La répression menée par l’Autorité palestinienne contre les militants politiques renforce la frustration

Des manifestants assistent à un rassemblement contre l’Autorité palestinienne, quelques jours après la mort d’un critique du pouvoir en place. (Reuters).
Des manifestants assistent à un rassemblement contre l’Autorité palestinienne, quelques jours après la mort d’un critique du pouvoir en place. (Reuters).
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Publié le Mardi 08 novembre 2022

La répression menée par l’Autorité palestinienne contre les militants politiques renforce la frustration

  • L’Autorité palestinienne et le mouvement Fatah sont de plus en plus préoccupés par le Hamas, estimant qu’il tente d’entrer dans l’OLP puis de la contrôler
  • Les institutions locales et internationales des droits de l’homme sont profondément troublées par la répression

RAMALLAH: La répression des militants politiques par l’Autorité palestinienne a été dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme et a renforcé la frustration des factions et des groupes populaires.

Le 5 novembre, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ont arrêté Omar Assaf, le coordinateur de l’Alliance populaire, l’accusant de planifier, avec l’aide de son groupe, la mise en place d’une direction alternative pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Elle a également interdit aux militants de participer à la Conférence populaire palestinienne «14 millions», qui devait discuter de la réforme de l’OLP en organisant des élections pour son organe législatif, le Conseil national palestinien.

L’arrestation de M. Assaf s’inscrit dans le cadre d’une vague de détentions de plusieurs militants du Hamas qui a commencé à la fin du mois dernier à travers la Cisjordanie.

Shawan Jabarin, directeur du groupe de défense des droits des Palestiniens Al-Haq, déclare à Arab News que l’arrestation de M. Assaf est une grave erreur.

«La liberté d’expression doit être protégée et garantie – que ce soit pour les militants politiques ou non politiques – et ils ne devraient en aucun cas être persécutés ni intimidés par l’Autorité palestinienne», affirme-t-il.

«Personne n’a évoqué la création d’un organe alternatif à l’OLP. Pourtant, l’entité existante est fragile; elle n’existe que sur papier et il est nécessaire d’impliquer les gens dans les enjeux essentiels, comme la réforme de l’OLP.»

L’Autorité palestinienne et le mouvement Fatah sont de plus en plus préoccupés par le Hamas, estimant qu’il tente d’entrer dans l’OLP puis de la contrôler avec le soutien des factions de gauche au sein de l’organisation.

Cela marginaliserait le rôle du Fatah, qui dirige l’organisation depuis sa création, en 1965.

«Il est temps de réformer les institutions palestiniennes et d’impliquer les gens parce que la représentation et la participation sont importantes pour le peuple palestinien», affirme M. Jabarin.

Ce dernier déclare que les institutions locales et internationales des droits de l’homme étaient profondément troublées par la répression.

«Les derniers événements sont de mauvais indicateurs. En effet, les autorités ont pris les militants politiques pour cible, les arrêtant et restreignant leur liberté d’expression», poursuit M. Jabarin.

Par ailleurs, Moustafa Barghouti, le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, déclare à Arab News: «Les arrestations politiques et l’entrave à la liberté d’expression constituent des erreurs graves et inacceptables.»

Il soutient qu’il avait été convenu, lors d’une récente réunion des factions palestiniennes en Algérie, d’organiser des élections pour l’OLP.

Le Hamas a remporté les dernières élections palestiniennes tenues en 2006. Depuis, aucune élection n’a eu lieu, malgré les promesses du président Mahmoud Abbas.

La Conférence populaire pour reconstruire l’OLP a incité à l’élection d’une nouvelle direction pour l’organisation, alors que les médias officiels continuent d’accueillir certains représentants des factions pour inciter contre les organisateurs de la conférence», écrit Majed al-Arouri, directeur de la Commission civile pour l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’État de droit, sur Facebook.

Il souligne qu’il est décevant pour la direction politique de l’OLP de craindre une conférence populaire qui reconnaît l’OLP comme le représentant légitime du peuple palestinien tout en recherchant des réformes démocratiques et des élections.

Des experts confient à Arab News qu’il est peu probable que les services de sécurité palestiniens réussissent à faire taire les critiques à l’ère des réseaux sociaux. En effet, les Palestiniens utilisent des plates-formes en ligne pour dénoncer à la fois les crimes de l’occupation israélienne et les violations de l’Autorité palestinienne.

Pendant ce temps, Houssam Badran, membre du bureau politique du Hamas, critique la détention des militants et l’interdiction des conférences.

Le Front populaire de libération de la Palestine, une organisation socialiste, appelle à mettre fin aux arrestations et à la répression des militants politiques. Le Djihad islamique exige la libération immédiate de M. Assaf.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guerre au Moyen-Orient: le chef de la diplomatie française en visite au Liban jeudi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot participe à une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères après des entretiens au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 18 mars 2026. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot participe à une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères après des entretiens au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 18 mars 2026. (AFP)
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  • Le ministre français Jean-Noël Barrot se rend au Liban pour exprimer le soutien de la France et discuter d’une désescalade avec les dirigeants libanais
  • Le conflit entre Hezbollah et Israël a causé près de 1 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes, tandis que Paris renforce son aide humanitaire

PARIS: Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, se rendra jeudi au Liban, où l'armée israélienne mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien qui ont provoqué des déplacements massifs de population, a annoncé mercredi à l'AFP le ministère des Affaires étrangères.

