Le Premier ministre britannique Rishi Sunak se rendra finalement à la COP27

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak quitte le 10 Downing Street le 2 novembre 2022, en direction de la Chambre des communes pour participer à la session hebdomadaire des questions du Premier ministre. (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak quitte le 10 Downing Street le 2 novembre 2022, en direction de la Chambre des communes pour participer à la session hebdomadaire des questions du Premier ministre. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 02 novembre 2022

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak se rendra finalement à la COP27

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak quitte le 10 Downing Street le 2 novembre 2022, en direction de la Chambre des communes pour participer à la session hebdomadaire des questions du Premier ministre. (Photo, AFP)
  • Rishi Sunak, dont le pays avait accueilli la COP26 l'an dernier, avait d'abord affirmé qu'il n'irait pas à la conférence climat, justifiant son absence par « des engagements pressants» au Royaume-Uni
  • Au premier rang se trouve la préparation de la présentation du budget le 17 novembre, très attendu après plusieurs semaines de tempête financière, provoquée par les annonces économiques de sa prédécesseure Liz Truss

LONDRES: Le chef du gouvernement britannique Rishi Sunak a annoncé mercredi qu'il se rendrait finalement à la COP27, une volte-face mieux accueillie sur le fond que sur la forme pour le dirigeant conservateur, qui a déjà plusieurs fers au feu sur le front intérieur.

"Il n'y a pas de prospérité à long terme sans action sur le changement climatique. Il n'y a pas de sécurité énergétique sans investir dans les renouvelables. C'est pourquoi j'assisterai à la @COP27 la semaine prochaine: pour que l'héritage de Glasgow se traduise par un avenir sûr et durable", a tweeté le dirigeant conservateur de 42 ans.

Rishi Sunak, dont le pays avait accueilli la COP26 l'an dernier, avait d'abord affirmé qu'il n'irait pas à la conférence climat, justifiant son absence par "des engagements pressants" au Royaume-Uni.

Au premier rang se trouve la préparation de la présentation du budget le 17 novembre, très attendu après plusieurs semaines de tempête financière, provoquée par les annonces économiques de sa prédécesseure Liz Truss, restée seulement 49 jours au pouvoir.

Rishi Sunak est également secoué par son choix polémique de renommer à la tête du ministère de l'Intérieur la très à droite Suella Braverman, six jours seulement après sa démission - sous Liz Truss - pour avoir indument partagé des documents officiels depuis une adresse email privée.

A cela s'ajoute la délicate gestion des arrivées massives de migrants qui traversent la Manche sur de petites embarcations, débordant les capacités déployées par le gouvernement britannique, qui anticipe au total 50 000 arrivées sur toute l'année 2022.

«Faux-pas embarrassant»

Lors de la séance de question hebdomadaire de questions au Parlement, sa deuxième depuis son arrivée au pouvoir, Rishi Sunak a défendu sa ministre dont l'opposition demande le départ: "elle fait son travail, en s'attaquant à la délinquance, défendant nos frontières".

L'absence du nouveau dirigeant britannique à la COP27, où sont attendus Joe Biden et le président brésilien élu Luiz Inacio Lula da Silva, apparaissait d'autant plus embarrassante politiquement que l'ex-Premier ministre Boris Johnson avait confirmé mardi qu'il s'y rendrait.

Après une accumulation de critiques, venant notamment du négociateur britannique sur le climat Alok Sharma, Downing Street avait semblé peu à peu préparer le terrain à un revirement.

"Bonne décision. Nous avons tous besoin du leadership du Royaume-Uni sur le climat", a réagi sur Twitter le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney.

"Heureuse" de cette volte-face, la députée verte Caroline Lucas a étrillé "un faux-pas embarrassant sur la scène mondiale". "Que ça lui serve de leçon", a-t-elle tweeté.

Le chef du Labour Keir Starmer a quant à lui estimé que "céder aux critiques n'est pas diriger".

Le roi n'ira pas

"Si le Royaume-Uni veut être vu comme un leader dans le monde, il doit montrer la voie. C'est la moindre des choses que le Premier ministre aille à la COP27", a réagi Tracy Carty, responsable du climat à l'ONG Oxfam GB.

Malgré le revirement du Premier ministre, le roi Charles III, connu pour son engagement de longue date pour l'environnement, ne s'y rendra pas.

Il y a un "accord unanime" avec le gouvernement, a déclaré un porte-parole du palais de Buckingham.

Ce n'est que vendredi dernier que Downing Street a publiquement admis que le souverain ne ferait pas le déplacement, plusieurs jours après que la presse a affirmé que Liz Truss s'était opposée à la participation du roi.

"Comme c'est la pratique, l'avis du gouvernement a été sollicité et fourni sous un précédent Premier ministre et il a été convenu unanimement que ce ne serait pas la bonne occasion pour le roi Charles de s'y rendre en personne", avait déclaré une porte-parole du Premier ministre.

Le roi organise ce vendredi une réception au palais de Buckingham, réunissant 200 chefs d'entreprises, décideurs et ONG "pour marquer la fin de la présidence britannique de la COP26 et regarder vers le sommet de la COP27", selon ses services. L'envoyé spécial américain pour le climat John Kerry y est notamment attendu.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.