Aux assises de Rouen, 22 et 17 ans de réclusion pour avoir démembré un homme

Le logo de la police française sur une voiture de police à Lorient, dans l'ouest de la France, le 10 juillet 2022 (Photo, AFP).
Le logo de la police française sur une voiture de police à Lorient, dans l'ouest de la France, le 10 juillet 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 19 novembre 2022

Aux assises de Rouen, 22 et 17 ans de réclusion pour avoir démembré un homme

  • L'affaire avait commencé le 4 novembre 2018, avec la découverte par la brigade fluviale d'un corps démembré et enroulé dans une bâche, dans la Seine, un peu en amont de Rouen
  • Vendredi, les deux trentenaires avaient tenté chacune de minimiser leur influence dans ce projet macabre

ROUEN: Céline Vasselin et Jessica Adam, deux mères de famille qui avaient, en 2018 près de Rouen, tué et démembré le compagnon de la première, ont été condamnées samedi par les assises de Seine-Maritime à 22 ans et 17 ans de réclusion.

Les deux femmes sont restées impassibles lors de l'énoncé du verdict et une troisième femme, jugée pour ne pas avoir pas empêché le crime, a été acquittée.

Céline Vasselin, esthéticienne de 35 ans, et Jessica Adam, 39 ans, une cliente devenue une "copine", étaient jugées depuis lundi pour avoir, dans la nuit du 3 au 4 novembre 2018 dans la banlieue de Rouen, drogué, tué par arme blanche et démembré Sliman Amara avec lequel Céline Vasselin avait eu un fils trois ans plus tôt.

Après l'annonce du verdict, l'avocate de Céline Vasselin, Me Sandra Gosselin s'est dite "satisfaite qu'une cour d'assises ait considéré que des violences psychologiques puissent entrer en ligne de compte sur le quantum d'une peine".

Me Gosselin a "la sensation que les portes de la maison de Sliman et Céline se sont enfin ouvertes", elle qui avait répété plusieurs fois pendant le procès que les violences intrafamiliales que sa cliente a dit avoir subies lors de sa relation avec M. Amara, s'effectuaient toujours "porte fermée".

L'avocat de Jessica Adam, Me Vincent Beux Prère a lui parlé d'une "peine juste, adaptée, clémente".

"Cette clémence, qu'elle méritait vraiment, a deux raisons : le motif psychologique et la personnalité de Jessica Adam", a dit l'avocat en rappelant les violences et viols subis par elle de la part de son beau-père lorsqu'elle était enfant, des faits pour lesquels il a été condamné.

Le conseil de la soeur de la victime, Me Frank Berton s'est pour sa part dit "très surpris par le quantum des condamnations et la clémence de la cour d'assises de Rouen".

«Bras armé»

L’avocate générale Olga Martin-Belliard avait requis vendredi trente années de réclusion contre Céline Vasselin et 25 années contre Jessica Adam qui encouraient toutes deux la réclusion à perpétuité.

"Je ne nie pas les difficultés de Mme Vasselin dans sa vie de couple avec Sliman Amara mais ces clés de compréhension ne viendront jamais justifier un assassinat", avait déclaré Mme Martin-Belliard lors de son réquisitoire.

Quant à Mme Adam, "elle a été je pense le bras armé que Mme Vasselin cherchait, un bras armé conscient, volontaire", selon la magistrate.

L'affaire avait commencé le 4 novembre 2018, avec la découverte par la brigade fluviale d'un corps démembré et enroulé dans une bâche, dans la Seine, un peu en amont de Rouen, ainsi qu'une main et un mollet humain dans d'autres communes les jours suivants. Le corps sera identifié par l'ADN comme étant celui de Sliman Amara.

Arrêtées quelques jours plus tard, sa compagne et son amie avaient rapidement avoué la machination: des toasts à l’anxiolytique pour le dîner du 3 novembre, des coups d'armes blanches puis le démembrement à l'aide de matériel acheté les semaines précédentes et l'éparpillement en différents points le lendemain.

Vendredi, les deux trentenaires avaient tenté chacune de minimiser leur influence dans ce projet macabre. Jessica Adam a estimé avoir été "bien bernée" par son amie qui, pour sa part, a rappelé le rôle actif de Mme Adam dans le crime, cette dernière ayant asséné le coup de feuille de boucher et le coup de couteau qu'elle dit n'avoir pas vus venir.

