Unesco: Un tiers des glaciers classés au patrimoine mondial vont disparaître

L'épaisse couche de glace qui recouvrait un col suisse entre le glacier du Scex Rouge et le glacier du Tsanfleuron depuis au moins l'époque romaine a complètement fondu (Photo, AFP).
L'épaisse couche de glace qui recouvrait un col suisse entre le glacier du Scex Rouge et le glacier du Tsanfleuron depuis au moins l'époque romaine a complètement fondu (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 04 novembre 2022

Unesco: Un tiers des glaciers classés au patrimoine mondial vont disparaître

  • Selon le Giec la fonte des glaces et neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le réchauffement climatique
  • L'étude porte sur 18 600 glaciers de 66 000 km2 au total répartis sur 50 sites du patrimoine mondial soit 10% de la surface glaciaire totale de la terre

PARIS: Plusieurs glaciers du monde parmi les plus emblématiques, dont le Yellowstone, les Pyrénées et le Kilimandjaro, vont disparaître d'ici à 2050 "quel que soit le scénario climatique", a prévenu jeudi l'Unesco à quelques jours de la COP 27.

L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) appelle ainsi à "rapidement réduire les émissions de CO2" pour préserver les autres glaciers qu'elle a inscrits au patrimoine mondial.

L'étude porte sur 18.600 glaciers de 66.000 km2 au total répartis sur 50 sites du patrimoine mondial, soit 10% de la surface glaciaire totale de la terre, précise l'Unesco.

Sur un tiers de ces sites, les glaciers vont complètement disparaître. Les autres "pourraient être sauvés si nous limitions le réchauffement climatique à 1,5 degré" par une réduction "drastique" des émissions de gaz à effet de serre, prévient l'organisation.

Les glaciers du patrimoine mondial fondent à raison de 58 milliards de tonnes de glace chaque année, soit le volume d'eau utilisé annuellement par la France et l'Espagne, contribuant 5% à l'élévation mondiale du niveau de la mer, selon le rapport.

La vitesse du recul des glaciers "inquiète", d'autant plus que "la fonte s'accélère", a détaillé à l'AFP Tales Carvalho Resende, co-auteur de l'étude.

Selon le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) paru au printemps, la fonte des glaces et des neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le réchauffement climatique.

La conférence COP 27 de l'ONU sur le climat, qui se tient du 6 au 18 novembre dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, "aura un rôle crucial à jouer pour aider à trouver des solutions", a souligné la directrice de l'Unesco, Audrey Azoulay, dans un communiqué.

17 chantiers
Les glaciers des sites classés au patrimoine mondial sont un échantillon représentatif de "tous les types de glaciers" du monde. La fonte se constate partout, et principalement en Amérique du Nord et dans l'Arctique.

L'ensemble des glaciers classés en Afrique va disparître d'ici à 2050, notamment ceux du Parc national du Kilimandjaro, en Tanzanie, ou du Mont Kenya.

En Europe, les glaciers des Pyrénées-Mont Perdu en France et en Espagne devraient disparaître, au même titre que ceux des Dolomites en Italie, du haut lieu tectonique suisse Sardona et des parcs nationaux du Yellowstone et de Yosemite aux Etats-Unis. Trois sites classés en Russie vont également voir leurs glaciers fondre entièrement.

Au total, les glaciers de 17 sites classés au patrimoine mondial n'existeront plus d'ici à 2050, projette l'Unesco, à partir d'une analyse de données satellitaires réalisée avec l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Les glaciers des aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan en Chine ont vu leur volume divisé par plus de deux et fondent actuellement le plus rapidement parmi les sites classés.

Fonds spécial
Si les émissions de gaz à effet de serre restaient à leur niveau actuel, "environ 50% des glaciers du patrimoine mondial pourraient presque entièrement disparaître d'ici 2100", s'alarme encore l'organisation.

L'impact sera "environnemental, sur la biodiversité et sur les ressources d'eau", souligne M. Carvalho Resende, sans "oublier que ces glaciers ont également une importance culturelle pour les communautés locales".

La fonte expose "des millions de personnes" au "manque d'eau et au risque accru de catastrophes naturelles", renchérit Bruno Oberle, directeur général de l'UICN, dans le communiqué.

En insistant sur les glaciers les plus connus, l'Unesco espère provoquer une "une prise de conscience" plus forte pour des engagements "plus ambitieux", selon M Carvalho Resende.

Au-delà d'un appel à une réduction des émissions, l'Unesco demande la création d'un "fonds international pour la surveillance et la préservation des glaciers".

"Il y a toujours un manque de données assez important", pointe le co-auteur.

Par ailleurs, "même si on arrête drastiquement les émissions, les glaciers vont continuer à reculer" et "il faudra mettre en place des actions d’adaptation" face aux bouleversements inévitables que cela provoquera, note-t-il.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.