L'ouvrage qui a rendu célèbre l'art rupestre d'Arabie saoudite

L'art rupestre ancien est le plus grand trésor du patrimoine saoudien et témoigne d'une histoire de la culture humaine qui remonte à 10 000 ans (Photo fournie).
L'art rupestre ancien est le plus grand trésor du patrimoine saoudien et témoigne d'une histoire de la culture humaine qui remonte à 10 000 ans (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 23 novembre 2022

L'ouvrage qui a rendu célèbre l'art rupestre d'Arabie saoudite

  • Un exemplaire rare de la première édition de l’ouvrage Prehistoric Rock Art of Northern Saudi Arabia (Art rupestre préhistorique du nord de l'Arabie saoudite) était en vente à la Foire internationale du livre de Sharjah
  • Le passé ancien du Royaume était peu ou pas reconnu avant la publication du livre de Majeed Khan en 1993

LONDRES: En mai 1976, Majeed Khan, jeune diplômé de l'Université du Sindh, au Pakistan, se rend en Arabie saoudite pour rejoindre le ministère du Tourisme en tant que consultant en archéologie chargé de prodiguer des conseils sur le développement des musées et la conduite de recherches archéologiques dans le pays.
Cette nomination s’avère déterminante.
À cette époque où l'Arabie saoudite surfe sur la vague du premier grand boom pétrolier et se concentre sur son évolution rapide, l'archéologie dans le Royaume n’en est qu’à ses débuts.
Mais avec Khan, le pays trouve un ardent défenseur de l'un de ses plus grands trésors patrimoniaux – l'art rupestre ancien – dont des milliers d'exemples se cachent dans le territoire et témoignent d'une histoire de la culture humaine remontant à 10 000 ans.


Khan, qui vit à Riyad et qui, à l'âge de 80 ans, travaille toujours comme consultant auprès du département des antiquités du ministère de la Culture, a consacré toute sa vie professionnelle à un sujet qui, aujourd'hui encore, le fascine et le surprend.
Le mois dernier, il a la surprise d’apprendre que son ouvrage phare, Prehistoric Rock Art of Northern Saudi Arabia (Art rupestre préhistorique du nord de l'Arabie saoudite), publié par le département des antiquités et des musées du ministère saoudien de l'Éducation en 1993, est désormais considéré comme un objet de collection.
Un exemplaire de la première édition a été proposé à la vente au prix de 1 250 livres sterling (1 livre sterling = 1,15 euro) par un libraire londonien spécialisé, lors de la Foire internationale du livre de Sharjah, aux Émirats arabes unis, qui s'est tenue du 2 au 13 novembre.
Khan estime que cela représentait beaucoup d'argent. Mais d'un autre côté, «c'est le premier livre de recherche sur l'art rupestre publié dans un pays arabe», affirme-t-il. À l'époque de sa publication, «aucune université saoudienne n'enseignait l'art rupestre et il n'y avait pas de véritable recherche sur l'art rupestre au Royaume».
En outre, le passé ancien de l'Arabie saoudite n'était pas ou peu reconnu dans le monde, un passé qui est aujourd'hui adopté avec enthousiasme et qui constitue l'épine dorsale de grands projets touristiques, tels que AlUla et Diriyah, destinés à attirer chaque année des millions de visiteurs dans le Royaume.

Un exemplaire de la première édition a été proposé à la vente au prix de 1 250 livres sterling par un libraire londonien spécialisé, lors de la Foire internationale du livre de Sharjah, aux Émirats arabes unis, qui s'est tenue du 2 au 13 novembre (Photo fournie).

