Le Royaume-Uni va retirer ses troupes du Mali plus tôt que prévu

Un soldat de l'armée britannique de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), au Mali. (fICHIER, afp)
Un soldat de l'armée britannique de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), au Mali. (fICHIER, afp)
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Publié le Lundi 14 novembre 2022

Le Royaume-Uni va retirer ses troupes du Mali plus tôt que prévu

Un soldat de l'armée britannique de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), au Mali. (fICHIER, afp)
  • «Le contingent du Royaume-Uni quittera (...)(la mission de la paix de l'ONU) plus tôt que prévu», a indiqué le secrétaire d'Etat aux forces armées James Heappey devant la Chambre des Communes
  • L'engagement devait en principe durer trois ans, mais face à la montée de l'instabilité dans le pays, Londres a décidé d'anticiper le retrait de ses troupes, qui devraient quitter le pays dans les six prochains mois, selon le ministère de la Défense

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé lundi le retrait anticipé de ses militaires actuellement déployés au Mali, mettant notamment en avant le recours de la junte au pouvoir au groupe paramilitaire russe Wagner. 

"Le contingent du Royaume-Uni quittera (...)(la mission de la paix de l'ONU) plus tôt que prévu", a indiqué le secrétaire d'Etat aux forces armées James Heappey devant la Chambre des Communes. 

"Nous devons être clairs sur le fait que la responsabilité de tout cela incombe à Bamako", a-t-il ajouté, évoquant le rapprochement de la junte au pouvoir depuis 2020 avec le groupe paramilitaire Wagner, réputé proche du régime de Moscou. 

"Le partenariat du gouvernement malien avec le groupe Wagner est contreproductif pour la stabilité et la sécurité à long terme dans la région". Le gouvernement britannique "ne peut pas déployer l'armée nationale pour assurer la sécurité quand le gouvernement du pays hôte n'a pas la volonté de travailler avec nous pour apporter une stabilité et sécurité durable", a insisté M. Heappey. 

Près de 300 soldats britanniques sont présents au Mali depuis la fin 2020, dans le cadre du déploiement de la mission de la paix de l'ONU dans le pays lancée en 2013 (Minusma), visant notamment à stabiliser la situation sécuritaire dans un pays en proie aux attaques jihadistes. 

L'engagement devait en principe durer trois ans, mais face à la montée de l'instabilité dans le pays, Londres a décidé d'anticiper le retrait de ses troupes, qui devraient quitter le pays dans les six prochains mois, selon le ministère de la Défense. 

La France, principal pays intervenant militairement au Mali notamment via les soldats de la force Barkhane, ainsi que ses partenaires européens avaient annoncé en février leur retrait du pays. Les derniers militaires français ont quitté le Mali cet été, après près d'une décennie d'intervention. 

Les relations entre les autorités maliennes - dominées depuis août 2020 par les militaires - et ses partenaires, notamment l'ONU, se sont tendues ces derniers mois. 

Après avoir poussé vers la sortie l'ancien allié français, la junte au pouvoir s'en est pris plusieurs fois oralement à la Minusma, dont le mandat a été renouvelé en juin pour un an. 


A la frontière du Niger, les Nigérians étouffés par la crise économique et l'insécurité

Vue générale de la frontière fermée entre le Niger et le Nigeria à Jibia le 17 février 2024. (AFP)
Vue générale de la frontière fermée entre le Niger et le Nigeria à Jibia le 17 février 2024. (AFP)
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  • Le Nigeria, qui partage 1 600 km de frontière avec son voisin, était jusque-là l'un des principaux partenaires commerciaux du Niger avec 193 millions de dollars d'exportations
  • En janvier, l'inflation frôlait les 30% et les Nigérians sont écrasés par le coût de la vie

JIBIA: Trois sœurs, bébés amarrés dans le dos, avancent sous le vif soleil de midi pour traverser la frontière entre l'Etat rural de Katsina, dans le nord-ouest musulman conservateur du Nigeria où elles vivent, et le Niger, où réside leur père, afin de se rendre à un mariage.

Ce trajet banal leur est pourtant officiellement interdit depuis août 2023 et les sanctions imposées à Niamey par la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) après la prise du pouvoir au Niger par une junte militaire.

La route où défilaient continuellement camions et voitures est silencieuse depuis presque sept mois.

"Les conducteurs de moto évitent de passer par le poste frontière et font un détour, ils prennent trop cher, c'est pour cela qu'on marche", explique Sa'adatu Sani, 30 ans, qui n'a pas pu dépenser les 800 nairas (0.50 dollars) réclamés par le moto-taxi pour se rendre de Jibia au village nigérien de Dan Issa, à 18 kilomètres.

