Macron confirme la fin officielle de l'opération antijihadiste Barkhane au Sahel

Un soldat du Commando français Hubert, une unité des forces spéciales de la marine française, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron à Saint-Mandrier-sur-Mer, près de Toulon, dans le sud-est de la France, le 9 novembre 2022. (AFP).
Un soldat du Commando français Hubert, une unité des forces spéciales de la marine française, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron à Saint-Mandrier-sur-Mer, près de Toulon, dans le sud-est de la France, le 9 novembre 2022. (AFP).
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Publié le Jeudi 10 novembre 2022

Macron confirme la fin officielle de l'opération antijihadiste Barkhane au Sahel

  • Parmi les nouveaux défis, « l'influence», qui inclut la lutte contre les fausses informations à des fins de déstabilisation, va être érigée au rang de « fonction stratégique» dans la défense de la France
  • Le chef de l'Etat a annoncé officiellement la fin de l'opération antidjihadiste Barkhane au Sahel, neuf ans après l'arrivée des forces françaises du Mali et trois mois après leur départ de ce pays

TOULON: Tirant les enseignements de la guerre en Ukraine et des nouveaux défis géopolitiques mondiaux, Emmanuel Macron a érigé mercredi la lutte de l'information au rang "stratégique", c'est-à-dire vital pour le pays, et confirmé la fin officielle de l'opération antijihadiste Barkhane au Sahel.

"Ce qui se joue en Ukaine n’est pas simplement une illustration des tendances déjà à l’œuvre, ça en est une accélération massive", a-t-il lancé en présentant la dernière revue nationale des défis et objectifs stratégiques de la France (RNS) depuis le porte-hélicoptères amphibie Dixmude, l'un des plus gros bâtiments de guerre français, dans la rade de Toulon (sud).

"Cette guerre clarifie aussi l’état du monde dans lequel nous sommes, l'affaiblissement des normes et des tabous, l’ivresse des appétits et elle qualifie ce moment dangereux où l'équilibre ancien est contesté et le nouveau n'est pas atteint", a souligné le chef de l'Etat.

Dans un tel contexte, la France entend rester une puissance "respectée pour son statut doté de l'arme nucléaire, moteur de l’autonomie stratégique européenne, allié exemplaire dans l'espace euro-atlantique, une partenaire fiable et crédible", a-t-il martelé.

«Dissuasion nucléaire»

Le président a ainsi réaffirmé que la dissuasion nucléaire française "contribuait" à la "sécurité" de l'Europe, clarifiant ainsi des déclarations récentes qui avaient semblé remettre en question cet enjeu.

"Aujourd'hui plus encore qu'hier, les intérêts vitaux de la France ont une dimension européenne (..) Gardons-nous d'oublier que la France a bien la dissuasion nucléaire et gardons-nous parfois de dramatiser quelques propos", a-t-il pointé.

Le 12 octobre, Emmanuel Macron avait jeté le trouble en déclarant sur la chaîne France 2 qu'une frappe nucléaire "dans la région" de l'Ukraine, sous-entendu potentiellement dans des pays européens membres de l'Otan, ne relevait pas des "intérêts fondamentaux" de la France.

Emmanuel Macron a plaidé pour des "coalitions européennes de défense, insistant au passage sur la nécessité pour la France et l'Allemagne d'aboutir plus vite dans leurs projets contrariés de coopération industrielle et évoquant un sommet franco-britannique sur les questions de défense au premier trimestre 2023.

"Nos forces sont faites pour se combiner", a-t-il dit à propos de l'Allemagne, alors que Paris et Berlin patinent sur leurs projets communs de char et d'avion de combat du futur et ont tenté fin octobre de relancer le moteur franco-allemand après une série de différends.

"Notre partenariat avec le Royaume-Uni doit aussi être porté à un autre niveau", a insisté le président, citant les "opérations, les capacités, le nucléaire et le domaine hybride".

«Economie de guerre»

Parmi les nouveaux défis, "l'influence", qui inclut la lutte contre les fausses informations à des fins de déstabilisation, va être érigée au rang de "fonction stratégique" dans la défense de la France.

Régulièrement depuis quelques années, Paris a affirmé avoir été la cible de campagne de désinformation, de manipulation des opinions via les réseaux sociaux, orchestrées par des puissances étrangères comme la Russie ou la Turquie.

"Nous ne serons pas des spectateurs patients", assistant à la propagation de narratifs hostiles à la France, a averti Emmanuel Macron, promettant une action plus offensive en la matière, "sans orgueil, mais sans inhibition  malvenue".

Il a aussi insisté sur la nécessaire "mobilisation" de la nation, qui va passer aussi par la généralisation du Service national universel, et l"économie de guerre" auquel le pays doit faire face.

"Il ne s’agit pas de militariser la société mais bien de renforcer l’esprit de résilience (...) pour la défense de notre souveraineté", a-t-il insisté.

Le chef de l'Etat a demandé dès juin aux industriels de défense de s'efforcer de produire davantage et plus rapidement, à des coûts maîtrisés, pour faire face à la nouvelle donne géopolitique mondiale.

Le chef de l'Etat a annoncé officiellement la fin de l'opération antidjihadiste Barkhane au Sahel, neuf ans après l'arrivée des forces françaises du Mali et trois mois après leur départ de ce pays.

Exit le modèle expéditionnaire d'armée. Place à des forces concentrées sur le risque de conflits de haute intensité, impliquant des déploiements massifs d'hommes, matériels et moyens.

La nouvelle stratégie de la France en Afrique sera finalisée d'ici six mois après consultations avec ses partenaires sur le continent, a précisé le chef de l'Etat. Quelque 3.000 militaires français restent déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).