Par exemple, dans l’ouvrage Cambridge Illustrated History of Prehistoric Art publié en 1998 et qui se veut exhaustif, il n'y a pas une seule mention de l'Arabie saoudite – un impair qui sera dramatiquement mis en évidence par le travail de Khan.
Décrire Khan comme un pionnier dans son domaine, c'est sous-estimer son impact sur la compréhension de l'étendue et de l'importance du passé ancien du Royaume.
Au cours des quatre dernières décennies, il publie des dizaines d'articles de recherche. Le premier, qu'il coécrit porte sur «La faune du Miocène inférieur d'Assarrar, en Arabie orientale» et est publié dans Atlal, le journal d'archéologie de l'Arabie saoudite, en 1981.
Son premier livre, paru en 1993, peu avant ses travaux révolutionnaires sur l'art rupestre préhistorique d'Arabie saoudite, s’intitule The Origin and Evolution of Ancient Arabian Inscriptions (L'origine et l'évolution des inscriptions arabes anciennes), également publié par le ministère de l'Éducation.
Mais c'est aux pétroglyphes qu'il consacrera la majeure partie de son énergie, un engagement académique qui aboutit en 2015 à l'inscription de l'art rupestre de la région de Hail, en Arabie saoudite, au patrimoine mondial de l'Unesco.
Le nom de Khan, ainsi que celui de deux collègues de la Commission saoudienne du tourisme et des antiquités, Jamal Omar et le vice-président Ali al-Ghabban, figure sur le texte de nomination qui permet aux sites jumeaux près de Jubbah et Shuwaymis, dans la province septentrionale de Hail, d’être reconnus par l'Unesco comme ayant une «valeur universelle exceptionnelle».

Décrire Majeed Khan comme un pionnier dans son domaine c’est sous-estimer son impact (Photo fournie).

«C’était pour moi le moment le plus émouvant de mes 40 années de recherche», confie Khan à Arab News en janvier 2021.
Il ne se repose pas pour autant sur ses lauriers. Hail n'est pas la seule région d'Arabie saoudite où l'on trouve de l'art rupestre, et «ces jours-ci, je travaille sur le site d'art rupestre de Hima, à Najran, pour qu'il soit lui aussi inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco».
L'Arabie saoudite compte plus de 2 000 sites d'art rupestre. Mais la plus grande concentration de pétroglyphes néolithiques, ou gravures rupestres, et les plus anciens exemples connus, datant de 10 000 ans, se trouvent dans le nord du pays, sur deux sites éloignés de 300 kilomètres dans la province de Hail.
Les anciens ancêtres des Saoudiens actuels n'avaient ni papier, ni stylo, ni langue écrite pour marquer leur passage sur terre.
Mais en utilisant les rochers de leurs impressionnants paysages comme toile il y a des milliers d'années, les anciens peuples du territoire qui allait devenir l'Arabie saoudite ont trouvé le moyen de laisser leur trace dans l'histoire. Ils ont ainsi créé une étonnante représentation picturale d'un monde aujourd'hui oublié, minutieusement picorée, ciselée et gravée dans les rochers de grès de la région.
Le premier des deux sites de Hail se trouve à Jabal Umm Sinman, un affleurement rocheux à l'ouest de la ville de Jubbah, à quelque 90 kilomètres au nord-ouest de la ville de Hail et à 680 kilomètres de la capitale, Riyad.
Les origines de la ville remontent à l'aube de la civilisation arabe, lorsque les collines d'Umm Sinman surplombaient un lac d'eau douce, qui a fini par disparaître sous les sables du désert de Nefud, il y a environ 6 000 ans.
Sur ces collines, selon les termes du document de proposition d'inscription à l'Unesco cosigné par Khan, les ancêtres des Saoudiens d'aujourd'hui «ont laissé les traces de leur présence, de leurs religions, de leurs perspectives sociales, culturelles, intellectuelles et philosophiques de leurs croyances sur la vie et la mort, de leurs idéologies métaphysiques et cosmologiques».
D’après Khan, l'art rupestre de Jubbah «représente toutes les phases de la présence humaine, du Néolithique, 10 000 ans avant notre ère, jusqu'à un passé récent», et reflète une époque où le climat et le paysage étaient très différents d'aujourd'hui.
Gravés sur les rochers, souvent à des hauteurs mystérieusement inaccessibles, se trouvent les attributs d'un monde perdu: un défilé de danseurs, de dieux et de déesses oubliés, de figures mythologiques mi-humaines et mi-bêtes, et d'animaux tels que des moutons, des bouquetins, des chameaux, des chevaux, des loups, des autruches et – reflet d'une époque où les proies abondaient dans les plaines autrefois luxuriantes de l'Arabie – des lions.
«Le type d'animaux représentés indiquerait des changements de climat et d'environnement», signale Khan. «Les grands dessins de bœufs indiquent un climat frais et humide, tandis que l'absence de dessins de bœufs et l'apparition de pétroglyphes de chameaux témoignent de conditions chaudes et sèches.»

