Le corps d'un Israélien enlevé en Cisjordanie rendu par les Palestiniens

Des membres de la minorité druze israélienne assistent jeudi aux funérailles de Tiran Fero, 17 ans, à Daliyat Al-Carmel, en Israël. (Photo, AP)
Des membres de la minorité druze israélienne assistent jeudi aux funérailles de Tiran Fero, 17 ans, à Daliyat Al-Carmel, en Israël. (Photo, AP)
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Publié le Jeudi 24 novembre 2022

Le corps d'un Israélien enlevé en Cisjordanie rendu par les Palestiniens

Des membres de la minorité druze israélienne assistent jeudi aux funérailles de Tiran Fero, 17 ans, à Daliyat Al-Carmel, en Israël. (Photo, AP)
  • D'intenses négociations ont été menées par l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas pour convaincre les combattants de restituer la dépouille afin d'éviter des violences, a affirmé un responsable militaire israélien
  • Les funérailles de Tiran Fero, qui devait fêter jeudi ses 18 ans, ont eu lieu à Daliat al-Carmel, ville du nord d'Israël d'où il était originaire

DALIYAT EL KARMEL: Le corps d'un Israélien détenu depuis mardi par des combattants palestiniens retranchés à Jénine, bastion des factions armés en Cisjordanie occupée, a été rendu jeudi matin à sa famille au terme de négociations qui ont permis d'éviter de "violents" affrontements dans ce secteur. 

Le Premier ministre israélien sortant, Yaïr Lapid, avait brandi la menace de représailles à l'encontre des ravisseurs de Tiran Fero, un druze israélien de 17 ans enlevé, selon sa famille, par des hommes armés dans un hôpital de Jénine (nord) où il avait été admis après avoir été grièvement blessé dans un accident de voiture. 

"A la suite d'efforts des forces de sécurité et en coordination avec les autorités palestiniennes, le corps d'un Israélien décédé mardi dans un accident de voiture à Jénine a été transféré à sa famille en Israël", a affirmé tôt jeudi l'armée israélienne dans un communiqué. 

L'enlèvement n'a pas été revendiqué mais des sources locales ont indiqué que des combattants palestiniens étaient en possession du corps dans le camp de réfugiés de Jénine, où sont établis des membres lourdement armés du Hamas, du Jihad islamique et du Fatah. 

D'intenses négociations ont été menées par l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas pour convaincre les combattants de restituer la dépouille afin d'éviter des violences, a affirmé un responsable militaire israélien. 

"De notre point de vue, il y avait deux façons de récupérer ce corps: soit via l'Autorité palestinienne, soit via une opération armée dans la ville, dans le camp, qui aurait probablement été très, très, violente", a ajouté ce responsable lors d'un briefing avec la presse étrangère. 

« Faire pression » 

Les rapts d'Israéliens, morts ou vivants, ont déjà servi de monnaie d'échange pour des groupes armés, afin de demander la libération de prisonniers ou le retour de corps de Palestiniens tués dans des affrontements et conservés par Israël. 

"Nous n'avons rien donné en retour", a assuré le responsable militaire israélien. "Au départ, ils (les combattants) pensaient que c'était un soldat, soit un agent secret, soit un soldat en vacances, puis ils ont compris que ce n'était pas le cas". 

Sous le couvert de l'anonymat, un membre du Jihad islamique a fait état d'une rencontre mercredi soir réunissant des représentants de son groupe, du Fatah et de l'Autorité palestinienne. 

Il a alors été demandé à "l'Autorité palestinienne de faire pression sur le gouvernement de l'occupation (Israël, NDLR) pour restituer les corps de 148 martyrs (palestiniens) que retient l'occupation", a dit cette source à l'AFP. 

Dans la foulée de l'enlèvement, Israël avait fermé des points de passage avec le nord de la Cisjordanie, territoire palestinien qu'il occupe depuis 1967. L'armée a annoncé jeudi matin leur réouverture. 

« Coeur brisé » 

Les funérailles de Tiran Fero, qui devait fêter jeudi ses 18 ans, ont eu lieu à Daliat al-Carmel, ville du nord d'Israël d'où il était originaire. 

"Il avait prévu des choses pour aujourd'hui. Mais malheureusement on l'enterre le jour de son anniversaire. Mon coeur est brisé", a dit son père, Hossam Fero. 

Dans un premier temps, l'armée israélienne avait indiqué que le corps du jeune homme avait été enlevé après que son décès a été constaté dans un hôpital de Jénine. Mais sa famille affirme qu'il était vivant quand des combattants étaient venus à l'hôpital pour l'enlever. 

"Il était toujours vivant, je l'ai vu respirer, ils (des hommes armés) l'ont débranché de la machine pour le kidnapper", a affirmé mercredi Hossam Fero. 

L'incident est survenu sur fond d'une poussée des violences liées au conflit israélo-palestinien, essentiellement dans le nord de la Cisjordanie occupée. 

Dans la foulée d'attaques anti-israéliennes meurtrières au printemps, l'armée a mené plus de 2.000 raids en Cisjordanie, notamment à Jénine et Naplouse. Les violences en Cisjordanie ont fait plus de 125 morts côté palestinien, bilan le plus lourd depuis sept ans selon l'ONU. 

Deux Palestiniens ont été tués mercredi après des affrontements avec l'armée israélienne à Naplouse. Et un adolescent israélo-canadien a été tué dans un double attentat à la bombe non revendiqué mercredi à Jérusalem. 


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.