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Céline Vasselin a dit ressentir "énormément de peine, pour tout le mal" qu'elle a "fait à tout le monde". "Je dois être sanctionnée pour ce que j’ai fait", a-t-elle dit.

Jessica Adam a demandé pardon pour ses actes, se disant "sincèrement au fond de mon cœur, désolée pour Sliman, pour sa première femme, pour sa famille, pour ses enfants".


Budget: "Il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans ce contexte international, affirme Wauquiez

Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
Le président du groupe parlementaire Droite républicaine, Laurent Wauquiez, s'exprime lors d'un débat parlementaire sur le budget 2026 à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 31 octobre 2025. (AFP)
Short Url
  • Laurent Wauquiez exclut toute censure du gouvernement, estimant qu’elle serait irresponsable dans le contexte international et budgétaire actuel
  • Le chef des députés LR juge le budget imparfait mais non idéologique, tout en critiquant le manque d’économies et la pression sur les grandes entreprises

PARIS: Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a affirmé mercredi qu'il "ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement" dans le contexte international actuel, écartant une censure de l'exécutif de Sébastien Lecornu de la part de la cinquantaine de députés LR.

"Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menace d'une guerre commerciale, il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement et de laisser la France sans budget", a déclaré Laurent Wauquiez devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP).

Le patron des députés LR a nié que ce budget soit "socialiste" comme l'a affirmé le patron de son parti Bruno Retailleau.

"Ce n'est pas un budget socialiste, ce n'est pas un budget de droite. C'est un budget qui est le fruit d'une situation politique pleine de tempêtes dans laquelle il n'y a pas de majorité dans notre Assemblée nationale", a-t-il expliqué.

Laurent Wauquiez a estimé que le travail parlementaire de la droite a permis d'éviter "l'hérésie fiscale" du projet de budget initial, tout en reconnaissant que la version adoptée par 49.3 est "imparfaite".

A ses yeux, le "gros point de noir de ce budget" est le manque d'économies sur les dépenses et le "poids mis sur les grandes entreprises".

Laurent Wauquiez a sévèrement taclé David Lisnard, le maire libéral de Cannes, qui a appelé mardi les élus de droite à faire tomber le gouvernement et dont la députée Alexandra Martin, qui porte les couleurs de son parti Nouvelle Energie au sein du groupe LR, a promis de voter la censure.

"Ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon c'est d'avoir le courage de se présenter aux élections législatives", a affirmé le député de Haute-Loire, en allusion au patron de l'Association des maires de France (AMF). David Lisnard est candidat à sa réélection à Cannes en mars et il a annoncé qu'il se présenterait à la présidentielle l'an prochain, si la primaire à droite qu'il souhaite n'est pas organisée.


La France demande «un exercice de l'Otan» au Groenland, se dit «prête à y contribuer»

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez". (AFP)
Short Url
  • "La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française
  • Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan

PARIS: La France veut un "exercice de l'Otan" au Groenland et est "prête à y contribuer", a indiqué mercredi l'Elysée, alors que le président américain Donald Trump répète qu'il veut s'emparer de ce territoire autonome danois.

Ses menaces concernant le Groenland ont jeté un froid dans les relations déjà complexes entre le président américain, qui doit s'exprimer mercredi au Forum de Davos, et les puissances européennes.

"La France demande un exercice de l'OTAN au Groenland et est prête à y contribuer", a fait savoir la présidence française.

Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan, mais en dehors du cadre de l'alliance atlantique et donc sans l'implication des Etats-Unis.

Cela avait provoqué la colère de Donald Trump, qui avait menacé ses alliés participant à ces manœuvres d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25%.

Le dirigeant martèle que le Groenland, par ailleurs riche en minéraux, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l'Otan face à la Russie et à la Chine. Un exercice de l'Otan à proprement parler permettrait d'impliquer Washington et d'afficher le fait que la sécurité en Arctique est prise au sérieux par les Européens, juge-t-on à Paris.

Donald Trump, à qui des journalistes demandaient mardi jusqu'où il serait prêt à aller pour acquérir le Groenland, a répondu: "vous le découvrirez".