EN BREF

- La Foire internationale du livre de Sharjah a vu le jour en 1982 pour concrétiser la vision du Dr Sultan al-Qasimi, souverain de l'émirat éponyme au sein des Émirats arabes unis.
- Cette année, le festival s'est déroulé du 2 au 13 novembre.

 

«Tant à Jubbah qu'à Shuwaymis, ce changement dans la faune et la flore représente clairement un changement graduel mais drastique de la société et du climat à l'époque préhistorique et préislamique.»
Selon Khan, les similitudes entre les thèmes et les représentations dans d'autres parties du monde, notamment en Afrique, en Inde, en Australie, en Europe et en Amérique, montrent que «l'Arabie saoudite fait partie du patrimoine mondial et des traditions culturelles».
Comme d'autres peuples du monde, «les artistes arabes anciens dessinaient les animaux avec lesquels ils vivaient et dépeignaient leurs activités sociales, comme la danse et les rituels religieux».
Le second des sites jumeaux de Hail se trouve à Jabal al-Manjor et Raat, à 220 kilomètres au sud-ouest de Jubbah, près du village de Shuwaymis. Ses trésors ont été découverts il y a seulement 20 ans, une histoire remarquable dans laquelle Khan a notamment joué un rôle de premier plan.
En 2002, Aramco World, le magazine de la compagnie pétrolière nationale saoudienne, rapportait qu'en mars de l'année précédente, un bédouin faisant paître ses chameaux était tombé sur des marques étranges sur un ensemble de rochers éloignés. Mentionnant sa découverte à un enseignant de la ville locale de Shuwaymis, ce dernier a alerté les autorités, qui ont fait appel à Khan.
«Oui, cette histoire est correcte», confirme Khan. «J'ai rencontré à la fois le bédouin et Saad Rawsan, le directeur de l'archéologie de la région de Hail, qui nous a emmenés sur les sites pour des études et des recherches plus approfondies.»

«Le type d'animaux représentés indiquerait des changements de climat et d'environnement», signale Khan (Photo fournie).

Il découvre alors qu'ensemble, les sites jumeaux témoignent de plus de 9 000 ans d'histoire de l'humanité, allant des premières traces picturales de la chasse au développement de l'écriture, de la religion et de la domestication d'animaux tels que le bétail, les chevaux et les chameaux.
Comme l'indiquent les documents de l'Unesco, ces sites justifient leur inscription sur la liste du patrimoine mondial car ils présentent «un grand nombre de pétroglyphes d'une qualité exceptionnelle attribués à 6 000 à 9 000 ans d'histoire humaine, suivis au cours des 3 000 dernières années par un développement très précoce de l'écriture qui reflète la culture bédouine et qui se termine par des versets coraniques».
En outre, les sites de Jubbah et de Shuwaymis comprennent «le plus grand et le plus magnifique recueil de pétroglyphes néolithiques au monde».
On trouve de l'art rupestre néolithique dans de nombreux endroits d'Eurasie et d'Afrique du Nord, «mais nulle part dans une concentration aussi dense ou avec une qualité visuelle aussi élevée» que dans cette région reculée du nord-ouest de l'Arabie saoudite.
Peter Harrington, le libraire londonien qui a apporté le livre de Khan à Sharjah pour la foire du livre, l'a décrit comme «une monographie pionnière. La première et unique édition de cet ouvrage fondateur, qui aborde un sujet jusqu'alors négligé, remet en cause les idées reçues selon lesquelles les influences dans l'art rupestre de la région proviennent de la Mésopotamie, du Levant et de la vallée du Nil. Il contribue ainsi à inscrire le passé ancien du Royaume sur la carte des connaissances modernes, et à ouvrir la voie à l'inscription en 2015 de l'art rupestre de la région de Hail au patrimoine mondial de l'Unesco».
«Je suis extrêmement surpris de découvrir le prix de mon livre», soutient Khan lorsque Arab News lui communique le prix demandé pour le volume épuisé à la Foire internationale du livre de Sharjah, bien qu'il ait reçu quelques informations de son côté.
«Le ministère l'imprime de nouveau», affirme-t-il.
Cela ne risque pas de décourager les collectionneurs toujours désireux de s'emparer des premières éditions rares de livres traitant de l'histoire de la région. Rares sont les histoires aussi fascinantes que celle de l'art rupestre d'Arabie saoudite, et rares sont les livres aussi importants pour la valorisation du passé du Royaume que l'ouvrage de Khan, vieux de 30 ans.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


