Mondial: Nasser Al-Khelaïfi accusé d'avoir détruit des documents compromettants

Le président du Paris Saint-Germain Nasser Al-Khelaifi assiste au match de football du groupe H du 1er tour de la Ligue des champions de l'UEFA le 2 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le président du Paris Saint-Germain Nasser Al-Khelaifi assiste au match de football du groupe H du 1er tour de la Ligue des champions de l'UEFA le 2 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 20 novembre 2022

Mondial: Nasser Al-Khelaïfi accusé d'avoir détruit des documents compromettants

  • Cette histoire à tiroirs, mêlant soupçons d'espionnage privé, de chantage et accusations de tortures, éclate au grand jour fin septembre
  • M. Benabderrahmane raconte avoir été arrêté en janvier 2020 au Qatar, où il s'était installé trois mois auparavant pour en assurer le lobbying

PARIS: Le patron du PSG a-t-il voulu détruire des documents compromettants liés à l'obtention par le Qatar du Mondial de foot, qui démarre ce dimanche? C'est ce qu'affirment plusieurs protagonistes dans une retentissante affaire qualifiée de "manipulation totale" par le porte-parole de Nasser Al-Khelaïfi.

Cette histoire à tiroirs, mêlant soupçons d'espionnage privé, de chantage et accusations de tortures, éclate au grand jour fin septembre, quand trois hommes sont mis en examen à Paris pour trafic d'influence et corruption notamment.

Parmi eux, le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane et Malik Nait-Liman, un ex-policier des services de renseignement, embauché en 2018 comme référent supporters au PSG. Ils sont soupçonnés d'avoir transmis des informations confidentielles sur certaines personnes issues de fichiers de police, notamment au club de football parisien.

Mais dans ce dossier se niche une autre affaire: M. Benabderrahmane raconte avoir été arrêté en janvier 2020 au Qatar, où il s'était installé trois mois auparavant pour en assurer le lobbying.

Il dit avoir été incarcéré pendant six mois et torturé, puis assigné à résidence et finalement autorisé à partir en novembre de la même année, après avoir accepté de signer un protocole de confidentialité dans lequel il s'engageait à ne pas divulguer des documents "sensibles" sur Nasser Al-Khelaïfi.

Conversations téléphoniques

Quels étaient ces documents? A-t-il tenté de faire chanter le patron du PSG?

Selon un rapport du 29 septembre de la Direction générale de la sécurité intérieure et l'Inspection générale de la police nationale, révélé par Libération et consulté par l'AFP, il pourrait s'agir d'une part de vidéos intimes du patron du PSG avec sa maîtresse; d'autre part de conversations contenues dans un téléphone ayant appartenu à Nasser Al-Khelaïfi, avec Jérôme Valcke de la Fifa et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani, liées à l'organisation de la Coupe du Monde du Qatar ou à l'attribution de droits TV.

M. Al-Khelaïfi, également président du groupe beIn Media, et M. Valcke ont été poursuivis en Suisse, accusés d'avoir conclu un pacte dans le dos de la Fifa dans une affaire de droits TV liée aux Mondiaux-2026 et 2030. Ils ont été acquittés en octobre 2020, puis à nouveau en appel en juin 2022.

Comment Tayeb Benabderrahmane se serait-il retrouvé en possession de ces documents?

En garde à vue, le lobbyiste a raconté qu'Hicham Karmoussi, majordome marocain de Nasser Al-Khelaïfi pendant vingt ans, licencié en juin 2020, lui avait demandé en 2018 de mettre en lieu sûr en Algérie un téléphone portable, un disque dur et une clé USB contenant des données relatives au patron du PSG. Il lui avait aussi remis une extraction des données du téléphone de ce dernier.

Hicham Karmoussi a raconté vendredi à Mediapart avoir aidé Nasser Al-Khelaïfi, inquiet des enquêtes en France et en Suisse le visant, à faire du "nettoyage" dans son appartement parisien avant une éventuelle perquisition et avoir gardé certaines choses en sa possession. Il dit avoir remis "seulement le téléphone" à M. Benabderrahmane.

M. Karmoussi, dont le domicile a été perquisitionné le 20 octobre, a été entendu mardi comme témoin à l'office anticorruption (Oclciff) chargé des investigations sur les conditions d'attribution du Mondial-2022.

"Hicham Karmoussi a travaillé au service de Monsieur Al-Khelaïfi pendant de nombreuses années et il est logique que la justice ait souhaité l'entendre comme témoin", a déclaré à l'AFP son avocat Antoine Ory.

Par ailleurs, "il s'attend à être prochainement entendu par l'autorité judiciaire" dans le cadre de l'information judiciaire dans laquelle M. Benabderrahmane et M. Nait-Liman ont été mis en examen, selon l'avocat.

De son côté, M. Benabderrahmane a déposé en août deux plaintes avec constitution de partie civile à Paris: la première pour tortures, arrestation et séquestration, où il dénonce son incarcération au Qatar, et la deuxième pour extorsion et subornation de témoin, ciblant le rôle des avocats ayant oeuvré à la signature du protocole.

Il a versé en fin de semaine la consignation fixée par le doyen des juges d'instruction, préalable nécessaire à la désignation d'un magistrat enquêteur.

"Cette cohérence globale dans les enquêtes qui seront menées permettra de révéler les rouages complexes à l'œuvre dans les relations politico-financières entre la France et le Qatar dont M. Benabderrahmane a été la victime", ont estimé ses avocats dans un communiqué.

"Il n'y a jamais eu d'exemple aussi clair de manipulation totale et éhontée des médias - des mensonges et des inventions d'individus cherchant à détourner l'attention du fait qu'ils sont poursuivis pour une multitude de crimes contre une série de personnes", a réagi auprès de l'AFP un porte-parole de Nasser Al-Khelaïfi.

Les protagonistes de cette affaire "ont modifié leurs histoires plus qu’ils n’ont changé d’avocats – et les mensonges deviennent de plus en plus fantaisistes de semaine en semaine", balaye le porte-parole. "Nous laisserons sereinement la procédure judiciaire suivre son cours et c’est le droit qui prévaudra au final".


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est "terminé"

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.