Comme tant d'autres Nigérians frontaliers, les trois soeurs continuent de se rendre de l'autre côté, soit par le poste frontière de Jibia, où les autorités ferment les yeux sur les voyageurs à pied, soit par les chemins parallèles où s'aventurent automobilistes et mêmes certains commerçants, au risque de se faire saisir leurs biens par les douaniers.

Double peine

A quelques centaines de mètres de là, le réputé marché dominical de Jibia bourdonne mollement. L'affluence est bien inférieure à celle d'avant la fermeture de la frontière.

"Les Nigériens venaient ici vendre des haricots, des dattes, et achetaient notre maïs, notre sorgho... Maintenant nous devons trouver d'autres clients alors que tout ce que nous avons connu jusqu'ici était le commerce transfrontalier", déplore Ibrahim Lawal Makiyayi, 53 ans, qui cultive fruits et légumes à la limite de la ville, chef-lieu d'une circonscription de près de 300.000 habitants.

Dans cet Etat considéré comme le grenier à céréales du pays, "nous avons du mal à faire trois repas par jour", se plaint Hamza Lawal, chauffeur routier dont les activités sont à l'arrêt depuis la fermeture de la frontière.

Le Nigeria, qui partage 1.600 km de frontière avec son voisin, était jusque-là l'un des principaux partenaires commerciaux du Niger avec 193 millions de dollars d'exportations en 2022 selon les Nations Unies (électricité, tabac, ciment...).

Depuis la fermeture de la frontière, c'est même la double peine pour la population locale, qui a vu les prix de l'alimentation exploser sous l'effet combiné des nouvelles restrictions de circulation et de l'inflation galopante après que le président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, en fonction depuis mai, a mis en place des réformes économiques qui ont plongé le pays dans la crise.

En janvier, l'inflation frôlait les 30% et les Nigérians sont écrasés par le coût de la vie.

A Jibia, le sac de 100 kilos de millet ou de maïs a doublé en un an et se vend actuellement 60.000 nairas (40 dollars).

La crise actuelle pousse au pessimisme Hassan Issa, coordinateur régional de Médecins sans frontières (MSF), qui craint que la malnutrition, déjà récurrente ici, atteigne des sommets cette année, d'autant que le ramadan doit démarrer en mars, incitant les familles "à épuiser rapidement leurs réserves pendant cette période de fêtes".

Pillages, rançons et forces de l'ordre

En plus des difficultés commerciales, les habitants de cette région rurale sont confrontés à une insécurité endémique qui a empiré depuis la fermeture de la frontière.

Depuis des années, des groupes armés appelés "bandits" sévissent dans la région, pillant, confisquant les terres et tuant sur leur passage.

"Nous achetions aux Nigériens notre bétail, nous l'élevions et le revendions pour vivre, maintenant nous n'avons presque plus rien car les bandits nous volent nos bêtes", se lamente l'éleveur Musa Abdullahu, 67 ans.

Avec la fermeture de la frontière et l'évanouissement de leurs perspectives d'emplois et de revenus, certains jeunes nigérians se laissent tenter par le banditisme.

"Les gens n'ont rien à faire, ils tuent le temps, se mettent à consommer des drogues. La pauvreté vous pousse au pire, au vol, au meurtre, à tout, pour survivre", se désole Sade Rabi'u, 57 ans, chef traditionnel de Jibia.

Mais l'insécurité liée aux bandits n'est pas le seul ennemi des habitants.

"La fermeture de la frontière a créé des opportunités pour les bandits mais aussi pour les agences de sécurité qui n'hésitent pas à confisquer les biens et à exiger des pots-de-vin", insiste Philip Ikita, directeur de projet pour l'ONG Mercy Corps à Katsina.

Sur la route de 50 kilomètres qui mène de Katsina, la capitale de l'Etat éponyme, à Jibia, les postes de contrôle se succèdent. Policiers, militaires ou contrôleurs autoproclamés ponctionnent sans vergogne les voyageurs.

"Les bandits doivent se cacher, opérer dans l'ombre, alors que ceux qui sont censés faire respecter la loi et protéger les citoyens constituent en réalité le pire fardeau pour le commerce et la libre circulation", assène amèrement Philip Ikita.


Peur, épuisement et pénurie de munitions dans l'Est ukrainien après deux ans de guerre

Peur, épuisement et pénurie de munitions dans l'Est ukrainien après deux ans de guerre
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  • Les défenses ukrainiennes tremblent, affaiblies par le manque d'hommes et de munitions
  • Depuis des mois, les mauvaises nouvelles s'accumulent: l'échec de la contre-offensive estivale de Kiev, le tarissement de l'aide occidentale, les pénuries d'armements…

KOSTIANTYNIVKA: Lioudmyla Polokova erre parmi les décombres de son école, frappée en janvier par deux missiles russes. L'enseignante sait qu'il est loin le jour où, peut-être, y résonneront de nouveau des rires d'enfants.