"Patrimoine majeur" ou passoire énergétique : la rénovation de l'immeuble Mouchotte à Paris divise

Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
Cette photographie prise à Paris le 5 avril 2026 montre l’immeuble Mouchotte, conçu par l’architecte français Jean Dubuisson et inauguré en 1966 dans le cadre du projet de rénovation urbaine Maine-Montparnasse des années 1960. (AFP)
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  • Le projet de rénovation de l’immeuble Immeuble Mouchotte, classé passoire énergétique, divise les habitants entre rénovation lourde de la façade et solutions plus légères pour préserver ce patrimoine des années 1960
  • Une association demande son inscription aux monuments historiques pour éviter une transformation jugée coûteuse, écologique­ment discutable et menaçant sa valeur architecturale

PARIS: Le projet de rénovation de l'immeuble Mouchotte, emblématique de l'architecture parisienne des Trente Glorieuses, mais classé comme passoire énergétique, inquiète une partie de ses résidents qui demande son inscription aux monuments historiques.

"Une véritable catastrophe architecturale, financière, écologique et culturelle !" : l'association d'habitants Sauvons Mouchotte a lancé une pétition en ligne pour demander au ministère de la Culture l'inscription "en urgence" de l'immeuble au titre des monuments historiques. Le texte a recueilli plus de 12.000 signatures depuis octobre 2025.

Cette longue barre en verre et en métal du 14e arrondissement, qui fête ses 60 ans, compte 17 étages, 13 escaliers, 753 logements et quelque 2.500 habitants.

Comme la tour Montparnasse voisine, fermée pour travaux le 31 mars, l'immeuble Mouchotte, conçu par Jean Dubuisson, architecte du Musée national des arts et traditions populaires à Paris, est typique du style années 1960.

Le bâtiment, équipé de simple vitrage et d'huisseries en aluminium, n'a jamais été restauré et fait l'objet d'un projet de rénovation pour une moitié de sa façade.

Cet ensemble de logements sociaux à l'origine se divise, depuis 2017, en deux parties gérées différemment : le 8-20 rue du Commandant René-Mouchotte (436 logements appartenant à des propriétaires individuels), pas concerné par le projet, et le numéro 26 de cette rue (317 appartements, dont 172 appartiennent au bailleur intermédiaire In'li et les autres à des propriétaires individuels).

Ce sont les 10.000 m2 de façade du "26" qui doivent être rénovés, car, avec un diagnostic de performance énergétique (DPE) F, il est considéré comme une passoire énergétique. Sans travaux, les appartements seront interdits à la location en 2028.

Deux projets ont été présentés aux copropriétaires lors de la dernière assemblée générale en 2025 : une rénovation "légère" et une "lourde", qui impliquerait le remplacement total de la façade à l'identique par des matériaux neufs.

- "Patrimoine majeur" -

Sauvons Mouchotte craint qu'In'li, avec ses 47% de droits de vote, privilégie cette solution.

Ce serait "une décision aberrante", s'alarme auprès de l'AFP la fondatrice de l'association, Nathalie Amar, également avocate.

"L'idée de détruire la façade en aluminium d'origine pour la refaire à l'identique, toujours en aluminium, est un immense gâchis écologique", s'indigne-t-elle un matin ensoleillé de fin mars, sur la dalle au pied du bâtiment.

