«Enfin libres!»: des familles réunies à la réouverture de la gare de Kherson

La gare de Kherson le 19 novembre 2022 (Photo, AFP).
La gare de Kherson le 19 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 19 novembre 2022

«Enfin libres!»: des familles réunies à la réouverture de la gare de Kherson

  • Les autorités ukrainiennes ont annoncé vendredi la réouverture de la ligne de train entre la capitale Kiev et Kherson, une semaine jour pour jour après le retrait de l'armée russe
  • Pour les cheminots de la région, l'arrivée du train Kiev-Kherson représente un immense moment de fierté

KHERSON: Des larmes, des sourires et des tirs d'artillerie sporadiques entourent le retour d'habitants dans le premier train arrivant à Kherson depuis huit mois, où des familles séparées par la guerre et l'occupation russe se sont retrouvées samedi dans cette ville du sud de l'Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont annoncé vendredi la réouverture de la ligne de train entre la capitale Kiev et Kherson, une semaine jour pour jour après le retrait de l'armée russe de la ville.

"J'ai promis que je reviendrais. C'est arrivé, alors j'ai tenu ma promesse", déclare Anastasia Shevlyuga, 30 ans, après être descendue du train et avoir retrouvé sa mère.

Pour d'autres personnes, ce moment est plus difficile.

Svytlana Dosenko refoule ses larmes pendant quelques instants en attendant de revoir son fils unique qu'elle a vu pour la dernière fois avant le début de la guerre avec la Russie, en février.

L'attente a été très éprouvante. "Je n'ai plus que lui", s'écrie-t-elle.

Les huit derniers mois qu'elle vient de vivre ont été marqués par le chagrin, l'humiliation et la peur depuis l'occupation par les Russes de vastes territoires sur la côte ukrainienne de la mer Noire, dont Kherson.

Deux jours après le début de la guerre, le 24 février, le mari de Svytlana est décédé de Covid après que l'électricité a été coupée à l'hôpital où il était placé sous respirateur.

Dans les mois qui ont suivi, elle a vécu sous l'occupation des forces russes, qui se livraient à des fouilles fréquentes des appartements et qui ont mis en place des points de contrôle dans toute la ville.

"C'était très difficile. Ma maison a été fouillée par des soldats russes" qui recherchaient des "armes", dit-elle.

Svytlana prévoit de prendre le train samedi soir pour rentrer à Kiev avec son fils.

"Je veux, dit-elle, juste le voir et lui dire que je l'aime".

Fierté

Sur le quai, à quelques pas de là, Lyudmila attend avec impatience l'arrivée de sa petite-fille, tenant un bouquet de fleurs.

"Ses parents à Kherson ne savent pas qu'elle arrive (...) nous l'avons organisé", dit-elle à l'AFP en riant. "Nous sommes enfin libres ! ".

"C'est gagnant-gagnant. Nous avons été libérés et mon enfant préféré vient ici", lance Lyudmila.

D'autres personnes sont venues à la gare samedi simplement pour participer à cet évènement symbolisant le retour de Kherson sous le contrôle ukrainien.

"Je voulais m'assurer que ça allait bien arriver", déclare Lyudmyla Smeshkova, 60 ans, dont le chihuahua Molly dépasse de sa veste en fourrure.

Pour les cheminots de la région, l'arrivée du train Kiev-Kherson représente un immense moment de fierté.

Plus de 100 ouvriers ont travaillé d'arrache-pied sous une pluie froide la semaine dernière pour dégager et réparer près de 60 km de voie avec des équipes de déminage.

"C'est émouvant. Après avoir entendu parler de la libération de Kherson, nous avons reçu l'ordre de réparer les 58 endroits différents endommagés sur la ligne", explique Denys Rustyk, 31 ans, un cheminot de la ville voisine d'Odessa.

Rôle «vital»

En Ukraine, les chemins de fer ont longtemps constitué l'épine dorsale industrielle et économique du pays. Depuis le début de la guerre, ils ont été une véritable bouée de sauvetage pour le pays, permettant notamment l'évacuation de millions de personnes fuyant le conflit.

La réouverture de la ligne vers Kherson doit également fournir un autre axe d'approvisionnement crucial pour la ville qui a désespérément besoin d'aide humanitaire.

Au moment de leur retrait, les Russes ont détruit les infrastructures essentielles de Kherson, laissant la ville sans eau et électricité alors qu'un hiver rude s'installe.

Depuis, l'aide humanitaire afflue par camions et voitures empruntant la route abimée reliant Kherson à la ville voisine de Mykolaïv.

La remise en service de la ligne Kiev-Kherson "est d'une importance vitale" car la ville va pouvoir recevoir de l'aide par train, déclare un cheminot, Yuri Karlyukin, 53 ans.

"Plus tôt Kherson sera connecté, plus tôt la ville revivra".


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.