Marchant sur le sol jonché de bris de verre et de pages arrachées, elle raconte son épuisement, après deux années à vivre avec les bombes russes qui s'abattent sur sa ville de Kostiantynivka et sur le reste du Donbass ukrainien.

A 18 kilomètres de là, sur le front, les forces russes sont à l'offensive. Les défenses ukrainiennes tremblent, affaiblies par le manque d'hommes et de munitions.

"Nous sommes fatigués d'entendre que nos hommes meurent. Nous sommes fatigués de voir tout ça de nos propres yeux, de ne pas dormir la nuit à cause du bruit, à cause des missiles", confie à l'AFP cette prof de 62 ans depuis la cour d'école, qui surplombe un cimetière et des cheminées d'usines soviétiques.

Elle veut encore croire en "des jours meilleurs", alors que l'Ukraine marquera le 24 février le deuxième anniversaire de l'invasion russe. Mais dans toute la région, un sentiment croissant d'abattement est palpable.

Depuis des mois, les mauvaises nouvelles s'accumulent: l'échec de la contre-offensive estivale de Kiev, le tarissement de l'aide occidentale, les pénuries d'armements, la consolidation de la machine de guerre russe, et désormais aussi la chute d'Avdiïvka, ville forteresse ukrainienne abandonnée aux Russes le 17 février.

Et chez les soldats ukrainiens, le sentiment de vaciller au bord d'un abîme grandit.


«Nous devrions tous les tuer», réagit un membre du Congrès américain sur Gaza

Andy Ogles est connu pour son soutien ferme et inconditionnel à Israël (Photo, AFP).
Andy Ogles est connu pour son soutien ferme et inconditionnel à Israël (Photo, AFP).
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  • Les propos d’Ogles sont «révélateurs de la complicité de Washington» dans les souffrances des habitants de Gaza, avertissent les experts
  • Une vidéo controversée révèle que les États-Unis ont opposé leur veto à la résolution de l’ONU sur le cessez-le-feu pour la troisième fois

LONDRES: Un membre du Congrès américain a suscité l’indignation après avoir lancé «Nous devrions tous les tuer» en référence aux Palestiniens de Gaza.

Mardi, le représentant américain de la cinquième circonscription du Tennessee, Andy Ogles, a été approché par un groupe d’activistes propalestiniens à Washington.

L’un d’entre eux lui a dit: «J’ai vu les images de corps d’enfants déchiquetés. C’est l’argent que je paye en impôts qui va bombarder ces enfants.»

«Vous savez quoi? Je pense que nous devrions tous les tuer, si cela peut vous rassurer. Le Hamas et les Palestiniens attaquent Israël depuis vingt ans. Il est temps de payer les pots cassés», a répondu Ogles.

La vidéo choquante du membre républicain du Congrès a suscité une condamnation générale sur les réseaux sociaux, les experts avertissant que les propos d’Ogles sont révélateurs de la complicité de Washington dans les souffrances des habitants de Gaza. 

«Pour ceux d’entre vous qui se demandent comment les nazis, Daech, etc. peuvent tuer des gens sans discernement, vous voyez maintenant des dirigeants et des personnes éminentes dans les sociétés démocratiques soi-disant éclairées démontrer que l’adhésion aveugle à toute idéologie peut transformer des gens ordinaires en monstres diaboliques», a écrit Faisal Kutty, avocat, auteur et défenseur des droits de l’homme, sur la plate-forme X.

«Ces personnes ont toutes vendu leur âme au plus offrant», a-t-il ajouté.

Indignation

Ogles, connu pour son soutien ferme et inconditionnel à Israël, a déjà voté en faveur de la censure de la députée Rashida Tlaib, accusée d’avoir soutenu l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre. Ogles a également proposé une loi visant à empêcher les Palestiniens d’entrer aux États-Unis.

L’indignation suscitée par les propos d’Ogles survient alors que l’administration Biden est de plus en plus critiquée pour avoir opposé son veto à une résolution sur le cessez-le-feu au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit du troisième veto américain depuis le 7 octobre.

L’Unicef a mis en garde contre une augmentation potentielle des décès évitables d’enfants à Gaza en raison de la malnutrition et de la maladie. Jason Lee, de l’ONG Save the Children, a qualifié la situation d’«astronomique» et a averti qu’aucun mot ne pouvait décrire l’ampleur de la mort et de la destruction dans l’enclave.

L’armée israélienne aurait tué plus de 12 400 enfants à Gaza depuis le 7 octobre, et plus de 600 000 enfants sont actuellement bloqués à Rafah. Save the Children a révélé le nombre alarmant d’amputations: en moyenne, plus de dix enfants par jour à Gaza ont perdu une jambe ou les deux depuis le mois d’octobre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com