Contre l'extension d'une mine, des militants anti-charbon campent dans les arbres

Des arbres se dressent dans un petit parc à Francfort, en Allemagne, le 8 novembre 2022. (AP Photo)
Des arbres se dressent dans un petit parc à Francfort, en Allemagne, le 8 novembre 2022. (AP Photo)
Des militants pour le climat manifestent sur le bâtiment du ministère des transports à Berlin, en Allemagne, le 11 novembre 2022. (REUTERS)
Des militants pour le climat manifestent sur le bâtiment du ministère des transports à Berlin, en Allemagne, le 11 novembre 2022. (REUTERS)
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Publié le Samedi 12 novembre 2022

Contre l'extension d'une mine, des militants anti-charbon campent dans les arbres

  • Ces militants se disent capables de tenir plusieurs semaines si les forces de l'ordre décident de les expulser pour permettre l'extension de la mine à ciel ouvert dont la fosse béante s'étend au pied de leur campement
  • Lützerath, dans l'ouest de l'Allemagne, attend samedi plusieurs milliers de manifestants anti-charbon qui exigent aussi plus d'ambition de la part des responsables internationaux réunis à la COP27 sur le climat

LUTZERATH : Il ne restait plus qu'un agriculteur à Lützerath, village allemand construit sur d'immenses réserves de charbon. Il a rendu les clefs de sa ferme le mois dernier, laissant les lieux aux défenseurs du climat, bien décidés à résister aux pelleteuses.

Dans leurs cabanes de bois et de tôle suspendues aux arbres, ces militants se disent capables de tenir plusieurs semaines si les forces de l'ordre décident de les expulser pour permettre l'extension de la mine à ciel ouvert dont la fosse béante s'étend au pied de leur campement.

Quand surviendra ce qu'ils nomment "le jour X"? Nul ne le sait, mais tous s'y préparent alors que l'Allemagne a besoin de charbon pour alimenter les centrales dont elle a dû prolonger le fonctionnement afin de compenser la raréfaction du gaz russe. Et éviter le black-out cet hiver.

Symbole de la lutte contre les énergies fossiles, Lützerath, dans l'ouest de l'Allemagne, attend samedi plusieurs milliers de manifestants anti-charbon qui exigent aussi plus d'ambition de la part des responsables internationaux réunis à la COP27 sur le climat, en Egypte.

"Nous ne savons pas quand l'évacuation doit avoir lieu", explique Alma, une Française qui s'exprime sous son pseudonyme d'activiste.

"C'est une question de responsabilité, difficile à prendre par les autorités car l'opération, monumentale, mobilisera plusieurs milliers de policiers sur plusieurs semaines", affirme la jeune femme d'une trentaine d'années.

Trahis

Après deux masters à l'université, Alma a décidé de se dédier à la vie militante à plein temps. Elle a fait partie des premiers à fonder le camp de Lützerath il y a deux ans, rejoints par une centaine d'activistes.

Au fil des expropriations, plusieurs dizaines d'habitants, indemnisés et relogés, ont quitté le village désormais abandonné.

Les militants se sont sentis trahis cet automne lorsque le gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz, qui gouverne avec les écologistes, a annoncé un compromis avec l'énergéticien RWE, exploitant de la mine.

Contenu de l'accord: cinq villages des environs échapperont aux excavations mais Lützerath sera sacrifié comme prévu.

Même si RWE, longtemps l'un des plus gros émetteurs de CO2 d'Europe, a aussi annoncé vouloir arrêter la production d'électricité au charbon d'ici 2030 dans le bassin minier rhénan, avançant de huit ans ses plans, les militants ne décolèrent pas.

"Si RWE exploite les tonnes de charbon sous Lützerath, l'Allemagne violera forcément l'accord de Paris à cause des émissions de carbone de la mine. Le village n'est donc pas qu'un symbole, c'est un point critique dans la lutte contre le réchauffement", explique Alma.

De l'autre côté de la route, fermée par RWE, la mine s'ouvre au bord d'un précipice. Sur ses dunes de sable or et noir, les excavatrices creusent plus profondément.

Le charbon dans les sols voisins sera "nécessaire dès 2024" pour approvisionner les centrales, alors que les autres mines de la région ferment, assure l'exploitant.

Mais d'après l'Institut allemand de recherche économique, RWE pourrait encore puiser sur le site existant 100 millions de tonnes de lignite "tout en préservant Lützerath", indique un rapport publié en juin 2021, avant l'invasion russe de l'Ukraine qui a entraîné une crise énergétique en Europe.

Le maintien en activité de plusieurs centrales ne remet pas en cause l'objectif du gouvernement allemand de sortir totalement du charbon en 2030.

Réseau de câbles

Pour éviter de se faire déloger par la police, les occupants de Lüzerath ont perché leurs habitations à six mètres en hauteur, dans les arbres, circulant de l'une à l'autre par un réseau de câbles. Ils assurent pouvoir y vivre en autonomie plusieurs semaines.

Au centre du camp, une vingtaine de militants s'efforcent de déployer un mât en tirant une corde reliée à un tronc d'arbre géant par un système de poulies.

"Les mâts sont complètement reliés aux arbres et aux habitations de façon à ce qu'il soit impossible de couper les cordes sans mettre en danger la vie de quelqu'un", indique Alma, qui a dû, comme tous les autres, apprendre à grimper à la corde pour rejoindre les hauteurs.

"Toute la stratégie de l'occupation réside dans notre mise en danger", prévient une militante anonyme.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".