"Je pense qu'il va se passer quelque chose qui sera très positif pour tout le monde", a-t-il assuré.


G7, Groenland, Russie: Macron face au défi de ne pas rompre le fil avec Trump

Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements. (AFP)
Short Url
  • "Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain
  • "Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il

PARIS: Emmanuel Macron tente un coup: il a proposé à Donald Trump un sommet du G7 à Paris avec la présence des Russes, toujours en quête d'un équilibre incertain pour contenir les poussées de fièvre de l'imprévisible diplomatie américaine, entre confrontation et accommodements.

"Mon ami", commence le président français dans un message privé qui n'aurait pas dû être publié mais a été révélé mardi par son homologue américain.

"Nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland", poursuit-il.

Il propose d'"organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi", et se dit prêt, "en marge" de ce sommet, à "inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes".

Une présence officielle de dirigeants russes à Paris serait inédite depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a bientôt quatre ans. La Russie a été expulsée du G8, redevenu G7, à la suite de l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014, même si Donald Trump a plusieurs fois exprimé le vœu de la réintégrer.

La réponse du président américain n'a pas été rendue publique, et rien ne dit à ce stade que ce sommet se fera. Le Kremlin a assuré n'avoir reçu aucune invitation.

Emmanuel Macron estime avoir appris à gérer sa relation avec Donald Trump lors du premier mandat à la Maison Blanche et depuis son retour il y a un an.

Face à des tensions à nouveau au plus haut en raison de la volonté américaine de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois, et des menaces de taxes douanières accrues contre les Etats européens qui s'y opposent, le président français tente de jouer sur les codes de la diplomatie disruptive de son homologue.

"Le président Trump aime faire des opérations. J'ai un peu le même tempérament, donc je comprends très bien", avait reconnu Emmanuel Macron en octobre au sujet de ses "coups" qui sèment souvent la sidération.

Accusé d'être trop accommodant il y a deux semaines sur le Venezuela, le chef de l'Etat français est monté en première ligne pour défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland, en dépêchant des militaires sur l'île arctique aux côtés de l'Allemagne notamment.

Puis il a été le plus ferme des dirigeants de l'UE à s'élever contre les menaces douanières, en demandant d'activer son "instrument anti-coercition", considéré comme le "bazooka" en cas de guerre commerciale.

Parallèlement, Paris a été le premier grand pays à dire clairement "non" à l'invitation américaine à un "Conseil de la paix" qui ressemble à un substitut de l'ONU, mais totalement à la main de Donald Trump.

Fin de mandat 

Ce dernier a réagi à ce refus en moquant son homologue français, dont "personne ne veut car il va bientôt terminer son mandat", et en agitant le spectre de droits de douane de 200% sur les vins et champagnes.

Hasard du calendrier, cette séquence intervient le jour de la diffusion, prévue mardi sur la chaîne France 2, d'un documentaire dans lequel on voit Emmanuel Macron appeler le dirigeant américain en mai depuis Kiev pour lui dire que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté sa proposition de cessez-le-feu. "Prix Nobel pour ça!", "tu es le meilleur", répond l'intéressé.

Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces. Mais la vraie-fausse idylle a depuis connu des hauts mais aussi beaucoup de bas.

A tel point qu'Emmanuel Macron est régulièrement accusé, en France et parfois en Europe, d'en faire trop pour plaire à Donald Trump.

L'ex-président François Hollande a estimé que son successeur à l'Elysée avait tort de vouloir ménager l'Américain "pour essayer de l'influencer" et de "tout faire pour garder Donald Trump sur le terrain européen".

C'est bien la stratégie d'Emmanuel Macron: "garder Trump au plus près de nous" lorsque les intérêts européens sont en cause, sur l'Ukraine, le Groenland ou le commerce. "Gérer ses à-coups" et les poussées de tensions, quitte à avaler des couleuvres, quand monter au créneau serait peine perdue.

"Il pense qu'il faut choisir ses batailles", analyse Célia Belin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales. "C'est un principe de réalité: quand la gesticulation ne sert à rien, ça nous rend à la limite plus faibles", dit-elle à l'AFP.

Selon elle, "l'Europe a besoin que la France", pays doté de l'arme nucléaire et porteuse par tradition gaulliste d'une voix à part, "se mette plus en avant dans la confrontation avec Trump".