Israël: tractations et craintes après la victoire de Netanyahu

Un partisan du parti Likud se protège de la pluie avec une bannière électorale représentant son chef, l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant un rassemblement électoral dans la ville de Migdal HaEmek, dans le nord d'Israël, le 23 octobre 2022, avant les élections de novembre. (Photo par Menahem KAHANA / AFP)
Un partisan du parti Likud se protège de la pluie avec une bannière électorale représentant son chef, l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant un rassemblement électoral dans la ville de Migdal HaEmek, dans le nord d'Israël, le 23 octobre 2022, avant les élections de novembre. (Photo par Menahem KAHANA / AFP)
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Publié le Vendredi 04 novembre 2022

Israël: tractations et craintes après la victoire de Netanyahu

  • Avec 64 sièges, le bloc de droite mené par M. Netanyahu, déchu du pouvoir en juin 2021 après 12 ans de règne continu, est arrivé en tête des législatives de mardi
  • L'annonce, jeudi soir, des résultats des législatives, les 5e en trois ans et demi, est survenue dans un contexte de regain de violences israélo-palestiniennes

JERUSALEM: Vainqueur des législatives, Benjamin Netanyahu a lancé les tractations avec ses alliés ultra-orthodoxes et d'extrême droite en vue de former un gouvernement qui pourrait être le plus à droite de l'histoire d'Israël, suscitant des inquiétudes internationales et locales.

"Où vont-ils?" titre vendredi le Yediot Aharonot, journal le plus vendu en Israël, avec les portraits de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, et de la star montante de l'extrême droite, Itamar Ben Gvir.

Avec 64 sièges, le bloc de droite mené par M. Netanyahu, déchu du pouvoir en juin 2021 après 12 ans de règne continu, est arrivé en tête des législatives de mardi.

Son parti, le Likoud, a obtenu 32 sièges, ses alliés ultra-orthodoxes 18 et l'alliance "Sionisme religieux" 14, un record pour l'extrême droite.

"Cela va être un gouvernement sans précédent", prédit dans le Yediot Aharonot la chroniqueuse politique Sima Kadmon. "La plupart des portefeuilles importants seront entre les mains de fanatiques (...) Tout le monde sait que si seulement une fraction de ce qui a été promis est mise en oeuvre, cela va être un pays différent."

En face, le camp "anti-Netanyahu" mené par le Premier ministre sortant Yaïr Lapid (centriste) a obtenu 51 sièges.

En Israël, la montée de l'extrême droite suscite la «peur» de la minorité arabe

Star des dernières élections législatives, l'extrême droite s'apprête à faire une entrée sans précédent dans les arcanes du pouvoir en Israël avec pour but affiché de "renforcer l'identité juive" du pays au grand dam de la minorité arabe dans son viseur.

Il y a deux ans, le parti trublion de l'extrême droite Itamar Ben Gvir n'obtient que 0,42% des voix aux élections. Un an plus tard, le Premier ministre d'alors Benjamin Netanyahu pèse de son influence pour réunir M. Ben Gvir avec un autre ténor de l'extrême droite, Bezalel Smotrich, sous l'étiquette "Sionisme religieux", leur permettant de moissonner 5% des voix.

Aujourd'hui, cette liste s'est imposée comme la troisième force politique d'Israël avec près de 11% des voix, soit un demi-million de votes, un bond lié à la fois à une "droitisation" de la société et des tactiques récentes, estiment des analystes.

"Netanyahu a légitimé l'extrême droite car il avait besoin d'elle pour sa coalition, alors beaucoup d'Israéliens l'ont vue simplement comme une version plus dure de son parti le Likoud", explique à l'AFP Yossi Klein Halevi, chercheur à l'institut Shalom Hartman de Jérusalem.

"Ben Gvir a emprunté le manuel de l'extrême droite européenne, et en particulier celui de Marine Le Pen, afin de changer son image et apparaître comme une figure politique respectable et il a réussi à convaincre de nombreux électeurs qu'il était modéré", souligne M. Klein Halevi.

"Il n'y a pas de doute qu'il est un politicien talentueux (...) mais le fait d'avoir été placé dans un plus grand parti et d'avoir été endossé par Netanyahu a tout changé", renchérit Shlomo Fischer, spécialiste de la droite israélienne.

"Il y a (aussi) assurément un phénomène à long terme qui tient à ce que la société israélienne devient de plus en plus à droite et à certains égards, plus traditionnelle et plus nationaliste d'un point de vue ethnique et religieux", explique-t-il.

Ce nationalisme croît davantage en "périphérie" des grands centres, dans les "classes populaires", et se nourrit aussi du contexte sécuritaire lié au conflit israélo-palestinien, pense-t-il.

Ces élections ont en effet eu lieu sur fond d'un regain de violences et ont été les premières depuis l'embrasement généralisé dans les villes mixtes arabo-juives, à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, sur fond de guerre à Gaza, en mai 2021.