En outre, "le coût global du projet, présenté à 11 millions d'euros, est largement sous-évalué selon de nombreux professionnels" consultés par l'association, qui prédit plutôt 25 à 30 millions.

L'association met aussi en doute le DPE F de l'immeuble, puisque le "8-20", conçu à l'identique et jamais refait non plus, est diagnostiqué E.

L'inscription aux monuments historiques permettrait de "sauvegarder ce patrimoine architectural majeur", souligne Sauvons Mouchotte.

Michel Sebald, architecte et habitant de l'immeuble, a déposé une demande d'inscription aux monuments historiques à la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France.

Dans son salon au 13e étage, avec une vue spectaculaire sur Paris, il évoque les "éléments exceptionnels" de la façade actuelle, où "il n'y a pas un point de rouille !"

- "L'été, ça tape" -

"Pourquoi tout casser ?", se désole l'architecte, alors qu'"il existe des solutions intelligentes, minimes et pas chères".

Les opposants à une rénovation lourde, qui reconnaissent que "l'été, ça tape" et "l'hiver, il fait froid quand il y a du vent", préfèreraient des travaux moins invasifs.

"On peut avoir une restauration énergétique correcte en mettant les bons éléments, le bon vitrage, les bons stores, la VMC (système d'aération, NDLR)...", estime Nadia Coutsinas, archéologue de 51 ans qui réside là depuis ses 6 ans.

In'li se dit "plutôt favorable" à une rénovation complète de la façade, indique El Houssine Tabou, directeur de la proximité du bailleur. Il relève "un inconfort important toute l'année" qui entraîne "des consommations d'énergie et des charges élevées".

Si l'immeuble était inscrit aux monuments historiques, "ça redessinerait un peu les lignes, peut-être les techniques d'intervention", note-t-il. "Mais la protection architecturale n'empêche pas une amélioration énergétique", ajoute-t-il.

L'association attend désormais le 8 avril et la prochaine assemblée générale des copropriétaires du "8-20", auxquels sera aussi présenté un projet de remplacement de leur façade.

S'ils s'y opposent, Sauvons Mouchotte aura un argument supplémentaire. "Vous imaginez, visuellement, si on change la façade et pas eux ?", s'interroge Nathalie Amar.


Paris accueille la 11e édition de la Modest Fashion Week : une vitrine mondiale de créativité et d’inclusion

La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste. (Photo fournie)
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  • Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie
  • À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style

PARIS: La capitale française s’apprête à accueillir l’un des rendez-vous les plus influents de la mode contemporaine. Du 16 au 18 avril 2026, la Paris Modest Fashion Week, organisée par Think Fashion, revient pour sa 11e édition à l’Hôtel Le Marois, confirmant son rôle de plateforme internationale dédiée à une mode en pleine expansion : la mode modeste.

Bien plus qu’un simple événement de mode, cette semaine parisienne incarne un mouvement global qui redéfinit les codes de l’industrie. À travers une approche mêlant diversité culturelle, innovation et responsabilité, la mode modeste s’impose aujourd’hui comme un langage universel du style.

Une scène internationale en pleine effervescence

Cette édition réunira des créateurs venus des quatre coins du monde, notamment des États-Unis, de Turquie, du Nigeria, d’Indonésie, du Royaume-Uni, de France et d’Australie. Tous présenteront des collections qui marient héritage culturel et design contemporain.

Des marques établies aux talents émergents, les participants illustrent l’évolution rapide d’un secteur autrefois considéré comme de niche. Aujourd’hui, la mode modeste s’affirme comme un segment dynamique, porté par une clientèle mondiale en quête d’élégance, d’authenticité et de diversité.

Selon Ozlem Sahin, directrice générale de Modest Fashion Weeks by Think Fashion, « cet événement dépasse le cadre d’un simple défilé. Il s’agit d’un mouvement mondial qui relie créativité, héritage et opportunités économiques, tout en s’inscrivant dans une démarche éthique et durable ».

Une visibilité mondiale et des opportunités économiques

La Paris Modest Fashion Week attire chaque année un public influent composé d’acheteurs internationaux, de médias et d’influenceurs. Avec une portée médiatique estimée à plus de deux milliards de personnes et un réseau de plus de 1 000 partenaires, l’événement offre une vitrine exceptionnelle aux marques participantes.

