses", a balayé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui a aussi démenti l'existence de négociations directes avec les Etats-Unis, et a qualifié les demandes de Washington de "maximalistes et irrationnelles".

Massoud Pezeshkian avait évoqué mardi une volonté "de mettre fin" à la guerre, mais il avait listé des exigences, comme des garanties de sécurité et des compensations financières.

Le Brent repart à la hausse 

Portées par un espoir d'une désescalade, les Bourses européennes et Wall Street avaient terminé en hausse mercredi avant le discours de Donald Trump.

Mais après l'allocution, le baril de pétrole Brent -- référence mondiale -- est reparti à la hausse, au-delà des 105 dollars.

Les répercussions économiques du conflit continuent de se faire sentir dans le monde.

Dans un entretien à l'AFP, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, s'est dit mercredi "très inquiet" des conséquences de la guerre, notamment "sur l'inflation, les emplois et la sécurité alimentaire".

Dans la journée de mercredi, les pays du Golfe ont été encore visés par des attaques iraniennes, comme aux Emirats, où un Bangladais a été tué.

Comme aussi en Israël, où l'armée a dit avoir contré des tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, après une journée marquée par d'autres tirs qui ont fait 14 blessés près de Tel-Aviv.

Dans son allocution, Donald Trump a promis qu'il n'abandonnerait pas ces alliés du Golfe, nommément "Israël, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn".

"Vengeance" 

De son côté, Israël a également poursuivi ses bombardements, avec une "vague de frappes de grande ampleur" à Téhéran.

De puissantes explosions ont retenti mercredi après-midi dans l'ouest de la ville, selon un journaliste de l'AFP.

Malgré les frappes, des milliers d'Iraniens ont assisté dans la capitale aux funérailles d'un commandant, tué par une frappe israélienne. "Vengeance", proclamait en anglais une pancarte tenue par un enfant.

Côté israélien, si le gouvernement a estimé qu'une partie de ses objectifs était atteint en portant "un coup" aux programmes nucléaires et balistiques iraniens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté: la "campagne n'est pas terminée".

Au Liban, le bilan d'un mois de frappes israéliennes s'élève désormais à plus de 1.300 tués, selon le gouvernement qui a fait état mercredi de sept morts dans la région de Beyrouth.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, dès le premier jour du conflit le 28 février.

Israël a averti qu'il prévoyait d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée.

 

 


Rubio affirme que les Etats-Unis doivent "réexaminer" leurs relations avec l'Otan

Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
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  • Marco Rubio évoque un possible réexamen du rôle des États-Unis dans l’OTAN, après des tensions liées au conflit avec l’Iran et au manque de coopération de certains alliés européens
  • Donald Trump intensifie ses critiques contre l’alliance, remettant en cause l’engagement américain et accusant l’OTAN d’être déséquilibrée au détriment des États-Unis

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant mardi que les Etats-Unis devaient "réexaminer" leurs relations avec l'alliance atlantique militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.

"Je pense qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation. Nous devrons réexaminer l'intérêt que présente l'Otan pour notre pays dans le cadre de cette alliance", a déclaré M. Rubio sur la chaîne Fox News, ajoutant qu'il reviendrait au président Donald Trump de trancher cette question.

Les Etats-Unis reprochent à des pays de l'Otan dont la France, l'Espagne et l'Italie de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.

"Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'Otan nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des Etats-Unis, alors l'Otan est une voie à sens unique", a déclaré M. Rubio.

"L'Otan se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (...) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est +non+ ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'Otan ? Il faut se poser cette question", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des Etats-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole.

Parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que "nous sommes proches de la ligne d'arrivée" sans donner de calendrier.

Les relations entre les Etats-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, et l'Otan traversent depuis le retour au pouvoir du président américain une zone de fortes turbulences, les premiers accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, les seconds inquiets d'un éventuel désengagement américain.