Ukraine: le chef de l'AIEA dénonce des tirs «ciblés» sur la centrale nucléaire de Zaporijjia

This file photo taken on September 11, 2022 shows a general view of the Zaporizhzhia Nuclear Power Plant. (Photo STRINGER / AFP)
This file photo taken on September 11, 2022 shows a general view of the Zaporizhzhia Nuclear Power Plant. (Photo STRINGER / AFP)
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Publié le Lundi 21 novembre 2022

Ukraine: le chef de l'AIEA dénonce des tirs «ciblés» sur la centrale nucléaire de Zaporijjia

  • La Russie et l'Ukraine se sont à nouveau accusées mutuellement dimanche d'avoir bombardé cette centrale nucléaire située dans le Sud ukrainien et occupée militairement par l'armée russe
  • Kiev a en outre démenti avoir exécuté plusieurs soldats russes qui s'y étaient rendus

KIEV: Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dénoncé dimanche des tirs "délibérés et ciblés" contre la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, appelant à "arrêter cette folie".

La Russie et l'Ukraine se sont à nouveau accusées mutuellement dimanche d'avoir bombardé cette centrale nucléaire située dans le Sud ukrainien et occupée militairement par l'armée russe.

Kiev a en outre démenti avoir exécuté plusieurs soldats russes qui s'y étaient rendus.

"Des explosions ont eu lieu sur le site de cette centrale nucléaire majeure, ce qui est complètement inacceptable", a déclaré Rafael Grossi, dans un entretien à la chaîne française BFMTV.

"Qui que ce soit, cela doit s'arrêter immédiatement", a exhorté le chef de l'AIEA, en insistant: "Les gens qui font ça savent où ils frappent. C'est absolument délibéré, ciblé".

Depuis plusieurs mois, Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de bombardements sur le site, proche de la ligne de front.

"Une bonne douzaine" de frappes ont ciblé la centrale ce week-end, de samedi à dimanche, dont certaines ont été constatées par des experts de l'AIEA, a indiqué l'Agence dans un communiqué.

Son responsable a jugé la situation "gravissime", sans en attribuer la responsabilité aux forces russes ou ukrainiennes.

"La centrale est sur la ligne de front, il y a des activités militaires très difficiles à cerner, il y a des effectifs russes et des effectifs ukrainiens en opération", a rappelé M. Grossi.

Pour le ministère russe de la Défense, "le régime de Kiev ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d'une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijjia".

Samedi et dimanche, les forces ukrainiennes ont tiré plus d'une vingtaine d'"obus de grand calibre" sur la centrale, affirme le communiqué du ministère.

Ceux-ci ont notamment explosé entre les blocs énergétiques numéro 4 et 5 et visé le toit d'un "bâtiment spécial" situé à proximité de ces blocs, selon la même source.

Ce "bâtiment spécial" abrite un dépôt de combustible nucléaire, a précisé un responsable du producteur russe d'électricité nucléaire Rosenergoatom, Renat Kartchaa, cité par l'agence officielle russe TASS.

Malgré ces bombardements, "le niveau de radiations dans la zone de la centrale reste conforme à la norme", souligne le communiqué du ministère russe de la Défense.

«Chantage nucléaire»

Pour sa part, l'agence nucléaire ukrainienne a accusé la Russie d'avoir bombardé le site de la centrale.

"Ce matin du 20 novembre 2022, à la suite de nombreux bombardements russes, au moins 12 frappes ont été enregistrées sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia", a déclaré Energoatom, accusant les Russes d'"organiser une fois de plus un chantage nucléaire et mettre le monde entier en danger".

"Il y a en a qui considèrent qu'une centrale nucléaire est une cible militaire légitime, ce qui est incroyable", s'est encore indigné Le directeur général de l'AIEA.

L'AIEA, qui dispose de deux inspecteurs sur place dans la centrale, est en train de procéder à une évaluation. "Il y a eu des dégâts dans des endroits assez délicats", a estimé M. Grossi, précisant que les réacteurs n'avaient pas été touchés mais "plutôt la zone où se trouvent les combustibles frais et usés".

"On compte pouvoir faire un état des lieux demain (lundi) matin très tôt", a-t-il ajouté, précisant que les inspecteurs n'avaient pas pu sortir dimanche, car la situation était trop dangereuse.

Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec le chef de l'AIEA sur la situation de la centrale de Zaporijjia et "parlera probablement" au président ukrainien Volodymyr Zelensky, selon la présidence française.

Kherson sous les obus russes

Dans son discours quotidien, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que près de 400 attaques russes avaient eu lieu dans l'est du pays au cours de la seule journée de dimanche.

Dans le sud du pays, à Kherson, que les troupes ukrainiennes ont récemment reconquise, les habitants étaient confrontés aux bombardements russes, après huit mois d'occupation.

Après que l'armée russe, rejetée de l'autre côté du fleuve, a pilonné la zone industrielle et incendié un dépôt pétrolier non loin de leur immeuble, Iouri Mosolov et sa femme ont décidé qu'il était temps de partir. "Après les bombardements d'hier, ma femme a dit +Ne prenons pas trop de risques, partons+", a expliqué M. Mosolov.

Entre temps, l'Ukraine a rejeté dimanche les accusations russes selon lesquelles elle aurait tué "brutalement" des soldats russes qui avaient déposé les armes, ce que Moscou a qualifié de "crime de guerre".

L'armée ukrainienne a indiqué avoir vérifié l'authenticité des vidéos, qui selon Moscou prouvent que Kiev a exécuté une dizaine de Russes.

Or des extraits des vidéos montrent que les forces russes ont fait semblant de se rendre pour ouvrir le feu sur les soldats ukrainiens, dans une "fausse rédition", a fait valoir dimanche Dmytro Lubinets, commissaire aux droits humains au Parlement ukrainien.

Il a estimé que dans ce cas les Russes ne "peuvent pas être considérés comme des prisonniers de guerre" et "riposter n'est pas un crime de guerre".

L'AFP n'a pas pu confirmer ces vidéos de manière indépendante. Un porte-parole de l'ONU a toutefois déclaré vendredi à l'AFP que l'organisation internationale avait "connaissance de ces vidéos" et qu'elle les "examinait".

La Russie, qui mène une offensive en Ukraine depuis le 24 février, occupe militairement le territoire de la centrale. Le président russe Vladimir Poutine en a revendiqué l'annexion, tout comme celle de quatre régions ukrainiennes.


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.