Jean Castex s'engage pour la ruralité, qui craint que l'Etat « traîne les pieds »

Le Premier ministre français Jean Castex (AFP)
Le Premier ministre français Jean Castex (AFP)
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Publié le Samedi 14 novembre 2020

Jean Castex s'engage pour la ruralité, qui craint que l'Etat « traîne les pieds »

  • « Oui, revendiquons-le: la ruralité est une chance pour la France »
  • « Notre volonté n'est pas seulement de sauvegarder et de protéger, c'est également d'être offensifs et de favoriser la croissance et le développement des territoires ruraux »

PARIS : Jean Castex a livré samedi un vibrant plaidoyer en faveur de la ruralité, présentée comme « une chance pour la France », même si les élus craignent que certains ministères « traînent les pieds » pour se mettre à l'ouvrage.

« Oui, revendiquons-le: la ruralité est une chance pour la France », a affirmé le chef du gouvernement dans un message adressé à l'Association des maires ruraux de France (AMRF), qui tenait son assemblée générale par visioconférence. 

Après la tenue du deuxième comité interministériel aux ruralités (CIR), le matin à Matignon, M. Castex a énuméré devant les maires les différentes mesures prises par le gouvernement pour soutenir le monde rural, non sans rappeler qu'il en était issu. 

« Vous avez un Premier ministre à la ruralité, tant le maire rural, le conseiller départemental rural que j'étais il y a encore quatre mois est profondément attaché non seulement à la ruralité et à son cadre exceptionnel, mais également aux valeurs qu'elle véhicule », a affirmé l'ancien maire de Prades (Pyrénées-Orientales). 

M. Castex a notamment insisté sur les 5 milliards d'euros pour la ruralité qui figurent dans le plan de relance de 100 milliards sur deux ans, afin de redresser la croissance française mise à l'arrêt au printemps par le premier confinement et à nouveau frappée par le reconfinement de cet automne.  

« Notre volonté n'est pas seulement de sauvegarder et de protéger, c'est également d'être offensifs et de favoriser la croissance et le développement des territoires ruraux », a-t-il souligné.

Selon l'entourage du Premier ministre, les communes rurales pourront notamment bénéficier des crédits accordés au volet agricole ou du programme territoires d'industrie.  

Lors de son intervention, le Premier ministre s'est également félicité que 96% du territoire français soit désormais « couvert en 4G par au moins un opérateur, contre 89% il y a deux ans », rappelant l'objectif d'installer « 2.066 nouveaux pylônes qui vont être déployés en deux ans, dont 462 ont déjà été mis en service ».

« Prise de conscience »

Sur la question très sensible de la santé, il a rappelé l'objectif de « déployer 200 médecins salariés d'ici à 2022 dans les territoires ruraux, dont 50 ont déjà été recrutés (...), par des revalorisations salariales inédites pour renforcer l'attractivité des professionnels de santé y compris dans les territoires ruraux ». 

« Ce sont également 450 postes d'assistants médicaux qui ont été créés en milieu rural pour épauler les médecins », a-t-il ajouté.  

Son cabinet a rappelé, par ailleurs, que le nombre de maisons France services s'élève désormais à 856, après 323 nouvelles labellisations de ces guichets uniques pour effectuer des démarches administratives. 

M. Castex a aussi souligné l'intention du gouvernement de réinvestir dans les petites lignes ferroviaires.

Pour l'AMRF, le discours du Premier ministre a démontré qu'il y avait « une prise de conscience » de Matignon et de la ministre de la Cohésion des Territoires, Jacqueline Gourault, ainsi que de son secrétaire d'Etat Joël Giraud, qui ont tous deux participé à l'assemblée générale. 

« Ils font le job, mais derrière nous avons des ministères qui traînent les pieds, qui sont le ventre mou de la démarche et qui font que ça n'avance pas toujours à la bonne vitesse », a expliqué à l'AFP Dominique Dhumeaux, premier vice-président de l'AMRF, en allusion à ceux de la Santé, de l'Education nationale et Bercy.

« Nous observons des avancées, mais pour nos concitoyens dans nos villages, cela demeure peu visible. Elles n'ont pas impacté leur vie quotidienne », a regretté M. Dhumeaux, maire de Fercé-sur-Sarthe (Sarthe).

Il a pris comme exemple le secteur de la santé: « On a beau avoir des beaux discours sur l'accès aux soins et la dématérialisation, on sait tous que sur les cinq prochaines années nous n'aurons plus assez de médecins et que cela va se dégrader de plus en plus ». 

Le premier comité interministériel de la ruralité s'est déroulé en février dans la commune de Girancourt dans les Vosges. Ces rencontres permettent de faire le point sur l'agenda rural, lancé après la crise des « gilets jaunes », et qui compte 181 mesures pour soutenir le monde rural jusqu'en 2022.

 


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.