"Cette visite témoigne du soutien et de la solidarité de la France avec le peuple libanais, entraîné dans une guerre qu'il n'a pas choisie", affirme le ministère, en indiquant que "le ministre consultera les principales autorités du pays sur la situation au Liban et les voies d'une désescalade, dans le prolongement de leurs échanges avec le président de la République".

Selon une source diplomatique, M. Barrot devrait notamment s'entretenir avec le président, Michel Aoun, le Premier ministre, Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berri.

Cette visite intervient notamment après des discussions téléphoniques avec ses homologues israélien, Gideon Sarr, et américain, Marco Rubio, mercredi, a-t-on précisé de même source.

Le président français, Emmanuel Macron, s'est entretenu vendredi avec MM. Aoun, Salam et Berri, et a appelé le lendemain Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban. M. Macron s'est dit prêt à "faciliter" ces discussions en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Le mouvement chiite Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale au Moyen-Orient le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël mène depuis des bombardements massifs sur de vastes parties du Liban, y compris la capitale Beyrouth, et des incursions au sol dans le sud du pays avec des soldats et des blindés.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 968 morts parmi lesquels 116 enfants, selon les autorités, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes, soit plus du sixième de la population de ce petit pays.

La France a envoyé la semaine dernière 60 tonnes d'aide humanitaire, et Jean-Noël Barrot devrait "annoncer un nouveau paquet d'aide humanitaire pour venir en aide aux Libanais", a indiqué le ministère.


Pour le ministre saoudien des AE, la patience de son pays n'est «pas illimitée»,  se réserve le droit d'agir contre l'Iran

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
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  • Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire"
  • Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé"

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a averti jeudi que la retenue du Royaume face à l'escalade des attaques iraniennes "n'est pas illimitée", signalant que l'action militaire reste une option.

"Le Royaume et ses partenaires possèdent d'importantes capacités et la patience dont nous avons fait preuve n'est pas illimitée. Cela pourrait prendre un jour, deux jours ou une semaine - je ne le dirai pas", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères arabes et islamiques à Riyad.

Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire", avertissant que la poursuite de l'escalade iranienne aurait des conséquences politiques et morales.

Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé" et a averti que de nouvelles attaques pourraient ne laisser "presque rien" à sauver dans les relations.

Depuis le 28 février, l'Iran a lancé des vagues de missiles et de drones armés visant l'Arabie saoudite et les États voisins du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et le Qatar, en représailles, selon Téhéran, aux frappes américano-israéliennes sur des cibles en Iran.

Le conflit s'est intensifié mercredi après que l'Iran a accusé Israël d'avoir frappé des installations du champ gazier de South Pars et a promis de cibler des infrastructures énergétiques dans tout le Golfe. Les autorités d'Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis ont signalé le même jour des attaques contre des installations pétrolières et gazières.

Dans la capitale saoudienne, les défenses aériennes ont intercepté quatre missiles balistiques visant Riyad, selon le ministère de la défense. Les débris des projectiles interceptés sont tombés près d'une raffinerie au sud de la ville, tandis que les habitants ont signalé avoir entendu des explosions et reçu des alertes d'urgence, ce qui constitue un rare moment où le conflit a été directement ressenti dans la capitale.

Les responsables saoudiens de la défense affirment que les défenses aériennes ont intercepté au moins 457 drones, 40 missiles balistiques et sept missiles de croisière depuis le début de l'escalade. Les Émirats arabes unis auraient été confrontés à un volume d'attaques encore plus important, tandis que d'autres États du Golfe ont également été touchés.

"Préparés à l'avance

Le prince Faisal a déclaré que les frappes semblaient avoir été "préparées à l'avance" et a accusé l'Iran de mener des "actions hostiles préméditées" contre ses voisins, à la fois directement et par l'intermédiaire de mandataires régionaux.

Il a également confirmé que deux raffineries de pétrole saoudiennes avaient été visées, contredisant ainsi les affirmations de l'ambassadeur iranien selon lesquelles les frappes se limitaient aux installations américaines.

"L'Iran n'a pas traité ses voisins dans un esprit de fraternité, mais dans une optique hostile", a-t-il déclaré, ajoutant que les États du Golfe avaient à plusieurs reprises exhorté Téhéran à cesser de soutenir des groupes armés et à assurer la sécurité de la navigation maritime.

L'Iran est accusé de soutenir le mouvement Houthi, qui a pris pour cible la navigation commerciale dans le Bab el-Mandeb, ainsi que le Hezbollah, dont la confrontation avec Israël a intensifié la crise au Liban.

Les frappes israéliennes au Liban depuis le début du mois de mars - déclenchées par les attaques du Hezbollah en soutien à l'Iran - ont tué au moins 968 personnes et en ont blessé plus de 2 400, selon l'Associated Press, citant le ministère libanais de la santé. Plus d'un million de personnes ont été déplacées à la suite d'avertissements d'évacuation généralisés.

Malgré l'escalade, le prince Faisal a déclaré que l'Arabie saoudite préférait toujours la diplomatie, mais il a averti que la poursuite des attaques pourrait fermer la porte à une désescalade.

Plus d'un million de personnes ont été déplacées, Israël ayant émis de nombreux avis d'évacuation dans certaines parties du pays.


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.