Il constitue également un point de rencontre stratégique pour les acteurs de l’industrie souhaitant développer leur présence sur les marchés européens, moyen-orientaux, asiatiques et américains.

Une expérience immersive portée par des partenaires clés

L’édition 2026 promet une expérience multisensorielle grâce à des collaborations avec plusieurs partenaires. Des marques spécialisées dans la beauté, la parfumerie et le bien-être contribueront à enrichir les défilés, en y apportant une dimension sensorielle et artistique supplémentaire.

Cette synergie entre mode, beauté et innovation reflète l’esprit collaboratif qui caractérise aujourd’hui l’écosystème de la mode modeste à l’échelle mondiale.

Pendant trois jours, les visiteurs assisteront à 30 défilés et participeront à 8 conférences consacrées aux enjeux majeurs du secteur, tels que la durabilité, l’innovation et le commerce international.

Un espace B2B dédié permettra également aux créateurs, distributeurs et investisseurs de nouer des partenariats et de favoriser des collaborations transfrontalières.

Depuis sa création en 2016 à Istanbul, la Modest Fashion Week s’est imposée comme un acteur clé du développement de cette industrie. Présente dans plusieurs capitales mondiales, elle accompagne la montée en puissance d’une mode qui conjugue identité, culture et modernité.

À Paris, cette 11e édition s’annonce comme une nouvelle étape dans l’affirmation d’une mode sans frontières, où l’inclusivité et la créativité occupent une place centrale.

Alors que l’industrie de la mode évolue vers des modèles plus responsables et diversifiés, la mode modeste s’impose comme l’un des moteurs de cette transformation, attirant une audience toujours plus large et internationale.


Le 12e Festival du film saoudien reporté à juin

Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra désormais du 25 juin au 1er juillet. (Fournie)
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  • Le 12ᵉ Festival du film saoudien se tiendra du 25 juin au 1er juillet à Dhahran, avec pour thème « Cinéma du Voyage »
  • L’événement inclura des compétitions, projections, focus sur le cinéma coréen et programmes de développement pour les cinéastes

DHAHRAN : Initialement prévu du 23 au 29 avril, le 12ᵉ Festival du film saoudien se déroulera désormais du 25 juin au 1er juillet.

Organisé par l’Association du Cinéma en partenariat avec le Centre Roi Abdulaziz pour la Culture Mondiale (Ithra) et soutenu par la Commission Saoudienne du Film, le siège d’Ithra à Dhahran accueillera à nouveau l’événement.

Le festival de cette année explore le thème du « Cinéma du Voyage », présentant une sélection soignée de films arabes et internationaux — courts et longs métrages — qui mettent en avant le voyage et le mouvement comme éléments essentiels de la narration.

Comme lors des éditions précédentes mettant en lumière le cinéma non saoudien, le festival proposera un « Focus sur le Cinéma Coréen ».

À cette occasion, Ahmed Al-Mulla, fondateur et directeur du Festival du film saoudien, a déclaré : « Le festival de cette année crée une atmosphère riche en inspiration, en échanges d’idées et en apprentissages partagés. C’est une célébration de la créativité cinématographique pour tous. »

Tariq Al-Khawaji, directeur adjoint du Festival, a ajouté : « À Ithra, nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec l’Association du Cinéma. Cela a permis la croissance et la diversité thématique du festival année après année, ce que nous voyons clairement dans la manière dont nous soutenons les cinéastes et créons des opportunités d’engagement avec le cinéma mondial. »

Depuis son lancement en 2008, le Festival du film saoudien est un moteur clé du cinéma saoudien et du Golfe et constitue le plus ancien festival de cinéma du Royaume. Après plusieurs interruptions, il est désormais devenu un événement annuel.

Le festival réunit des compétitions de films de fiction et documentaires, des programmes de développement professionnel, un marché de production et des concours de projets. Et, bien sûr, de nombreuses projections sur les écrans d’Ithra, avec de nombreuses stars foulant le tapis rouge et des producteurs de films en quête de talents. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com