France: Les enchères des vins des Hospices de Beaune vers de nouveaux records?

Un commissaire-priseur supervise la 162e vente aux enchères caritative des vins des Hospices de Beaune (Photo, AFP).
Un commissaire-priseur supervise la 162e vente aux enchères caritative des vins des Hospices de Beaune (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 20 novembre 2022

France: Les enchères des vins des Hospices de Beaune vers de nouveaux records?

  • Cette année, le nombre de lots atteint des sommets
  • La récolte a en effet été abondante en 2022 en Bourgogne

BEAUNE: Récolte abondante, millésime "exceptionnel" et demande toujours en hausse: la vente en France des vins des Hospices de Beaune, les plus anciennes enchères caritatives au monde, se déroulent dimanche sous des anticipations de nouveaux records.

"17 000, 18 000, 19 000...", les chiffres roulent avec frénésie dans la voix du commissaire-priseur Pierre Mothes tandis que, parmi les quelque 800 acheteurs réunis sous les Halles de la capitale des vins de Bourgogne, dans le centre-est de la France, les plaquettes numérotées se lèvent les unes après les autres.

"Adjugé", lance le commissaire sous les coups de marteau, n'ayant visiblement pas une minute à perdre.

Des vignes sont données aux Hospices depuis leur fondation, en 1443, dans le but de venir en aide aux "pôvres malades", comme on disait au Moyen-Âge. Au fil des siècles, le domaine viticole a ainsi atteint 60 hectares, comptant parmi les vins les plus prestigieux au monde.

Et cette année, le nombre de lots atteint des sommets. 802 pièces (comme on appelle les fûts en Bourgogne) sont à prendre, non loin du plus-haut de 843 lots remontant à 2018.

La récolte a en effet été abondante en 2022 en Bourgogne, les importantes pluies de juin ayant permis à la vigne de bien résister à la sécheresse estivale au point de former un millésime "exceptionnel".

"On est passé d'un extrême à l'autre: du millésime 2021, le plus petit depuis 40 ans, à un millésime très abondant", résume Amayès Aouli, directeur Europe chez Sotheby's Wine, organisateur de la vente.

Le millésime 2021 avait été amputé de moitié par un gel printanier dévastateur. Seuls 356 fûts avaient été proposés à la vente cette année-là, du jamais vu depuis 1977.

L'abondance de la récolte 2022 a déchaîné les prévisions de nouveaux records, que ces enchères ne cessent de franchir depuis leur création en 1859.

Le précédent plus-haut historique ne date que de 2018, avec 13,97 millions d'euros (sans les frais). Personne n'ose un pronostic, mais un responsable de l'organisation avoue, sous couvert d'anonymat, être certain que ce nombre sera battu. "15 millions d'euros serait une déception", dit-il, prédisant un montant plutôt proche des 20 millions, voire le dépassant.

«Quand l'Asie se met à aimer»

"On ressent l'appétit des acheteurs", confirme M. Aouli. "Après les années Covid et les restrictions de voyage, beaucoup de clients sont venus de loin".

La Chinoise Lin Legun, acheteuse pour des clients de l'Empire du Milieu, est de ceux-là. Les vins de Bourgogne intéressent "énormément" les Chinois, explique-t-elle à l'AFP. "Et quand l'Asie se met à aimer un produit rare...", poursuit-elle dans une allusion à la récente flambée des prix.

"La demande pour les vins de Bourgogne ne cesse d'augmenter", renchérit Marie-Anne Ginoux, directrice Sotheby's France, qui souligne que sa maison a établi en 2021 un montant record de ses ventes de vin, à 132 millions de dollars, réalisés à près de moitié par des bourgognes.

Déjà en 2021, la forte demande avait fait exploser le record du prix moyen de la pièce (228 litres soit 288 bouteilles), qui avait atteint 33 223 euros, bondissant de plus de 60% par rapport au dernier exploit établi en 2019.

La "pièce des présidents", un fût de prestige traditionnellement dédié à une œuvre autre que les Hospices, avait elle aussi atteint un prix sans précédent, à 800 000 euros, contre 780 000 en 2020.

Le produit de la vente de cette pièce sera réservé à des associations d'aide à l'enfance.

Le produit des autres lots est quant à lui destiné aux équipements et à la rénovation des quatre hôpitaux et six maisons de retraite, soit un millier de lits, que regroupent actuellement les Hospices civils.

Ces derniers ne reçoivent aucune aide de l'État pour ces dépenses, qui sont donc entièrement financées par les vignes données aux Hospices.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com