«Entrepreneurs du dégoût»

Ce courant d'extrême droite remonte en Israël au rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le mouvement Kach a été banni après l'assassinat en 1994 de 29 Palestiniens en train de prier à Hébron, en Cisjordanie occupée, par un de ses sympathisants, Baruch Goldstein.

Itamar Ben Gvir, qui a milité dans Kach, a longtemps eu un portrait de Goldstein dans son salon mais dit avoir pris quelques distances depuis.

Dans son ouvrage "Les émotions contre la démocratie", publié mi-octobre, la sociologue franco-israélienne Eva Illouz estime que le mouvement Kach avait cherché à recentrer le conflit entre Israéliens et Arabes "non plus sur la terre, mais sur les personnes".

"La question des compromis territoriaux a cessé d'être la question essentielle; ce qui importait désormais plus que tout c'était d'instaurer des lois empêchant dans les faits les Arabes d'intégrer la société israélienne et, a fortiori, de s'assimiler à elle", écrit-elle.

Or ce mouvement continue de vivre via des "entrepreneurs du dégoût" pour qui "la présence de non-Juifs dans le corps politique juif compromet la pureté du peuple juif dans son ensemble".

M. Ben Gvir a d'ailleurs fait campagne en taclant la présence d'un parti arabe dans la coalition sortante du centriste Yaïr Lapid.

«Peur»

La perspective de voir l'extrême droite au pouvoir inquiète des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948 et qui représentent aujourd'hui près de 20% de la population.

"Il y a énormément de frustration à voir Netanyahu former un gouvernement avec Ben Gvir. Les gens ont peur des mesures qu'ils vont mettre en oeuvre (...) et de voir les tensions s'accentuer dans les villes mixtes", explique à l'AFP Jaafar Farah, directeur de Moussawa, une ONG de défense des droits des Arabes israéliens.

"La population se demande comment la réconciliation (entre Juifs et Arabes) sera possible. Il n'y a pas vraiment d'espoir", souligne-t-il.

En Israël, la minorité arabe compte sur des partis à la Knesset, le Parlement. Ces formations ont obtenu mardi au total environ le même nombre de voix que l'extrême droite, un demi-million, mais fait élire moins de députés en raison de divisions internes.

Pour Feda Tabouni, partisane de la formation arabe Hadash/Taal, un constat s'impose après ces élections: "Israël devient de plus en plus raciste, fasciste (...) et cela mènera à plus de violence et d'humiliation".

Compliqués

L'annonce, jeudi soir, des résultats des législatives, les 5e en trois ans et demi, est survenue dans un contexte de regain de violences israélo-palestiniennes.

L'armée israélienne a frappé dans la nuit "des sites militaires" dans la bande de Gaza après des roquettes tirées de cette enclave palestinienne vers Israël. Et jeudi quatre Palestiniens, dont un assaillant, un combattant et un adolescent, ont été tués par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

L'enclave de Gaza est sous blocus israélien depuis plus de 15 ans et la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont occupés par Israël depuis 1967.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a exprimé jeudi sa "profonde inquiétude" face à ces violences et appelé à une désescalade.

Conformément à la loi électorale israélienne, les résultats définitifs des législatives seront transmis le 9 novembre au président Isaac Herzog, qui devra ensuite mandater officiellement le candidat ayant reçu le plus de recommandations de la part des partis pour former un gouvernement, vraisemblablement M. Netanyahu.

Ce dernier aura alors 42 jours pour former son équipe.

Selon les médias locaux, il a d'ores et déjà mandaté Yariv Levin, un de ses proches, pour entamer des pourparlers qui pourraient s'annoncer compliqués, avec la formation "Sionisme religieux" notamment.

Le chef de ce parti, Bezalel Smotrich, a indiqué vouloir le ministère de la Défense, et son n.2 Itamar Ben Gvir, celui de la Sécurité publique, deux postes clés à l'avant-scène du conflit israélo-palestinien.

Chez les ultra-orthodoxes, le chef du parti séfarade Shass, Arieh Dery, revigoré par ses onze sièges, lorgne sur les Finances ou l'Intérieur. M. Dery a été reconnu coupable de fraude fiscale en 2021 et avait auparavant été emprisonné pour corruption.

Israël: quatre ans de crise politique

Les principales étapes de la crise politique en Israël, de son début en 2018 aux élections législatives du 1er novembre, cinquième scrutin en moins de quatre ans.

Parlement sans majorité 

Après la démission en novembre 2018 du ministre de la Défense de l'époque, Avigdor Lieberman, chef du parti nationaliste Israël Beitenou (5 députés) opposé à une trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le gouvernement Netanyahu ne dispose plus que d'une seule voix de majorité au Parlement. Un mois plus tard, celui-ci est dissous et des élections convoquées.

