Somalie: Les Etats-Unis offrent 10 millions de dollars pour des informations sur les chefs shebab

Des agents de sécurité somaliens prennent position alors qu'ils sécurisent les lieux d'un attentat suicide à la voiture piégée près du palais présidentiel à Mogadiscio, le 7 juillet 2018 (Photo, Reuters).
Des agents de sécurité somaliens prennent position alors qu'ils sécurisent les lieux d'un attentat suicide à la voiture piégée près du palais présidentiel à Mogadiscio, le 7 juillet 2018 (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Mardi 15 novembre 2022

Somalie: Les Etats-Unis offrent 10 millions de dollars pour des informations sur les chefs shebab

  • Cette récompense s'applique également à toute information «conduisant à la perturbation des mécanismes financiers des shebab»
  • Cette annonce intervient alors que la Somalie fait face à un sanglant regain d'attaques des shebab

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé lundi augmenter jusqu'à 10 millions de dollars la récompense permettant de localiser trois chefs des shebab en Somalie, théâtre d'une sanglante recrudescence d'attaques du groupe islamiste radical ces dernières semaines.

"Le programme de récompenses pour la justice du département d'État des États-Unis (...) augmente ses offres de récompenses jusqu'à 10 millions de dollars chacune pour des informations permettant d'identifier ou de localiser les principaux dirigeants shebab Ahmed Diriye, Mahad Karate et Jehad Mostafa", indique le communiqué de l'ambassade américaine au Kenya.

Cette récompense s'applique également à toute information "conduisant à la perturbation des mécanismes financiers des shebab", ajoute l'ambassade américaine.

Il s'agit de "la première fois que le département (d'Etat) offre une récompense pour des informations sur les réseaux financiers d'al-Shabaab", ajoute-t-elle.

Ahmed Diriye est depuis 2014 le chef des shebab, groupe islamiste lié à Al Qaïda qui mène depuis 15 ans une insurrection contre le gouvernement fédéral pour instaurer la loi islamique en Somalie. Il était visé jusqu'à présent par une récompense de six millions de dollars.

Mahad Karate est considéré comme le numéro 2 du mouvement.

Jehad Mostafa, citoyen américain qui a résidé en Californie, est lui considéré comme l'un des principaux instructeurs militaires et un "chef de file dans l'utilisation d'explosifs" pour les attentats.

"Le FBI estime que Mostafa est le terroriste le plus haut gradé de nationalité américaine combattant à l'étranger", précise l'ambassade.

Année sanglante

Cette annonce intervient alors que la Somalie fait face à un sanglant regain d'attaques des shebab, qui ont juré la perte du gouvernement fédéral soutenu par la communauté internationale.

La dernière en date, un double attentat à la voiture piégée dans la capitale Mogadiscio le 30 octobre, a fait 121 morts et 333 blessés selon l'ONU citant lundi des chiffres officiels somaliens, l'attentat le plus meurtrier dans le pays depuis 2017.

Lundi, le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Turk, a déclaré que plus de 600 civils avaient été tués cette année dans des attaques menées par le groupe dans ce pays instable de la Corne de l'Afrique.

Il s'agit du bilan le plus élevé depuis 2017 et une hausse de plus de 30% rapport à 2021.

Ces attaques sont menées en riposte à une offensive de l'armée somalienne, appuyée par des milices claniques locales, qui a permis de reprendre du terrain aux shebab dans le centre du pays.

L'armée américaine mène régulièrement des frappes aériennes contre des positions shebab, en appui de cette offensive.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud avait promis mi-août "une guerre totale" pour éliminer les shebab et appelé la population à se "tenir à l'écart" des zones contrôlées par les islamistes qui allaient être visés par de prochaines offensives, après une sanglante attaque – longue de plus d'une trentaine d'heures - contre un hôtel à Mogadiscio qui a fait au moins 21 morts et 117 blessés.

Les shebab ont été chassés des principales villes – dont Mogadiscio en 2011 – mais restent solidement implantés dans de vastes zones rurales d'où ils mènent des attentats notamment contre des cibles sécuritaires et gouvernementales.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Short Url
  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".