Déserts médicaux: Internes et étudiants en médecine de retour dans la rue

Rassemblement près du ministère français de la Santé à Paris, alors que leurs syndicats ont appelé à une grève pour protester contre la prolongation d'un an de leurs études (Photo Ludovic MARIN / AFP)
Rassemblement près du ministère français de la Santé à Paris, alors que leurs syndicats ont appelé à une grève pour protester contre la prolongation d'un an de leurs études (Photo Ludovic MARIN / AFP)
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Publié le Jeudi 17 novembre 2022

Déserts médicaux: Internes et étudiants en médecine de retour dans la rue

  • Dans l'après-midi sont prévus un cortège national à Paris et plusieurs manifestations en régions, notamment à Lyon et Nantes
  • Pour le président de l'Anemf, Yaël Thomas, créer une quatrième année de troisième cycle pour former des généralistes n'a «pas de sens au vu du manque de maîtres de stage et d'enseignants»

PARIS: "Blouse blanche, colère noire": internes et étudiants en médecine ont manifesté jeudi contre la quatrième année d'internat pour les futurs généralistes, une réforme qui va aggraver le manque d'attractivité de la profession sans réduire les déserts médicaux, selon ses opposants.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans l'après-midi à Paris devant le Panthéon, avant de prendre la direction du ministère de la Santé, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants ont défilé dans une forêt de pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Adieu mes rêves" ou encore "Etudiants mal formés, patients mal soignés".

"Futurs médecins, pas des larbins", entendait-on dans les rangs de la manifestation organisée à Nantes, qui a rassemblé 300 personnes selon la police. Un autre cortège a eu lieu à Lyon, rassemblant 700 manifestants selon la préfecture, derrière une longue banderole "Blouse blanche, colère noire".

Réunis à l'appel d'une vaste intersyndicale, les manifestants protestaient contre l'ajout d'une quatrième année d'internat en médecine générale, qui doit être effectuée "en priorité dans des zones où la démographie médicale est sous-dense", selon le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Avec cette 4e année d'internat, et donc "cette 10e année d'études médicales, près d'un étudiant sur deux remet le choix de la médecine générale en question", estime Yaël Thomas, président de l'Anemf (étudiants en médecine), citant les chiffres d'une récente enquête.

"La réforme introduit le doublement des stages ambulatoires sans doublement des maîtres de stage", qui sont aujourd'hui 12.000, déplore pour sa part Raphaël Presneau, président de l'Isnar-IMG (internes en médecine générale). Autrement dit, "des internes vont se retrouver seuls dans leurs locaux, supervisés par des médecins qui pourront se trouver à 20 km d'eux".

"Ce sera une année de plus payée au statut étudiant, qui plus est non-encadrée. C'est dangereux pour les médecins et pour les patients", fulmine dans le cortège parisien Camille Fuilla, 23 ans, stéthoscope autour du cou, en 5e année d'études à Bordeaux.

Marre de colmater les brèches

A Nantes, Carolane Seiller, future généraliste de 27 ans, brandit une pancarte "Un médecin mort ne soigne pas !" pour dénoncer les risques psychosociaux pesant sur sa corporation. "On commence tous à en avoir un petit peu marre de colmater les brèches du système alors qu'on n'a jamais été responsables de ces brèches-là", relève-t-elle.

Les concernés prennent déjà leur part de l'effort, assure Valentine Silva, 24 ans, interne en troisième semestre de médecine générale: "Dans ma promo, on est 140 médecins généralistes en formation: les deux tiers, même plus, ont pour projet de s'installer dans la campagne ou dans des déserts médicaux. Dans nos stages on va partout, on est sensibilisés à ça".

Pour préparer la relève avec les futurs médecins, "il ne faut pas qu'on les envoie au casse-pipe au fond d'un désert médical et qu'ils soient dégoûtés", déclare dans la manifestation lyonnaise le Dr Michel Tille, de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) du Rhône. Lui plaide pour des maisons médicales "bien placées, dans des villes avec au moins un collège", où les jeunes médecins pourront trouver du soutien auprès de collègues.

Contre une quatrième année "qui risque d'accroître l'anxiété des étudiants", les représentants de la profession jugent plus utile d'accompagner l'installation par des aides au transport et au logement.

"Nous sommes 90.000 généralistes: nous ne sommes pas assez, et nous ne le serons pas avant un certain temps", fait valoir Elise Fraih, président de ReAGJIR, qui regroupe les jeunes installés et remplaçants.

Devant la fronde, le ministre de la Santé, François Braun, a lâché du lest en annonçant un amendement au PLFSS pour permettre que certains stages se fassent à l'hôpital, et pas seulement en ville.

"Une avancée", concèdent les syndicats, qui la jugent toutefois "largement insuffisante". D'autant que l'amendement gouvernemental n'a pas été retenu dans la version du budget de la Sécu votée par le Sénat, et devra être de nouveau présenté en deuxième lecture à l'Assemblée.

Le gouvernement devrait user de l'article 49.3 de la Constitution devant les députés en début de semaine prochaine sur ce texte.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.


Nouvelle journée de canicule en France, 80 départements en vigilance orange

La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros. (AFP)
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  • A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange
  • "Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France

RENNES: La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange jusqu'à vendredi inclus, le gouvernement estimant que ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d'euros.

A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange avec à nouveau une journée de très fortes chaleurs. Cet épisode caniculaire "atteint son pic pour les journées de jeudi et vendredi", estime Météo-France.

Dans son bulletin publié tôt jeudi, l'organisme météorologique a évoqué une "nuit très chaude". Vers 05H00 du matin, les températures relevées étaient de 27,5°C à Nice, 24,5°C à Sète, 23,5°C à Limoges ou encore 23°C à Rennes.

"Hormis sur une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés", prévient Météo-France.

Et les plus fortes seront enregistrées du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, où les maximales seront comprises "entre 38 et 40°C, voire un peu plus en pointe. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", est-il ajouté.

Les températures caniculaires "se décaleront progressivement un peu plus vers l'est" vendredi, prévoit encore le prévisionniste, amorçant une baisse progressive dans le nord-ouest qui sera "surtout sensible et conséquente durant le week-end".

Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).

Les perturbations économiques sont nombreuses. Par exemple, le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs, selon des calculs de l'AFP.

Coupures d'eau 

La question de l'accès à l'eau est également à l'ordre du jour avec cet été extrêmement chaud et sec.

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a dit Monique Barbut.

"Plus de 40.000" personnes sont affectées par des coupures d'eau du robinet, selon le gouvernement.

La situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.

Jeudi matin, dans le train entre Rennes et Vannes, Ronan Turbé, âgé de 25 ans, raconte avoir souffert de la chaleur pendant la nuit.

"On ne dort pas beaucoup", regrette l'ingénieur âgé de 25 ans. "Il fait très chaud dans l'appartement : 28°C, alors que j'ai aéré toute la nuit. Et j'ai mis les ventilateurs à fond. De toute façon, on n'a pas le choix, on subit."

"On est dans le noir une grande partie de la journée", assure Bastien Regret, ingénieur. "On utilise un ventilateur, ce qui n'était pas le cas auparavant", indique le trentenaire, tout en veillant à bien hydrater sa petite fille.

L'Ile-de-France sera touchée par un épisode de pollution à l'ozone, avec un "probable dépassement" du seuil de recommandation. Aussi, dans un communiqué, le préfet de police demande de "différer si possible" les déplacements routiers et de réduire la vitesse des véhicules.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.