Aux législatives anticipées du 9 avril 2019, le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 2009, et Kahol-Lavan (Bleu-Blanc), alliance centriste menée par l'ancien chef d'état-major de l'armée Benny Gantz, remportent le même nombre de sièges.

Fin mai, devant l'incapacité à former une coalition, le Parlement vote encore sa propre dissolution.

Netanyahu inculpé 

Le 17 septembre, le Likoud et Bleu-Blanc sont de nouveau au coude à coude à l'issue des législatives.

Le 21 novembre, M. Netanyahu est inculpé de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes.

Le 11 décembre, après les échecs de MM. Gantz et Netanyahu à former un gouvernement, les députés votent une nouvelle fois la dissolution du Parlement.

Nouvel échec 

Le 2 mars 2020, le Likoud obtient 36 sièges et Bleu-Blanc 33 aux élections.

Le 16, le président Reuven Rivlin charge toutefois M. Gantz de former un gouvernement car il avait rallié davantage d'appuis des autres partis.

N'ayant pas réussi seul, M. Gantz forme à la surprise générale un "gouvernement d'union et d'urgence" avec Benjamin Netanyahu pour faire face à la pandémie de coronavirus.

Le 7 mai, le président charge Benjamin Netanyahu de former le gouvernement d'union, auquel le Parlement accorde sa confiance le 17 mai.

Le 23 décembre, après l'échec de ce gouvernement d'union Netanyahu/Gantz à adopter un budget d'Etat, le Parlement est à nouveau dissous.

Et de 4!

Le 23 mars 2021, le Likoud arrive en tête des nouvelles élections, suivi cette fois par la formation Yesh Atid ("Il y a un futur" en français) de son rival, le centriste Yaïr Lapid.

A la date-butoir du 5 mai, Benjamin Netanyahu échoue à former un gouvernement. Le président charge Yaïr Lapid d'essayer à son tour.

Bennett Premier ministre 

Le 30 mai, le chef de la formation de droite radicale israélienne Yamina, Naftali Bennett, annonce son intention de rejoindre le camp de Yaïr Lapid, qui parvient à réunir une coalition hétéroclite, allant de la droite à la gauche, en comprenant - fait unique - une formation arabe.

Le 13 juin, Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis 15 ans, dont 12 sans discontinuer, est écarté après un vote de confiance du Parlement à cette coalition inédite.

Dans un accord de rotation à la tête du gouvernement, Naftali Bennett devient Premier ministre, tandis que Yaïr Lapid prend la tête de la diplomatie.

Le 4 novembre, le Parlement adopte le budget 2021, le premier voté en trois ans. Le lendemain, le budget 2022 est adopté, une victoire-clé pour la coalition.

La coalition s'écroule 

Le 6 avril 2022, la coalition, tiraillée par des tensions internes, perd sa majorité avec le départ d'une députée du parti de M. Bennett.

Le 20 juin, MM. Bennett et Lapid annoncent la dissolution du Parlement.

Yaïr Lapid assure l'intérim du poste de Premier ministre jusqu'au scrutin fixé au 1er novembre. Naftali Bennett annonce qu'il ne se représentera pas.

Une majorité pour Netanyahu 

Benjamin Netanyahu et ses alliés de droite remportent la majorité des sièges au Parlement à l'issue des législatives du 1er novembre.

Avec 32 sièges pour le Likoud, 18 pour les partis ultra-orthodoxes et 14 pour une alliance d'extrême droite, le bloc de droite a remporté 64 sièges, sur les 120 du Parlement. En face, le bloc de Yaïr Lapid remporte 51 sièges.

"Qui est le maître!" 

Mais M. Netanyahu est conscient que propulser ces personnalités à des postes clés pourrait "endommager" ses relations à l'étranger, estime Shlomo Fischer, du Jewish People Policy Institute à Jérusalem.

"Il ne veut pas que MM. Ben Gvir et Dery mènent la danse", dit l'analyste à l'AFP. "Il est très prudent, il ne veut pas perdre sa légitimité internationale (...) Il pourrait essayer d'élargir sa coalition pour minimiser leur influence".

Alors que M. Ben Gvir multiplie les appels à faire usage de la force contre les Palestiniens et à "montrer qui est le maître" en Israël, les Etats-Unis ont dit, avant l'annonce de la victoire de M. Netanyahu, espérer que "tous les responsables israéliens continueront de partager les valeurs d'une société démocratique et porteuse de tolérance pour toute la société civile, en particulier les groupes minoritaires".

Du temps où il était Premier ministre avant 2021, M. Netanyahu s'était aliéné les alliés historiques d'Israël au sein du parti démocrate du président américain Joe Biden et avait travaillé en étroite collaboration avec l'ex-président républicain Donald Trump.

Le Royaume-Uni a lui aussi invité jeudi, avant l'annonce des résultats définitifs, "tous les partis israéliens à s'abstenir de tout langage incendiaire et à faire preuve de tolérance et de respect envers les groupes minoritaires".


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.